ARCHIVÉ - Détection plus rapide des foyers de grippe grâce à un nouvel outil de surveillance

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Le 01 mars 2010

Un nouveau système d'alerte anticipée élaboré au CNRC pourrait aider les responsables de la santé publique à dépister plus vite les foyers de maladie et à mieux y réagir. 

Cette technologie a été appliquée avec succès à Ottawa, à l'automne 2009, durant la pandémie de grippe H1N1, pour suivre les maladies de type grippal (MTG) (ILI en anglais) chez ceux qui se présentaient à l'urgence de trois hôpitaux de la ville (l'Hôpital d'Ottawa, le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario ou CHEO et l'Hôpital Queensway Carleton). 

Le logiciel, baptisé ILI Watch, filtre les données des hôpitaux d'Ottawa sur les principaux maux dont se plaignent les patients. Un module de classification spécifique aux MTG identifie ensuite les symptômes associés à la grippe, à partir de certains mots ou expressions comme « fièvre », « haute température » ou « maux de tête intense ». 

ILI Watch utilisait ces données pour produire un rapport quotidien sur le nombre de MTG et l'âge des malades, rapport qui était relayé au personnel de Santé publique Ottawa, lequel s'en servait pour identifier les pics éventuels dans l'incidence de MTG et établir quel groupe d'âge était affecté. À vrai dire, durant la pandémie de 2009, Santé publique Ottawa a discerné plusieurs pics de ce genre dans les hôpitaux de la ville, en particulier au CHEO.

Plus rapide et plus précis que l'être humain

Un logiciel qui suit les symptômes grippaux dans les hôpitaux pourrait nous avertir rapidement de l'imminence d'une épidémie.

Un logiciel qui suit les symptômes grippaux dans les hôpitaux pourrait nous avertir rapidement de l'imminence d'une épidémie.

Pour créer le module de classification, l'Institut de technologie de l'information du CNRC (ITI-CNRC) a recueilli environ 150 000 plaintes principales émises dans les salles d'urgence des hôpitaux d'Ottawa entre 2007 et 2008, puis diagnostiquées par les professionnels de la santé en tant que symptômes d'une MTG ou non.

« Nous avons utilisé ces statistiques pour apprendre à un ordinateur comment identifier les symptômes à la manière d'un spécialiste », explique Joël Martin, qui pilote le Groupe de l'information interactive, créateur d'ILI Watch.

« Le module a trié les données en quelques minutes, alors que les agents de la santé auraient mis des heures à le faire. »

Ce système de classification automatique unique en son genre s'est avéré d'une utilité « inestimable » durant la pandémie de grippe H1N1 de 2009, si l'on en croit la Dre Amira Ali, épidémiologiste principale à Santé publique Ottawa.

« Nous n'avons pas seulement sauvé du temps, ce qui en soit était capital, la précision s'en est trouvée accrue, car on a éliminé les risques d'erreur humaine liés à l'examen de la charge quotidienne de cas hospitaliers par quelqu'un. »

Elle explique qu'au cours de la pandémie, le module de classification des MTG a permis aux responsables de la santé publique d'Ottawa de « brosser un tableau complet du lot quotidien de MTG dans les salles d'urgence des hôpitaux » et ainsi de détecter les foyers d'épidémie beaucoup plus rapidement.

Adaptable à d'autres virus

Santé publique Ottawa continuera d'utiliser ILI Watch, qui a aussi été déployé au Service de santé Grey Bruce, au nord-ouest de Toronto, ainsi que dans les services de santé publique de Kingston, de Frontenac et de Lennox et Addington, dans l'est de l'Ontario. Le module de classification des MTG a été modifié pour fournir une mise à jour de la situation aux six heures.

En fait, ILI Watch peut être adapté pour inclure de nouveaux symptômes et satisfaire aux exigences des autorités médicales – la fréquence des rapports, par exemple – en prévision d'autres souches du virus grippal, ce que n'autorisent pas les autres systèmes de surveillance automatique, estime Jason Morin, agent du projet au sein du Groupe de l'information interactive de l'ITI-CNRC. Selon lui, ILI Watch se démarque aussi par la justesse avec laquelle il imite le jugement humain en identifiant les syndromes grippaux.

Le système de surveillance des MTG s'inscrit dans le projet Advanced Syndromic Surveillance and Emergency Triage (ASSET), ou projet de triage évolué des urgences et de surveillance des syndromes, que pilote l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa et auquel participent plusieurs partenaires du gouvernement fédéral, de l'industrie et du secteur de la santé, dont le CNRC, Santé publique Ottawa et la société de logiciels AMITA, d'Ottawa.

Lancé à Ottawa en 2007 et financé dans le cadre de l'Initiative de recherche et de technologie chimique, biologique, radionucléaire et explosive (IRTC), le projet ASSET est aussi un système automatisé permettant de suivre les trains de données comme les dossiers médicaux en vue d'identifier les symptômes associés aux maladies susceptibles de découler d'un attentat terroriste.

Ce système est assez alerte pour surveiller les syndromes qui ont d'autres origines, notamment la contamination de l'eau par des bactéries tel E. coli.

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Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
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