Construction de maisons en rondins

Les modifications intercycles au Code national du bâtiment – Canada 2010 (CNB) qui ont été publiées en décembre 2012 comprenaient l’ajout d’exigences d’efficacité énergétique pour les maisons et les petits bâtiments. Certaines des nouvelles exigences touchent la construction des maisons en rondins. Afin d’aider les utilisateurs du CNB à comprendre ces modifications, la série de questions et réponses suivante a été préparée.

Question : 1

Les exigences en matière d’efficacité énergétique vont-elles effacer les maisons en rondins du paysage canadien?

Réponse à la question 1:

Non. La Commission canadienne des codes du bâtiment et de prévention des incendies était bien au courant des enjeux liés à l’efficacité énergétique des maisons en rondins. Depuis le début, les comités travaillant sur ces modifications craignaient que les nouvelles exigences d’efficacité énergétique éliminent la construction de maisons en rondins et ont abordé le sujet avec l’industrie de la construction des maisons en rondins. Le président de la BC Log and Timber Building Industry Association a également participé à une réunion de comité, et deux conseillers travaillant pour l’industrie des maisons en rondins ont fourni des données techniques aux comités. Cette collaboration a donné lieu à une modification des données relatives aux matériaux de bois et des méthodes de calcul pour les murs en rondins ont été modifiées afin qu’elles correspondent à celles utilisées par l’industrie des maisons en rondins.

Question : 2

Pourquoi ne pas simplement prévoir une exemption pour les murs en rondins?

Réponse à la question 2:

Les exigences abordent l’énergie utilisée par les bâtiments, sans que la méthode prescriptive prévoie d’exemptions pour un type de construction particulier. Cette approche permet de mettre tous les types de construction sur un même pied d’égalité au chapitre de la consommation d’énergie. Contrairement au Code modèle national de l’énergie pour les habitations – Canada 1997, les nouvelles exigences n’incluent donc pas une valeur RSI prescrite unique pour tous les murs en rondins.

Question : 3

Comment calcule-t-on la valeur RSI pour les murs en rondins?

Réponse à la question 3:

Les exigences renvoient à la section sur l’enveloppe thermique de la norme ICC 400, « Design and Construction of Log Structures ». Cette norme établit les exigences structurales, thermiques et en matière de tassement minimales pour les structures en rondins afin d’assurer la santé, la sécurité et le bien-être publics. Selon la norme ICC 400, l’épaisseur d’un mur correspond à l’aire de la section transversale moyenne divisée par l’épaisseur hors tout.
Cette approche permet de mettre tous les profils de rondins, peu importe leur taille ou leur forme, sur un même pied d’égalité. Elle élimine la nécessité de varier, de calculer la moyenne ou d’arrondir les mesures pour déterminer les facteurs de profils pour des formes particulières de rondins. Une fois l’épaisseur du mur en rondins établie, la valeur RSI pour un mur en rondins peut être vérifiée dans un tableau. Ce tableau présente la résistance thermique effective appropriée selon l’épaisseur du mur et la masse volumique des essences de bois appropriées, y compris les coefficients des films d’air intérieurs et extérieurs.

Question : 4

Les murs en rondins sont-ils considérés comme un système d’étanchéité à l’air?

Réponse à la question 4:

Oui. La perméance à l’air du bois massif est négligeable et les rondins peuvent donc être considérés comme un matériau d’étanchéité à l’air. Afin de devenir un système d’étanchéité à l’air, les murs en rondins doivent être conformes aux exigences prescriptives d’étanchéité, ce qui signifie que les joints entre les rondins doivent être conçus pour recevoir et garder les produits d’étanchéité puisque les rondins peuvent se déformer par rétrécissement ou tassement après leur mise en place. Les joints doivent également être résistants aux fuites d’air et à l’infiltration de moisissure, et le produit d’étanchéité doit être compatible avec tout matériau avec lequel il est en contact. Bon nombre de ces exigences figurent dans la section sur l’enveloppe thermique de la norme ICC 400, « Design and Construction of Log Structures ».

Question : 5

Les murs en rondins sont-ils considérés comme ayant un pare-vapeur?

Réponse à la question 5:

Oui. Le bois massif possède une perméance à la vapeur suffisamment faible de sorte qu’il répond à l’exigence du CNB de 60 ng/(Pa•s•m2), ce qui fait techniquement de lui un pare-vapeur. Par exemple, des résultats d’essais révèlent qu’un poteau en bois de 2x6 (SPF) a une perméance à la vapeur se situant entre 20 et 30 ng/(Pa•s•m2), selon l’orientation du bois et la direction de l’essai (épaisseur). Contrairement aux systèmes d’étanchéité à l’air, il n’y a aucune exigence dans le CNB qui exige qu’un pare-vapeur soit ininterrompu. Cette exigence n’est pas ajoutée.

Question : 6

Les maisons en rondins peuvent-elles être conformes aux exigences prescriptives?

Réponse à la question 6:

Les maisons en rondins peuvent être conformes à la plupart des exigences de la méthode prescriptive. Le principal enjeu en ce qui a trait aux murs en rondins est qu’en général, les murs en rondins purs ne sont pas en mesure de respecter les valeurs RSI prescriptives requises pour les murs au-dessus du niveau moyen du sol, en particulier dans les zones climatiques plus froides. Dans tous les autres aspects des exigences prescriptives en matière d’énergie (c.-à-d. toits, planchers, sous-sols, efficacité de l’équipement CVCA, efficacité de l’équipement de chauffage de l’eau sanitaire), les constructions en rondins pourraient être considérées comme plus ou moins égales aux constructions traditionnelles. Par conséquent, les constructeurs de maisons en rondins devraient pouvoir se conformer aux mêmes ajustements que le reste de l’industrie. Il existe des exigences prescriptives expressément pour calculer les valeurs RSI des murs en rondins et pour la construction des systèmes d’étanchéité à l’air utilisant les murs en rondins.
Il existe une solution de remplacement pour les murs (y compris les murs en rondins) qui pourrait aider les constructeurs de maisons en rondins à démontrer la conformité aux exigences. Par exemple, la solution de remplacement permet l’installation d’isolation supplémentaire dans le comble pour compenser la différence entre la valeur RSI requise pour les murs et la valeur RSI effective réelle obtenue par la construction en rondins. .

Question : 7

Pour quels types de rondins doit-on le plus souvent se tourner vers d’autres méthodes de conformité?

Réponse à la question 7:

Certains types de rondins, par exemple les rondins rectangulaires de grand diamètre ou les murs en rondins (isolés) hybrides, répondraient aux exigences prescriptives dans de nombreuses zones climatiques. Dans les zones climatiques du Nord, et pour les murs construits avec des rondins ronds ou de plus faible diamètre ayant des résistances thermiques moins élevées, il est nécessaire de faire appel à une solution de remplacement comportant une isolation supplémentaire du comble pour compenser la différence entre la valeur RSI requise pour les murs et les valeurs RSI effectives réelles obtenues par les murs en rondins.

Question : 8

Y a-t-il des limites à l’utilisation de la méthode de remplacement?

Réponse à la question 8:

Dans la solution de remplacement simple, la valeur RSI des murs doit atteindre au moins 55 % de la valeur exigée. La plupart, voire la totalité des constructions de murs en rondins respectent cette limite. Par ailleurs, la méthode de remplacement ne peut être utilisée qu’avec les ensembles hors sol, et les ensembles opaques peuvent être compensés uniquement par d’autres ensembles opaques (p.ex., un mur et un comble). Ces limites sont nécessaires puisque les différences entre la façon dont la chaleur est transférée par les constructions au-dessus du niveau moyen du sol et sous le niveau moyen du sol, ou par les fenêtres, sont importantes. Les limites s’appliquent à tous les bâtiments pour lesquels on a recours à la méthode de remplacement.

Question : 9

Qu’en est-il si la solution de remplacement n’est pas suffisamment souple, disons dans le Nord?

Réponse à la question 9:

Si la différence entre la valeur R requise et la valeur R réelle des murs en rondins est trop importante pour être compensée par une isolation supplémentaire du comble, le constructeur peut se tourner vers la méthode de performance. En vertu de la méthode de performance, l’isolation supplémentaire du sous-sol ou des planchers, les puissances calorifiques et de ventilation, ou d’autres caractéristiques d’une construction éconergétique peuvent être utilisées pour compenser la résistance manquante des murs. La méthode de performance peut être effectuée par simulation assistée par ordinateur à l’aide, par exemple, du logiciel HOT2000 de RNCan, soit le même outil utilisé pour le service Énerguide pour les maisons neuves de RNCan. La méthode de performance comparerait alors la maison en rondins (maison proposée) à une maison à ossature de bois construite conformément aux valeurs prescriptives requises (maison de référence). Dans le cadre de l’élaboration des exigences prescriptives, une évaluation de 11 types de maisons à ossature de bois réparties dans les 6 zones climatiques canadiennes a permis d’obtenir une cote moyenne de 78 en vertu du service Énerguide pour les maisons neuves.

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