La recherche pure menée par le lauréat du prix Holmes du CNRC pourrait déboucher sur de meilleurs soins en psychiatrie

Le 14 janvier 2016— Ottawa (Ontario)

image de Dr. HaoSheng Sun

Le prix Holmes de 2015 a été décerné à HaoSheng Sun pour ses travaux en neurosciences.

Le prix Holmes de 2015 a été décerné à HaoSheng Sun pour ses travaux en neurosciences visant à élucider d’importants processus cellulaires et développementaux dans le cerveau et le système nerveux. Ces recherches jetteront un éclairage neuf sur les traitements que l’on pourrait appliquer à des dérèglements comme la dépression et la dépendance.

La bourse de deux ans, d’un montant annuel de 100 000 $, aidera M. Sun à poursuivre ses recherches au centre médical de l’Université Columbia de New York. Le chercheur est titulaire d’un doctorat en neurosciences de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, à New York, obtenu après un baccalauréat en pharmacologie suivi à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), à Vancouver. Au nombre des honneurs qui lui ont été accordés figurent la bourse pour études supérieures du CRSNG et le prix NIDA sur les origines de la dépendance en biologie cellulaire.

Des travaux révolutionnaires en neurosciences étayés par des techniques de pointe pour mieux comprendre les mécanismes

Les recherches doctorales de M. Sun se concentraient sur les mécanismes cellulaires et moléculaires à l’origine des troubles psychiatriques, principalement la toxicomanie et la dépression. Le chercheur souhaitait notamment établir comment les fonctions usuelles du cerveau, en particulier celles associées au mécanisme de la récompense, en viennent à se « court-circuiter » ou à se dérégler après une exposition chronique à des stimuli environnementaux nocifs comme la surconsommation de médicaments ou le stress.

Ses recherches lui ont permis d’établir quelques-uns des principaux régulateurs qui contribuent à l’apparition de ces troubles psychiatrique et pourraient avoir leur utilité dans l’élaboration d’un traitement. Elles nous ont aussi permis de mieux voir combien la recherche translationnelle s’appuyant sur des modèles animaux peut nous aider à comprendre les rouages de la maladie, et de constater qu’en fait, nous en savons très peu sur les principaux processus cellulaires et développementaux, surtout ceux qui touchent le cerveau et le système nerveux.

Entrée en scène de Caenorhabditis elegans (C. elegans), un nématode translucide d’environ un millimètre de longueur qui affectionne le sol des climats tempérés. Ce petit ver est aussi le cobaye qui a permis au chercheur de rassembler les éléments de ses travaux antérieurs en un tout cohérent. « Par sa simplicité et la précision de son rôle, le système nerveux de C. elegans est la porte dont nous avions besoin pour approfondir le sujet et élucider les mécanismes que l’on pourra ensuite appliquer au système nerveux plus complexe des mammifères », explique le scientifique.

M. Sun espère se servir des outils les plus pointus pour caractériser le développement d’un circuit primordial du système nerveux du nématode sur le plan moléculaire. En faisant appel à des techniques moléculaires ultrasophistiquées pour établir et comprendre comment les neurones régulent la transcription, le chercheur envisage de vérifier l’hypothèse qui découle de ces approches au moyen de techniques de la génétique moléculaire.

Ses travaux nous aideront éventuellement à établir comment de simples neurones parviennent à contrôler le développement, ce qui nous procurera des informations essentielles sur la façon dont le dérèglement de ces processus aboutit parfois à des maladies nerveuses, tout en nous éclairant sur les traitements envisageables.

« Je suis extrêmement honoré de recevoir ce prix prestigieux et remercie le CNRC de la reconnaissance et du soutien qu’il accorde à mon projet », a conclu M. Sun.

Le prix H.L. Holmes

La bourse d’études postdoctorales H.L. Holmes a été créée par le CNRC en hommage posthume au chimiste canadien du même nom qui a légué ses biens au CNRC vers la fin des années 1980. Le souhait du défunt était que le CNRC utilise expressément son legs afin de fournir la meilleure formation et la meilleure expérience en recherche à des postdoctorants canadiens poursuivant leurs études en médecine ou en biologie, notamment en leur donnant la chance de travailler dans les plus grands laboratoires de la planète.

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