Des centres de collaboration au profit du Canada

Le 30 novembre 2018— Boucherville (Québec)

L'Université de Toronto s'associe au Conseil national de recherches du Canada pour créer un centre national d'innovation en microfluidique.

Reconnaissant qu'il peut accomplir beaucoup plus grâce au travail d'équipe, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) a lancé une initiative audacieuse, en 2018‑2019, pour créer des centres de collaboration avec des organismes canadiens de premier plan afin d'accélérer l'excellence scientifique et le développement technologique. Ces centres auront un espace « réservé » dans les installations du CNRC ou chez des partenaires. Les chercheurs des deux organismes partageront l'accès à de l'équipement spécialisé, travailleront côte à côte à des projets de collaboration et offriront des possibilités de formation aux jeunes scientifiques. Ces centres, consacrés aux activités de R‑D dans des domaines particuliers, dans lesquels le Canada a la possibilité de développer une expertise reconnue à l'échelle internationale, sont conçus expressément aux fins suivantes :

  • permettre au CNRC d'accroître les retombées de ses installations scientifiques et techniques les plus importantes;
  • encourager et faciliter une collaboration accrue avec des partenaires externes;
  • tirer parti des sources de financement et d'expertise fournies par les partenaires;
  • accéder à des spécialistes et former du personnel hautement qualifié;
  • contribuer aux découvertes et aux progrès scientifiques dans des domaines de recherche fondamentale;
  • développer la propriété intellectuelle pour le bien public;
  • trouver des moyens d'appliquer la science et la technologie de pointe à l'industrie et à d'autres secteurs avantageux;
  • soutenir les grappes et écosystèmes régionaux.

Le Centre de recherche et d'applications des technologies des fluides (CRAFT, de l'anglais Canadian Centre for Research and Applications in Fluidic Technologies) est l'un de ces centres. Il partage les locaux de l'Université de Toronto et du CNRC à Boucherville. Il a ouvert ses portes officiellement le 26 novembre 2018.

Le Centre of microfluidic Systems de l'Université de Toronto et le Laboratoire des dispositifs biomédicaux du Centre de recherche sur les dispositifs médicaux du CNRC, à Boucherville, sont des installations très complémentaires et de premier plan à l'échelle nationale pour la fabrication de dispositifs microfluidiques à base de polymères. Ils rassemblent plus de 200 utilisateurs actifs hautement qualifiés, plus de 45 laboratoires de recherches universitaires/cliniques et plus de 25 entreprises de technologie. Les activités menées par l'Université de Toronto et le CNRC au cours de la dernière décennie leur ont permis de construire des infrastructures d'une valeur de plus de 20 millions de dollars et, ainsi, de se prévaloir d'équipement à la fine pointe de la technologie. Les parties ont toutefois reconnu qu'elles s'apprêtaient à atteindre les limites imposées par leurs infrastructures, leur capacité de traitement et la distance qui les séparait. Elles ont donc convenu de combiner leurs forces pour s'assurer que le Canada puisse contribuer plus efficacement à ce secteur technologique en pleine évolution.

Le CRAFT a été conçu pour permettre aux scientifiques de l'Université de Toronto et du CNRC de former une équipe dynamique dont les membres travailleront côte à côte. Il s'agit d'une plateforme scientifique et technologique nationale et d'une grappe industrielle favorisant le développement et la fabrication de biomicrosystèmes appliqués aux domaines industriels et cliniques clés de priorité nationale. Le Canada pourra ainsi continuer de jouer un rôle de premier plan dans l'adaptation des découvertes en microdispositifs biomédicaux pour le diagnostic, la fabrication d'organes sur puce et la bio‑impression, ce qui mènera à des progrès importants en médecine de précision et en thérapies cellulaires. Ces percées seront avantageuses pour l'économie canadienne et amélioreront la santé de la population canadienne au cours des 20 prochaines années.

Plus précisément, en réponse aux défis mondiaux, le CRAFT aura recours à des technologies avancées de micronanofabrication, à l'intelligence artificielle et à des biodispositifs. Par exemple, il compte mettre au point des appareils mobiles, rapides et peu coûteux pouvant être utilisés à travers le monde et dans les communautés éloignées du Canada où il est difficile d'accéder aux soins de santé pour les traitements de la tuberculose latente, du VIH et des néphropathies. Un autre objectif du CRAFT est d'utiliser ces technologies pour s'attaquer à la menace incessante d'infections virales et nosocomiales contribuant à la résistance aux antimicrobiens (RAM), qui est considérée comme l'une des plus grandes menaces à la médecine moderne.

Le CNRC s'est engagé à verser jusqu'à 1,6 million de dollars par année pendant cinq ans pour soutenir le salaire de cinq chercheurs et de trois agents techniques. Il offrira également du financement opérationnel (que l'université pourra utiliser pour tirer parti de projets de R‑D en collaboration, faire appel aux Instituts de recherche en santé du Canada, etc.) pour appuyer les travaux effectués au CRAFT, dont les membres rassembleront des chercheurs dans de nombreux domaines du génie  génie biomédical et mécanique, nanofabrication, chimie des matériaux, biomatériaux. S'y ajouteront des technologues en lithographie, en moulage par injection à chaud, en moulage par micro‑injection, en emballage de dispositifs biologiques et en certification du Centre de recherche sur les dispositifs médicaux du CNRC à Boucherville.

Les découvertes et les percées réalisées au CRAFT donneront lieu à des publications scientifiques, à des brevets publics et à la commercialisation de technologies de pointe en santé, ce qui profitera directement aux cliniciens et aux patients. Il en découlera une réduction des coûts pour le réseau canadien de la santé ainsi que des soins spécialisés pour les patients. La recherche à faible niveau de préparation technologique menée par des étudiants, des cliniciens et des scientifiques du CNRC et d'établissements d'enseignement postsecondaire sera propulsée à l'échelon supérieur, ce qui contribuera à accroître la compétitivité, sur la scène internationale, de l'industrie canadienne de fabrication des dispositifs médicaux.

En plus de combiner leurs infrastructures, le CNRC et l'Université de Toronto chercheront à optimiser leur complémentarité. Les futures acquisitions d'immobilisations du CNRC et de l'Université de Toronto viseront à combler les lacunes et à maintenir à la fine pointe de la technologie l'équipement utilisé par les deux parties, dans la mesure du possible. En fait, puisque la microfluidique est essentielle au développement de thérapies géniques et cellulaires, le CRAFT jouera un rôle essentiel dans le soutien du programme Défi « Santé » annoncé récemment par le CNRC. En effet, il recevra un soutien financier pour l'acquisition d'équipement qui, combiné aux infrastructures de l'Université de Toronto et du CNRC, favorisera la réalisation des objectifs de ce programme. Voilà un autre exemple de la façon dont le CNRC tire parti des capacités et des infrastructures en place pour améliorer la prestation des services aux Canadiens.

En outre, le CNRC et l'Université de Toronto travailleront ensemble pour former du personnel hautement qualifié qui souhaite ardemment avoir une carrière et des occasions d'entrepreneuriat au Canada dans le domaine émergent de la microfluidique. Les applications de distribution de médicaments et de diagnostic dans ce domaine devraient contribuer à la croissance du marché, le faisant passer de 2,9 milliards de dollars américains aujourd'hui à 11 milliards de dollars américains d'ici la fin 2026.

Le CNRC et l'Université de Toronto sont fiers de livrer la marchandise aux Canadiens, à la manière canadienne  en partageant leurs ressources, leurs infrastructures et leurs talents.

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