Réduire les émissions de GES épargnerait au Service de police d’Ottawa 2 millions de dollars par année

Le CNRC aide le Service de police d’Ottawa à réduire l’impact environnemental de ses voitures de patrouille

Le 15 octobre 2012— Ottawa (Ontario)

Le système de réduction du ralenti transfère l’électricité normalement produite par le moteur de la voiture de patrouille à des batteries auxiliaires installées dans le coffre. /

Le système de réduction du ralenti transfère l’électricité normalement produite par le moteur de la voiture de patrouille à des batteries auxiliaires installées dans le coffre.

Les voitures de police d’aujourd’hui ressemblent à un bureau sur roues. Leur moteur fonctionne presque en permanence. Quand elles ne filent pas vers la scène d’un crime ou d’un accident, elles alimentent des systèmes électriques essentiels au travail des policiers, comme des lumières d’urgence, des émetteurs-récepteurs ou des ordinateurs portables.

Malheureusement, l’environnement en paie le contrecoup. Une précédente étude du Service de police d’Ottawa (SPO) a révélé que, durant un quart normal de 10 heures, la voiture de patrouille fonctionne 6,7 heures au ralenti. Or, pour chaque heure durant laquelle il tourne au ralenti, le moteur consomme de 1,7 à 3,7 litres d’essence, selon l’électricité qu’il produit – soit l’équivalent de 53 kilomètres de route –, tout en libérant quatre à neuf kilos de dioxyde de carbone.

En 2009, le SPO est devenu l’un des premiers services de police ontariens à mettre en place un programme antiralenti pour son parc automobile. Trois ans plus tard, avec l’aide des ingénieurs du CNRC, une technologie avant-gardiste de réduction du ralenti – actuellement appliquée à quatre voitures de patrouille – a permis de diminuer la consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone des véhicules tout en prolongeant leur vie.

« D’ici la fin de l’année, 12 véhicules seront équipés du système », affirme le sergent Sean McDade, responsable du parc automobile du SPO. « Nous espérons doubler ce nombre l’an prochain, dans la mesure où nous disposons de fonds pour cela. »

Économie d’essence annuelle

« Si deux équipes utilisent une voiture de patrouille chaque jour, 250 jours par année, la quantité de carburant économisée annuellement permettrait de faire cinq fois l’aller-retour jusqu’à Vancouver », estime Paul Treboutat, gestionnaire principal Transports de surface au CNRC. « Multipliez cette économie par 440, le nombre de voitures de patrouille à Ottawa, et le système antiralenti épargnerait aux contribuables au-delà de 2 millions de dollars en carburant par année. »

Le Service de police d’Ottawa a commencé les essais pilotes sur la nouvelle technologie de réduction du ralenti en mars 2012. « La police de Gatineau a également signé une entente pour des essais similaires et la police de Hamilton est emballée à l’idée de leur emboîter le pas », ajoute M. Treboutat. Éventuellement, cette technologie pourrait s’appliquer à d’autres véhicules dont le moteur tourne souvent au ralenti, notamment les taxis et les ambulances.

« Nous envisageons de proposer des licences d’exploitation aux entreprises canadiennes intéressées au cours des mois à venir », signale M. Treboutat.

Le CNRC s’est associé au Service de police d’Ottawa quand M. Treboutat a vu un reportage de CTV News dans lequel on interviewait le sergent McDade sur son projet antiralenti. « Puis nous avons organisé une réunion avec les gens du service de police. Je pensais que le CNRC pourrait les aider à perfectionner leur solution », se rappelle M. Treboutat.

Origine de la technologie

Le système initial a été créé pour « montrer que nous prenons vraiment au sérieux le problème du ralenti et que nous ferons tout en notre pouvoir pour réduire les émissions des véhicules ainsi qu’économiser du carburant, sans nuire pour autant au travail des policiers », a déclaré M. McDade. Tout est parti d’une chaufferette d’appoint que ce dernier a découvert dans un véhicule qu’il venait d’acheter. L’appareil gardait la cabine au chaud même quand le moteur était éteint. « Je me suis dit : allons un pas plus loin et adaptons le concept afin de répondre à la demande d’électricité d’une voiture de patrouille. »

Avec le concours des techniciens de la Ville d’Ottawa, « nous avons constaté qu’il est possible de transférer une partie de l’électricité normalement produite par le moteur à des batteries auxiliaires installées dans le coffre, explique-t-il. Pour protéger la batterie de démarrage, nous avons ajouté un isolateur, si bien que l’électricité utilisée quand le moteur est éteint vient uniquement des batteries situées à l’arrière. »Ils ont ensuite conçu un dispositif pour surveiller le fonctionnement du système et la fréquence d’utilisation des policiers.

Perfectionnements du CNRC

Le prototype original exigeait que le policier éteigne manuellement le moteur pour que le système antiralenti prenne la relève et fournisse l’électricité voulue. Toutefois, depuis que le Service de police d’Ottawa s’est associé au CNRC, la technologie a été perfectionnée pour que tout s’effectue automatiquement. Ainsi, quand la charge de la batterie auxiliaire est inférieure à 11,5 volts – tension nécessaire pour que l’émetteur-récepteur de la voiture fonctionne –, le système de réduction du ralenti démarre automatiquement le véhicule et l’alternateur charge la batterie auxiliaire », reprend M. Treboutat.

Les chercheurs du CNRC ont également amélioré le câblage et l’emballage du système initial, de sorte qu’il est plus facile de le transférer d’une automobile à l’autre, quand le véhicule arrive à la fin de sa vie. Par ailleurs, ils ont amélioré les fonctions d’autosurveillance du système en recourant à la technologie du cellulaire pour que les données sur le ralenti soient automatiquement relayées de la voiture de patrouille à un ordinateur du CNRC. « Cela nous permettra de recueillir des données directes, comme l’économie d’essence annuelle et la réduction des émissions de CO2, afin de déterminer le rendement des investissements », conclut M. McDade.

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