Le CNRC et ses partenaires hissent le dépistage des biotoxines à un nouveau sommet

Le 01 mars 2012— Ottawa (Ontario)

Depuis 25 ans, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) joue un rôle déterminant dans la protection des consommateurs contre les biotoxines des algues qui contaminent des mollusques ou l’eau potable en identifiant de nouvelles substances toxiques, en élaborant des méthodes d’analyse et en préparant des matériaux de référence certifiés (MRC). Il y parvient par une étroite collaboration avec divers partenaires, dont l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui recourt désormais à bon nombre de ces nouvelles technologies, ainsi qu’aux MRC dans le cadre de ses programmes de surveillance usuels.

Par la même occasion, le CNRC s’est lancé le premier dans le développement de méthodes d’analyse évoluées pour les biotoxines combinant deux techniques, soit la chromatographie en phase liquide et la spectrométrie de masse (CL-SM), tout en créant une banque de données sur ces toxines. À présent, ces méthodes d’analyse, les MRC et les données de référence seront transformées en un système informatisé d’analyse des biotoxines qui sera commercialisé avec le concours du fabricant canadien d’instruments AB SCIEX.

Krista Thomas

NRC technician Krista Thomas prepares a sample for biotoxin analysis using an AB SCIEX instrument.

Le CNRC est entré dans le domaine des biotoxines en 1987, quand il a identifié la cause d’une épidémie d’intoxications par la phycotoxine amnestique (PA) qui a coûté la vie à trois Canadiens et en a rendu malades des centaines – dans certains cas avec amnésie permanente – consécutivement à la consommation de moules. Selon Michael Quilliam, chef du Programme des biotoxines et des matériaux de référence certifiés (PBMRC) du CNRC, à Halifax, l’équipe du CNRC a travaillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre pendant quatre jours avant d’identifier le coupable : l’acide domoïque, une biotoxine inconnue véhiculée par les algues. Quelques jours plus tard, la même équipe mettait au point une épreuve de dépistage rapide qui a vite été communiquée aux laboratoires de surveillance. Ce test et les MRC préparés par le CNRC ont empêché la PA d’intoxiquer à nouveau des humains, sur toute la planète.

Constatant qu’il fallait améliorer le filet de sécurité de la santé publique et face à l’importance de l’industrie des mollusques et des crustacés pour l’économie, l’équipe du PBMRC a entrepris de coopérer avec le laboratoire de l’ACIA à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, et avec des laboratoires étrangers en vue d’élaborer des méthodes qui permettraient de dépister et d’identifier de manière proactive les biotoxines susceptibles de rendre les gens malades ou de les tuer. Au fil des ans, ces partenaires de recherche ont découvert de nombreuses toxines des mollusques et créé maints tests et MRC, qu’ils ont ensuite validés. 

Des normes internationales 

« En 2011, nous disposions d’une série d’étalons et de matériaux de référence avec lesquels les laboratoires de n’importe quel pays seraient en mesure d’obtenir des résultats précis grâce à des techniques comme la CL-SM », affirme M. Quilliam. « Le commerce international des produits de la mer rend cet aspect particulièrement important. » 

Pourquoi surveiller la concentration de toxines dans les mollusques?

Au Canada comme ailleurs, l’industrie de la pêche teste continuellement les mollusques pour dépister les toxines et ainsi s’assurer qu’ils sont propres à la consommation humaine et qu’on peut les exporter, important débouché pour le Canada.

Tester les produits avant leur exportation peut aussi économiser des frais d’expédition à une entreprise et protéger la renommée de cette dernière, car le pays destinataire a toujours le loisir de refuser le produit en procédant à ses propres tests.

Enfin, en vérifiant les mollusques avant qu’on les retire de l’eau, dans les parcs aquicoles, les régulateurs en empêchent la collecte quand ils sont contaminés. Pour que leur récolte reprenne, les mollusques doivent être déclarés salubres et propres à la consommation. De cette façon, les aquaculteurs ne perdent pas leurs produits et personne ne tombe malade.

Actuellement, l’équipe du PBMRC distribue 36 MRC à une quarantaine de pays. Ces matériaux de référence sont indispensables aux laboratoires d’analyse, car tous les systèmes de mesure doivent être soigneusement étalonnés avant chaque série d’essais. Les techniciens utilisent les MRC du CNRC — de petits échantillons contenant une concentration précise de telle ou telle biotoxine — pour régler leurs appareils avant de procéder aux tests qui établiront si les mollusques sont contaminés ou pas. 

M. Quilliam se dit particulièrement fier du système d’analyse CL-SM des biotoxines que le CNRC a aidé AB SCIEX à créer l’an dernier. Cette technologie est un « système clés en main » qui contrôle les variables des instruments et atténue les risques d’erreur potentiels. Son logiciel modulaire indique comment préparer les échantillons étape par étape, et vient avec une trousse renfermant tout ce dont le technicien a besoin pour étalonner son appareil et procéder correctement à l’analyse. 

Une technologie canadienne

 « La technologie a été élaborée ici même, au Canada, avec de l’équipement canadien », souligne M. Quilliam. « L’appareil est très puissant, mais comme de nombreux dispositifs électroniques disponibles dans le commerce de nos jours, le principal argument de vente est l’application qui l’accompagne. AB SCIEX a compris que les gens ne s’intéressent pas seulement à l’équipement; ils veulent résoudre un problème. L’ordinateur prend tout en charge, de sorte que le personnel de laboratoire peut analyser rapidement les échantillons de mollusques. » 

« Avoir un appareil sophistiqué et un système informatique qui contrôle l’analyse est une formidable façon de vendre des instruments pour l’entreprise », ajoute-t-il. 

Jusqu’à tout récemment, les chercheurs qui recouraient aux appareils d’analyse de la génération antérieure devaient dépouiller les articles des périodiques scientifiques pour mettre au point leurs propres protocoles expérimentaux et leurs échantillons de référence. Ces tâches sont à la fois complexes et spécialisées, de sorte qu’un système intégré, prêt à l’emploi, les effectuant automatiquement toutes les deux permet de surmonter un problème dans les régions du monde où les experts en CL-SM sont relativement rares. 

L’analyse CL-SM, déjà reconnue en Nouvelle-Zélande et au Canada pour le dépistage des biotoxines dans les mollusques, a bénéficié d’un véritable coup de pouce, l’an dernier, quand l’Union européenne l’a entérinée comme technique de référence officielle. Désormais, les nations qui en sont membres peuvent abandonner un protocole expérimental archaïque qui exigeait le sacrifice d’un grand nombre de souris de laboratoire. La chose n’aurait pu survenir sans les travaux de pionnier du CNRC dans la quantification des biotoxines des algues et les MRC.

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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