Éclaircir les mystères entourant les maladies du cerveau

Le 06 mai 2015— Ottawa (Ontario)

Franchir les barrières du cerveau une molécule à la fois

Les rouages du cerveau humain recèlent des mystères qui continuent de confondre les médecins et les scientifiques du monde entier. Un de ces mystères est d'établir comment on pourrait ralentir la progression de certaines maladies du cerveau, telles la maladie d'Alzheimer, la sclérose en plaques (SP)et la maladie de Parkinson. Une importante percée canadienne pourrait toutefois avoir mis au jour la clé qui permettra de freiner leur évolution.

En effet, depuis six ans, des spécialistes en médecine et des chercheurs du portefeuille Thérapeutiques en santé humaine (TSH) du Conseil national derecherches du Canada (CNRC) mettent au point des molécules porteuses qui pourront franchir la barrière hématoencéphalique. Une fois la barrière franchie, ces molécules libèreraient des composés thérapeutiques directement dans le système nerveux central (SNC) où leur effet bénéfique serait immédiat.

Danica Stanimirovic, directrice du département des biosciences translationnelles du CNRC, et son équipe ont créé une série de petits anticorps qui parviennent à franchir la barrière hématoencéphalique par le même mécanisme qu'utilisent les éléments nutritifs pour pénétrer dans le cerveau. À la manière du cheval de Troie, les anticorps leurrent le mécanisme de défense de l'organisme, l'amenant à les laisser passer, et avec eux, des molécules thérapeutiques.

Livrer les médicaments où l'on en a besoin

Pour déterminer si les molécules porteuses achemineront les substances thérapeutiques jusqu'à leur cible, les membres de l'équipe leur ont donné diverses configurations, y ont couplé des substances thérapeutiques puis les ont mises à l'épreuve avec une grande rigueur. Ces travaux ont débouché sur une collaboration avec Graham Farrington, directeur du Groupe de recherche des anticorps à Biogen, entreprise de biotechnologie qui développe des agents thérapeutiques pour la SP et met en marché de nouvelles thérapies depuis longtemps. « Nous avons été heureux d'apprendre que le CNRC avait découvert de nouvelles molécules porteuses », indique M. Farrington. « Ces recherches révolutionnaires complètent à merveille les efforts déployés par Biogen pour cibler des anticorps capables d'avoir un effet thérapeutique sur les maladies du cerveau. »

Recourant à la technologie du CNRC, Biogen a entrepris une série de tests en vue d'évaluer le comportement et les effets de la molécule porteuse après son association à divers anticorps conçus par l'entreprise. Les essais sur les animaux, qui incluaient une méthode non invasive pour administrer les anticorps à des rats par voie intraveineuse puis l'analyse des résultats, ont révélé que le complexe issu du couplement de l'anticorps et de la molécule porteuse exerce bien un puissant effet thérapeutique sur les maladies cérébrales. « Il s'agissait d'une étape cruciale pour confirmer l'efficacité des anticorps et préparer le terrain en vue des essais cliniques », déclare M. Farrington.

M. Farrington et Dre Stanimirovic s'attendent à ce que les essais cliniques sur les anticorps qui franchissent la barrière hématoencéphalique durent jusqu'à dix ans, mais leurs travaux pourraient contribuer à élucider des énigmes biochimiques qui interpellent les scientifiques du monde entier.

Franchir la barrière

Créneau de l'industrie pharmaceutique connaissant l'expansion la plus rapide actuellement,les produits biologiques laissent entrevoir d'énormes possibilités en matière de traitement des maladies du cerveau. « Nous travaillons en étroite collaboration avec des sociétés canadiennes et étrangères, avec des spécialistes en médecine et avec d'autres partenaires pour nous assurer que les solutions mises au point franchissent l'étape du laboratoire, et qu'elles trouvent des applications concrètes dansl'industrie, les réseaux de santé, les entreprises et les collectivités », explique Dre Stanimirovic.

M. Farrington ajoute que « les liens entre le CNRC et Biogen se sont avérés mutuellement bénéfiques, car leurs capacités respectives se complètent. » Les deux équipes sont d'avis que les travaux aboutiront aussi à la création d'autres produits thérapeutiques autant pour ceux qui souffrent d'une maladie du cerveau que pour la population vieillissante – des conditions qui affligent considérablement les patients, mais aussi leur famille et le système de santé.

« Parcequ'elle peut être adaptée et modifiée pour en multiplier les applications,cette solution suscite un attrait mondial chez les entreprises qui élaborent des médicaments destinés à diverses affections neurologiques », a affirmé Dre Stanimirovic. Avec les recherches en cours dans le domaine, le CNRC est bien placé pour franchir les barrières qui protègent le cerveau et accroître le nombre de nouveaux médicaments devant subir des essais cliniques, permettant ainsi à la population d'avoir plus rapidement accès à de nouveaux traitements, ce qui importe le plus.

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