ARCHIVÉ - Le vaccin reste, la tumeur part

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Le 01 septembre 2010

Une nouvelle solution à base d'huile employée pour administrer les vaccins pourrait bien paver la voie à des vaccins efficaces contre le cancer. À vrai dire, lors d'une expérience, une cure anticancer administrée de cette manière à des souris a entraîné la résorption des tumeurs. Le traitement vient de passer au stade des essais cliniques sur des personnes cancéreuses.

La technologie de vaccination, baptisée DepoVaxMC, a été élaborée par l'entreprise de Halifax Immunovaccine (IMV), spécialisée en biotechnologie. Les chercheurs du CNRC l'aident maintenant à préciser les résultats de cette technologie et son fonctionnement.

DepoVax est une solution composée d'une huile minérale biologiquement sans danger et de liposomes – des sphères minuscules faites du même matériau que la membrane cellulaire. Selon M. Marc Mansour, vice-président de la recherche et du développement chez IMV, les liposomes sont remplis d'une substance qui aide le système immunitaire à identifier les agents biologiques étrangers dans l'organisme.

Le vaccin le plus évolué testé avec la technologie DepoVax est un nouveau vaccin anticancer qui en est à l'étape des essais cliniques sur des personnes atteintes du cancer de la prostate, du sein ou de l'ovaire.

Les deux images ci-dessus montrent l’abdomen de deux souris en coupe transversale. Les photos ont été prises 35 jours après l’injection de cellules cancéreuses sous l’épiderme. L’image de gauche (a) vient de la souris à qui le vaccin n’a pas été administré. La tumeur apparaît en vert. Tout près, on constate que les ganglions lymphatiques sont enflés (un symptôme fréquent quand le cancer est actif). L’image de droite (b) vient d’une souris vaccinée avec DepoVax (5 jours après l’inoculation des cellules cancéreuses). Une tumeur s’est développée chez la souris de la photo de droite. Elle a atteint sa taille maximale au bout de deux semaines, mais s’est résorbée rapidement par la suite. Plus aucune tumeur n’est visible et les ganglions ne sont pas hypertrophiés. Une petite quantité de vaccin demeure du côté droit de l’animal, juste sous la peau et la couche adipeuse.

Les deux images ci-dessus montrent l’abdomen de deux souris en coupe transversale. Les photos ont été prises 35 jours après l’injection de cellules cancéreuses sous l’épiderme. L’image de gauche (a) vient de la souris à qui le vaccin n’a pas été administré. La tumeur apparaît en vert. Tout près, on constate que les ganglions lymphatiques sont enflés (un symptôme fréquent quand le cancer est actif). L’image de droite (b) vient d’une souris vaccinée avec DepoVax (5 jours après l’inoculation des cellules cancéreuses). Une tumeur s’est développée chez la souris de la photo de droite. Elle a atteint sa taille maximale au bout de deux semaines, mais s’est résorbée rapidement par la suite. Plus aucune tumeur n’est visible et les ganglions ne sont pas hypertrophiés. Une petite quantité de vaccin demeure du côté droit de l’animal, juste sous la peau et la couche adipeuse.

Un vaccin à effet persistant

En général, le vaccin apprend au système immunitaire à reconnaître un microorganisme précis, puis à le combattre. Il y parvient en présentant un antigène aux cellules spécialisées du système immunitaire (un antigène est une molécule à la surface du microorganisme qui permet d'identifier celui-ci). Les vaccins anticancer ont pour but de stimuler le système immunitaire pour qu'il repère et détruise les cellules cancéreuses.

Habituellement, le vaccin se trouve dans une solution qui se disperse rapidement dans l'organisme après l'inoculation. Résultat : les vaccins anticancer ne persistent habituellement pas assez longtemps pour apprendre au système immunitaire à combattre efficacement les cellules cancéreuses. C'est ce que nous a appris Chris Bowen, un biophysicien de l'Institut du biodiagnostic du CNRC, à Halifax. En revanche, il peut falloir quelques semaines à l'organisme pour décomposer DepoVax – ce qui est d'ailleurs le principal avantage de cette technologie.

« Le concept d'une technologie qui permet au vaccin de persister plus longtemps est excitant en soi, car cela signifie qu'on pourrait rendre la vaccination plus efficace », explique M. Bowen, qui fait partie de l'équipe du CNRC collaborant avec IMV pour observer l'action du vaccin sur les tumeurs chez la souris grâce à un appareil d'imagerie par résonance magnétique (IRM) pour petits animaux situé au CNRC.

Jusqu'à présent, les chercheurs ont terminé une série d'études comparant plusieurs groupes de souris portant des tumeurs – certaines ont été traitées avec du DepoVax, d'autres n'ont reçu aucun vaccin. Les images IRM révèlent que, chez les souris vaccinées, non seulement la tumeur se résorbe à la longue, mais elle finit par disparaître.

Des résultats plus manifestes

Parce qu'il renferme de l'huile, le vaccin en soi se discerne mieux sur les images IRM, si bien que les scientifiques peuvent déterminer combien de temps il demeure après son inoculation. Les images indiquent que le vaccin reste plusieurs semaines au site d'injection, tandis qu'il se dissipe peu à peu.

« D'habitude, il est très difficile de distinguer un vaccin avec l'IRM, reprend M. Bowen. Or, ici, on voit comment il est distribué et ce qu'il fait à la longue, ce qui nous aide considérablement à comprendre son action sur l'organisme. » Sur les images IRM, le vaccin ressemble à des taches plus claires que les dépôts de graisse usuels chez l'animal.

Lors des études à venir, les chercheurs espèrent marquer le vaccin et les cellules immunitaires qui y réagissent avec de l'oxyde de fer pour discerner encore mieux les détails révélés par l'IRM. En effet, l'oxyde de fer accentue les contrastes sur les photos IRM. En marquant le vaccin de cette manière, les chercheurs ne sauront pas seulement où va le vaccin, mais aussi de quelle manière il affecte les cellules.

L'appareil IRM pour petits animaux du CNRC s'est avéré essentiel à l'étude approfondie du mode de fonctionnement du vaccin et de son incidence sur les tumeurs. « Nous pouvons visualiser le vaccin après son inoculation, affirme M. Mansour. Et nous le faisons en temps réel, sans avoir à sacrifier l'animal. L'an dernier, nous avons bénéficié d'une collaboration hors pair et tenons à continuer à travailler avec les scientifiques du CNRC. »

Des essais cliniques du vaccin utilisant DepoVax ont débuté en mars 2010 aux États-Unis. « Nous sommes vraiment emballés », conclut M. Mansour en précisant que DepoVax peut véhiculer les antigènes d'une multitude de maladies.

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Renseignements : Relations avec les médias
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