Du pissenlit au caoutchouc

Le 17 mai 2016— Ottawa (Ontario)

La technologie du caoutchouc écologique de NovaBioRubber profite du soutien scientifique du CNRC

Forte d'une aide financière du Programme d'innovation Construire au Canada (PICC), une récente collaboration entre le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) et NovaBioRubber Green Technologies Inc. a débouché sur le développement et la commercialisation d'une technologie d'extraction mécanique du latex ainsi que de l'équipement qui s'y associe.

Le procédé écologique et l'extracteur exclusif mis au point par cette entreprise canadienne, également connue sous le nom NovaBioRubber, constituent une approche prometteuse pour les plantes annuelles qui synthétisent du latex et n'ont pas encore été exploitées à ce jour. Autre avantage, l'entreprise a élaboré un procédé qui récupère le latex presque à la perfection afin de produire un caoutchouc naturel d'une grande pureté. Le pissenlit russe (Taraxacum kok-saghyz) renferme passablement de latex et d'inuline, un précieux sous-produit qu'on ajoute aux aliments pour les enrichir de fibres et faciliter la digestion.

Le développement d'un procédé de transformation qui ouvre la porte à une source locale de caoutchouc naturel de qualité est un pas important franchi en vue de répondre à la demande croissante de ce matériau et il nous affranchira dans une certaine mesure de la dépendance sur le caoutchouc synthétique dérivé du pétrole ainsi que du caoutchouc naturel fabriqué à l'étranger.

Les travaux réalisés par les scientifiques du CNRC avec l'extracteur expérimental et le procédé en aval de NovaBioRubber ont permis d'établir les paramètres opérationnels optimaux pour l'extraction du latex. L'équipe a examiné comment l'on pourrait rentabiliser l'extraction de ce composé et sa transformation ultérieure en caoutchouc, tout en précisant les pertes éventuelles. Grâce à l'aide du CNRC, NovaBioRubber récupérera jusqu'à 99 pour cent du latex que renferme la plante.

« Nos chercheurs s'associent à des partenaires comme NovaBioRubber pour mettre au point ou valider des procédés qui tirent des composés à valeur ajoutée de ressources naturelles durables, comme la biomasse des plantes cultivées produisant du latex », explique Jim Johnston, chef du programme du CNRC dans lequel s'inscrivent ces travaux. « Nos spécialistes en biotransformation, à Ottawa, qui cumulent collectivement une trentaine d'années d'expérience en recherche, en technologies et en développement de procédés ont réussi à valider un succédané écologique du caoutchouc synthétique, à partir d'un procédé d'extraction éconergétique et respectueux de l'environnement. »

La première étape du procédé d'extraction de NovaBioRubber se fait mécaniquement et en continu. Elle est rapide, économique et totalement écologique, car elle ne nécessite ni solvants ni eau. Lors de sa transformation ultérieure, le mélange subit un léger tamisage et un lavage, qui servent à séparer les fractions riches en latex et en inuline. Aucune de ces opérations n'exige l'emploi de solvants, ni le pompage ou le chauffage, comme c'est habituellement le cas avec les procédés chimiques industriels.

« Cette nouvelle méthode permettant d'obtenir un caoutchouc naturel de qualité constitue une ressource importante qui contribuera à répondre à la demande grandissante de caoutchouc naturel et autorisera la diversification de cette industrie mondiale, tout en nous libérant en partie du caoutchouc synthétique, issu du pétrole », estime Anvar Buranov, président et chef de direction de NovaBioRubber Green Technologies Inc.

« NovaBioRubber est à la recherche d'investisseurs que l'exploitation commerciale de ce procédé rentable et écologique servant à fabriquer un caoutchouc naturel de qualité et de l'inuline pourrait intéresser au cours des trois années qui viennent. »

Le CNRC a joué le rôle de service d'essai indépendant avec l'appui du Programme d'innovation Construire au Canada (PICC).

« Notre programme a été conçu pour alimenter l'innovation dans le monde canadien des affaires et pour aider les entreprises à combler le vide qui précède souvent le lancement de biens et de services novateurs sur le marché par l'achat et l'essai de ces derniers au gouvernement fédéral, lorsqu'ils sont parvenus à un stade de maturité avancé », a déclaré Jacques Lepage, conseiller en gestion des innovations au Programme d'innovation Construire au Canada.

Le pissenlit russe possède plusieurs propriétés intéressantes. Ainsi, la plante est tenace et pousse sous de nombreux climats. En outre, la biomasse de ses racines se prête bien à l'extraction mécanique et donne un mélange qu'on peut ensuite séparer en divers produits de qualité. Pour l'instant, NovaBioRubber ne cultive le pissenlit russe qu'en Colombie-Britannique, au Canada.

Le caoutchouc synthétique sert à fabriquer d'innombrables articles, ce qui en fait une importante ressource mondiale. Malheureusement, il dérive surtout du pétrole, une source d'énergie non renouvelable. On situe la production de caoutchouc synthétique à environ dix milliards de kilos par année.

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(De gauche à droite) : Trent Yang, Fang Huang et Julian Dafoe, scientifiques du Conseil national de recherches du Canada, Jacques Lepage, conseiller en gestion des innovations du Programme d’innovation Construire au Canada, et Anvar Buranov, président et chef de direction de NovaBioRubber Green Technologies Inc., aux installations du CNRC, à Ottawa.

Le caoutchouc naturel avant son extraction.

Fang Huang extrait des fibres au laboratoire du CNRC à Ottawa (Ontario).

Julian Dafoe extrait du latex dans son laboratoire du CNRC à Ottawa (Ontario).

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