Diagnostiquer une lésion sans rester à fleur de peau

Le 17 juin 2015— Calgary (Alberta)

Un nouvel outil nous éclaire sur la santé des tissus

Les blessures légères qui affectent l’épiderme devraient pour la plupart cicatriser d’elles-mêmes avec le temps. Quand la lésion est plus grave, sa guérison dépend sourent d’une bonne oxygénation et d’une vive circulation sanguine. Pour vérifier celles-ci, on procède à une évaluation visuelle de la blessure, son aspect en surface – pas sous celle-ci.

Un nouveau système d’imagerie intelligent créé par Kent Imaging, de Calgary, améliore cette technique de manière draconienne en laissant le médecin « voir » sous la peau pour déterminer si les tissus profonds reçoivent assez d’oxygène par le sang.

Grâce à une technologie du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) exploitée sous licence, le TVS (pour Tissue Viability System ou système de viabilité tissulaire) de Kent Imaging utilise l’infrarouge pour jauger rapidement l’état d’une lésion sans qu’on doive faire appel à une technique invasive, ni même toucher le tissu blessé. En se concentrant spécifiquement sur l’intérieur de la zone touchée, le TVS propose à des milliers de médecins de la planète un tout nouveau moyen pour diagnostiquer la santé d’une lésion en quelques secondes.

Gros plan sur l’état profond d’une blessure

Bien que la technologie d’évaluation des lésions du CNRC ait été créée au départ pour analyser les tissus endommagés chez les brûlés, Don Chapman, chef de direction de Kent Imaging, l’a repensée afin qu’elle puisse être appliquée aux lésions de toutes sortes. « On soigne environ 450 000 brûlés par année aux États-Unis, toutefois des conditions comme l’obésité et le diabète qui nuisent à la circulation sanguine et entraînent des plaies aux jambes touchent plus de 6,5 millions de personnes », explique-t-il. Parmi les 2,3 millions de diabétiques au Canada, 15 pour cent souffriront d’ulcérations aux pieds susceptibles d’aboutir à une amputation si elles ne sont pas soignées rapidement et de la façon appropriée.

Le TVS intègre un appareil photo et un ordinateur qui scrutent la région touchée, calculent la quantité d’oxygène parvenant aux tissus et génèrent une image diagnostique illustrant clairement la capacité de la blessure à cicatriser. Selon M. Chapman, « l’appareil photo calcule et enregistre la quantité d’oxygène sanguin dans le tissu qui entoure la lésion et dans le lit de cette dernière. Avec ces données supplémentaires, le clinicien est plus à même d’établir si le traitement donnera de bons résultats ou pas. »

Fonctionnant à la façon d’un appareil photo numérique ordinaire, le TVS prend des clichés en rafale avec des flashes de diverses longueurs d’onde qui sont inoffensifs pour la peau et les yeux. Une fois combinées, les images révèlent le sang et le sang oxygéné, indétectables lors d’un simple examen visuel.

La guérison dans la ligne de mire

M. Chapman estime que, sans les travaux initiaux sur la technologie d’évaluation des lésions du CNRC, jamais il n’aurait eu les ressources ni le savoir-faire technique requis pour concevoir et mettre au point un tel appareil. « Grâce à leur expertise, les chercheurs du CNRC ont réduit la pression qui pesait sur moi », avoue-t-il. « Ils m’ont beaucoup aidé, rendant leurs travaux accessibles et les adaptant aux besoins particuliers de mon marché. » Il a aussi compté sur le CNRC pour que la propriété intellectuelle à la base de cette technologie soit suffisamment protégée grâce à des brevets.

Le TVS, qui a reçu la sanction de la Food and Drug Administration (FDA) américaine en 2012, est actuellement offert aux médecins et au personnel des cliniques, partout aux États-Unis. Au Canada, l’Association canadienne de normalisation (CSA) a examiné et approuvé le système, qui n’attend plus que le feu vert de Santé Canada. Dans l’intervalle, Kent Imaging poursuit ses activités avec le CNRC afin de perfectionner la technologie, notamment par la création d’une nouvelle version portative, de la taille d’une tablette électronique.

De nouvelles et brillantes technologies comme le TVS permettent aux cliniciens et aux professionnels de la santé d’offrir une gamme de soins de la prochaine génération à leurs malades. Ce faisant, ils sauvent des vies, rehaussent la qualité de vie de patients et dirigent le regard plus loin dans la science de la guérison et de la santé des tissus.

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