L'hélicoptère canadien Aphid vole vers de nouveaux sommets

Le 22 avril 2015— Ottawa (Ontario)

Une nouvelle technologie UAV pour garder le cap

On recourt depuis longtemps aux véhicules aériens sans pilote (UAV) pour la sécurité et la défense, les opérations de recherche et de sauvetage, et la cartographie de lieux éloignés. Alors que la demande pour ces appareils ne cesse d'augmenter, le besoin de systèmes de commande, d’équipement de navigation et de technologies de communication toujours plus complexes pour les garder en l’air et maintenir leur cap ne cesse de grandir.

Recherche et développement pour la défense Canada (RDDC) procure au ministère de la Défense nationale (MDN) et au milieu de la sécurité les technologies requises pour défendre et protéger les intérêts canadiens au pays et à l’étranger. RDDC participe aussi aux travaux de recherche et de développement sur les UAV, notamment à la conception d’un système embarqué d’acquisition des données sur mesure, capable de recueillir et d’exploiter des données sur l’appareil en temps réel pour aider celui-ci à décoller et à atterrir en totale autonomie.

Pour mettre au point un système d’information aussi robuste, RDDC a sollicité l’aide des experts du programme Systèmes aériens civils sans pilote du Conseil national de recherches (CNRC) en leur confiant le soin de développer puis de tester les nouveaux capteurs, composants électroniques et logiciels avec lesquels les futurs UAV de l’armée surpasseraient largement les spécifications du modèle original.

Une plateforme de développement unique

L’un des obstacles majeurs au perfectionnement des UAV consiste à créer des technologies qui leur permettront non seulement de voler seuls, mais aussi de maîtriser divers aspects de leurs opérations et de communiquer entre eux quand ils volent en escadre. « Déployer des véhicules capables de voler en parfaite autonomie révolutionnerait la recherche et le sauvetage, l’atténuation des risques et les opérations des forces armées au Canada », explique Michael Trentini, chef du groupe des systèmes autonomes chez RDDC.

RDDC et le CNRC ont coopéré lors des étapes initiales de la construction d’un UAV autonome en développant un modèle informatique détaillé qui confie les commandes à l’UAV lors de simulations virtuelles. Par la suite, RDDC a fait appel à l’un de ses partenaires du secteur privé, Meggitt Training Systems Canada, pour qu’il procède aux vols d’essai et élabore la méthode avec laquelle on passera sans danger du pilotage automatique au vol télécommandé.

Dans cette optique, les ingénieurs du CNRC ont doté un hélicoptère Aphid monoplace d’une série de capteurs sophistiqués pour recueillir des données sur les mouvements de l’appareil. Un petit prototype de l’hélicoptère sans pilote (d’à peine 2,5 m de diamètre) baptisé « T-Rex » a ensuite servi à tester une panoplie d’instruments (récepteur GPS, télécommande, station terrestre, capteurs, système de données aérodynamiques et pilotage automatique) avant que le contrôle de la navigation soit restitué à l’Aphid.

En vol vers le futur

Au bout de six années de conception et de développement est né un système de pilotage commandé par ordinateur avec lequel l’Aphid peut décoller de lui-même, effectuer des manœuvres télécommandées puis revenir en mode automatique pour l’atterrissage. « RDDC est extrêmement satisfait des résultats auxquels est parvenu le CNRC. Grâce à son laboratoire d’aéronautique de calibre mondial et à son savoir-faire en modélisation mathématique, le CNRC a mis au point la solution rêvée qui nous permettra de progresser dans nos recherches et nos travaux de développement », s’est félicité M. Trentini.

Ken Hui, ingénieur en aérospatiale principal au CNRC, estime de son côté que « le projet doit vraiment son succès à une équipe technologique bien soudée, qui a su mettre en valeur les forces de chacun : l’expérience de RDDC dans le domaine des UAV, l’expertise du CNRC en électronique automatisée, en capteurs et en systèmes de commande, et les connaissances de Meggitt pour les essais et la construction de la station terrestre. »

L’Aphid a récemment terminé une série de vols autonomes au-dessus de l’Arctique qui ont servi à vérifier l’utilité des systèmes sans pilote dans le Nord. À plus longue échéance, RDDC recourra à la nouvelle technologie de commande dans diverses applications des UAV pour l’armée et la sécurité civile, ce qui permettra à l’industrie aéronautique canadienne d’attraper au vol de nouvelles possibilités certaines de décoller.

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