Élaborer des applications pour les nanomatériaux d’une manière sensée, misant sur la sécurité : un rôle proactif pour le CNRC

Le 11 décembre 2017— Ottawa (Ontario)

Christa Homenick, du CNRC, manipule les nanomatériaux avec prudence.

La création de nanomatériaux est un domaine qui n'en est qu'à ses débuts, mais il retient déjà considérablement l'attention du milieu scientifique et de l'industrie en raison des incroyables possibilités que cela laisse entrevoir. Au nombre de ces nanomatériaux, les nanotubes en nitrure de bore (NTNB), proches cousins des nanotubes de carbone, mieux connus, figurent parmi les nanofibres les plus robustes, légères et résistantes aux produits chimiques en existence. Bien qu'ils aient été découverts au milieu des années 1990, ce n'est que dans les cinq dernières années que l'on est parvenu à en synthétiser assez pour commencer à exploiter leurs propriétés extrêmement prometteuses, grâce à une méthode de production révolutionnaire inventée par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Cette méthode de fabrication massive peut conférer aux entreprises canadiennes un net avantage sur la concurrence, car elle leur permettra de mettre au point des produits de valeur à partir de ce matériau remarquable, d'en réaliser un prototype, puis de passer à la fabrication et à la mise en marché.

Comme c'est le cas pour n'importe quel nouveau matériau que l'on souhaite employer dans l'industrie ou dans les produits de consommation, la sureté à long terme demeure néanmoins une inconnue. Pour savoir si l'on peut consommer, sentir ou toucher ce matériau sans danger, ou s'il n'y a aucun risque à y être exposé au travail, il faut procéder à des tests méticuleux et adopter des protocoles, des politiques et des normes sur les plans de la santé et de la sécurité. Acquérir ces connaissances et mettre en place le cadre requis en santé et sécurité demande toutefois du temps et nécessite un effort délibéré, concerté.

La sécurité au laboratoire

Chimiste et responsable des installations aux laboratoires des nanomatériaux du Centre de recherche sur les technologies de sécurité et de rupture, Stéphane Dénommée est l'un des scientifiques du CNRC qui participe à cet effort concerté. Il collabore avec d'autres organisations canadiennes et étrangères ainsi qu'avec des comités nationaux et internationaux qui se sont donné pour mission d'élaborer des normes en santé et sécurité au travail propres aux nanomatériaux. Grâce à ces efforts, le CNRC peut développer de nouvelles technologies recourant aux NTNB et à d'autres nanomatériaux dans ses laboratoires en toute sécurité et d'une manière responsable. Les pratiques exemplaires qui en découlent sont ensuite transférées aux clients et aux partenaires du CNRC, tout en contribuant à répondre aux questions posées par les organismes nationaux qui veillent à la santé et à la sécurité, en vue d'une adoption rapide, mais sûre, de ces pratiques par l'industrie et par la population.

« Nous appliquons les procédés élaborés lors de la production des nanotubes de carbone aux nanotubes de nitrure de bore en y ajoutant des précautions supplémentaires, car nous ne savons pas tout à leur sujet », déclare M. Dénommée. « Les membres d'autres organisations qui visitent notre laboratoire ne tarissent pas d'éloges sur sa propreté. Nous sommes fiers que d'autres aient épousé quelques-unes de nos pratiques et recouru à nos données pour montrer que nous effectuons exactement ce qu'il faut sur le plan de la sécurité. »

Eric Glassford (à gauche), du NIOSH, et Stéphane Dénommée (à droite), du CNRC, parlent des NTNB et de sécurité.

Récemment, des membres du National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH), organisme américain très respecté dans le domaine, ont visité les laboratoires du CNRC à Ottawa afin d'y évaluer les méthodes de travail, les procédés et les mesures de contrôle, de même que les risques d'exposition professionnelle aux NTNB dans le cadre des activités qui s'y poursuivent.

« Nous sommes heureux d'avoir collaboré avec le CNRC pour évaluer les risques d'exposition potentiels aux NTNB au travail, sur les lieux », a déclaré Eric Glassford, hygiéniste industriel au NIOSH. « Ces nouveaux matériaux sont passionnants, mais ils présentent certains défis sur le plan de la santé et de la sécurité. L'évaluation nous aidera à mieux cerner ces défis alors que le CNRC continue de chercher à mettre au point les NTNB de manière responsable. »

Innovation et sens des responsabilités vont de pair

Le développement de produits avant-gardistes et de nouveaux matériaux ne date pas d'hier, au CNRC. Fort de cette expérience et grâce à la détermination de scientifiques comme M. Dénommée, le CNRC a déjà adopté des lignes directrices très rigoureuses sur la façon de manipuler les NTNB sans danger. Par leur intégration rapide à de nouveaux produits, les NTNB quitteront peu à peu les laboratoires pour se retrouver dans les usines de fabrication. Et le CNRC enrichit activement nos connaissances sur les méthodes de manutention sécuritaires qui ne ralentiront pas cette marche vers la commercialisation.

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