Une technologie du CNRC aide à prévoir la dérive de dangereux icebergs

Un modèle du CNRC devient un outil crucial pour la navigation dans les eaux de l’Arctique et celles encombrées de glace

Le 14 octobre 2014— Ottawa (Ontario)

Près de 90 % des icebergs que l'on croise dans les eaux canadiennes sont issus des glaciers de l'ouest du Groenland, soit entre 10 000 et 40 000 par année. Photo contribué par : Shane McKay, CNRC.

Les icebergs constituent une sérieuse menace pour la navigation et les installations extracôtières, à de nombreux endroits, dans les eaux canadiennes. Leur existence contraint la Garde côtière canadienne (GCC), les compagnies maritimes et les exploitants de plateformes en mer à multiplier les précautions et à envisager une foule de facteurs avant de prendre le large et de naviguer en mer. Pour juguler cette menace, Environnement Canada (EC) et l'International Ice Patrol (IIP) effectuent des vols de reconnaissance et localisent les icebergs dans l'Atlantique Nord. Malheureusement, il ne s'agit que d'une part du remède. En effet, pour rendre la navigation, le trafic maritime et les forages extracôtiers plus sûrs, il est indispensable de prévoir la dérive de ces monstrueux blocs de glace.

Vers la fin des années 1990, le Service canadien des glaces (SCG) avait signalé qu'on avait urgemment besoin d'un nouveau modèle prévisionnel, capable de se plier aux contraintes des activités contemporaines. En tandem avec le SCG, des universités et des expertsconseils du secteur privé, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) avait donc entamé des travaux en vue d'élaborer un modèle qui prévoirait de façon fiable la dérive des icebergs.

L'Atlantic Kestrel remorque un iceberg dans la partie nord-ouest des Grands Bancs. Photo prise durant un vol de reconnaissance de PAL, le 1er juin 2014.

Le Modèle de dérive des icebergs du CNRC intègre tous les aspects de la physique du déplacement, de la dégradation et du vêlage des icebergs à une robuste méthode numérique. Pour rendre les prévisions plus précises, on a tenu compte des nombreux et complexes mécanismes qui altèrent le comportement de ces montagnes de glace. Un paramétrage sophistiqué, par exemple, a permis d'y inclure la fréquence et la taille de la glace se désagrégeant et libérant des icebergs. L'élaboration du modèle a aussi exigé une vaste collaboration de la part de l'industrie, afin que des observations valident correctement les prévisions.

On a accordé une importance capitale aux besoins des utilisateurs à chaque étape du développement du modèle, si bien qu'à présent, les agences météorologiques qui émettent des avertissements sur les icebergs l'ont épousé, y compris le SCG, l'IIP et l'Agence météorologique de Norvège. Le CNRC a également adapté le modèle pour qu'il satisfasse aux besoins des exploitants d'installations extracôtières. Il l'a notamment cédé sous licence à Provincial Aerospace Limited (PAL), chef de file mondial dans la surveillance aérienne des mers. Les prévisions du modèle renforcent les opérations de remorquage des icebergs, qui protègent les plateformes de forage aménagées dans les Grands Bancs. L'entreprise a intégré avec brio le modèle à ses activités commerciales depuis quatre ans.

De concert avec ses clients et partenaires, le CNRC poursuit le développement et le perfectionnement du Modèle de dérive des icebergs afin de mieux répondre aux besoins des industries maritime et extracôtière.

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