ARCHIVÉ - Bâtir de meilleures habitations sous le soleil de minuit

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Le 01 juin 2009— Ottawa (Ontario)

Au-delà du cercle polaire, rendre les habitations plus durables et plus efficaces sur le plan énergétique présente des défis particuliers – certains moins évidents que d'autres. Les Canadiens qui vivent dans le sud du pays savent que l'hiver dans les régions nordiques est long et froid, mais peu d'entre eux comprennent le rôle que jouent la chaleur et les dommages accélérés dus aux rayons ultraviolets durant un été bref mais intense, sous un soleil perpétuel, le fameux « soleil de minuit » du poète Robert W. Service.

À cela s'ajoutent des éléments moins poétiques, mais tout aussi essentiels : une courte saison de construction, une pénurie de logements, un manque d'hommes de métier qualifiés et des frais d'expédition exorbitants des matériaux. Tous ces facteurs compliquent la construction d'habitations à haute performance dans le nord.

Les consultations sur place et la collecte de données dans des communautés comme Arviat Nu ont aidé les chercheurs de l'IRC-CNRC à cerner les méthodes de construction à haut rendement énergétique pour l'enveloppe des bâtiments dans l'Arctique.

Les consultations sur place et la collecte de données dans des communautés comme Arviat Nu ont aidé les chercheurs de l'IRC-CNRC à cerner les méthodes de construction à haut rendement énergétique pour l'enveloppe des bâtiments dans l'Arctique.

Pourtant, l'essor de la population au-delà du 60e parallèle exige un surcroît d'habitations – des habitations éconergétiques à prix abordable. La recherche sur les bâtiments très avant-gardistes, durables et efficaces sur le plan énergétique, pourrait aider la population locale à surmonter ces difficultés. C'est en tout cas ce que croit Madeleine Rousseau, de l'Institut de recherche en construction du CNRC (IRC-CNRC), à Ottawa.

Appuyée par Ressources naturelles Canada (RNCan), la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), le Programme de recherche et de développement énergétique (PRDE) et le CNRC, l'équipe de Mme Rousseau a passé quatre ans à étudier la performance des habitations dans l'Arctique canadien sous les angles de la chaleur, de l'air et de l'humidité.

En cours de route, cette équipe a publié quatre analyses documentaires sur l'enveloppe des bâtiments au Canada et dans d'autres pays nordiques, ainsi que sur la sévérité du climat à maints emplacements dans le nord. Parallèlement, elle a mené à bien des études sur le terrain, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest, afin de dresser le bilan énergétique des habitations tout en mesurant la température et le taux d'humidité dans ces dernières.

A priori, Mme Rousseau s'attendait à ce que le haut niveau d'occupation et le faible échange d'air engendrent des taux d'humidité élevés à l'intérieur. En réalité, les habitations qu'elle a visitées dans l'Arctique laissaient facilement entrer le froid, ce qui asséchait l'air et refroidissait les surfaces à l'intérieur. Résultat? Une accumulation de givre et des dégâts d'eau connexes sur la paroi intérieure des murs.

Grâce à des consultations avec les communautés d'habitations de Whitehorse, de Yellowknife et d'Arviat, l'équipe du CNRC a pu avoir une bonne idée de ce qui guide les décisions concernant le choix des technologies employées pour construire de nouvelles habitations. Elle a donc pu déterminer les types de paroi à tester en laboratoire.

Les chercheurs ont découvert que les conditions nordiques incitent à des compromis délibérés. Les constructeurs optent pour des méthodes « simples », pouvant être appliquées sur les lieux avec un minimum de formation. Les équipes de travailleurs peuvent ainsi fermer rapidement l'enveloppe du bâtiment. Les frais d'expédition élevés nuisent à l'adoption de techniques élaborées comme l'érection de murs doubles, qui exigeraient des matériaux supplémentaires, même si cela rendait les habitations plus efficaces sur le plan énergétique au cours du cycle de vie. Ainsi, les constructeurs ont l'habitude de monter la charpente avec les poutres usuelles de deux pouces par six pouces, de les recouvrir à l'extérieur, puis d'isoler l'intérieur pour conférer au bâtiment une haute résistance thermique et rendre l'enveloppe hermétique.

Sachant cela, l'équipe est rentrée à Ottawa avec cinq nouvelles parois prometteuses, en vue de les tester à l'Installation d'exposition des murs aux conditions climatiques de l'IRC-CNRC. Cette installation est un vaste caisson climatique où l'on peut exposer des sections entières de mur à une température extérieure allant jusqu'à -40 °C, assortie de vents violents, d'un côté et aux conditions normales de l'environnement intérieur (température, taux d'humidité et pression), de l'autre côté, histoire de mieux comprendre leur performance.

Une modélisation sur ordinateur reposant sur les résultats des essais aidera les chercheurs à vérifier d'autres hypothèses, après avoir modifié des paramètres climatiques intérieurs et extérieurs du modèle.

Bien que les recherches du CNRC se soient surtout concentrées sur les conditions extrêmes propres aux communautés nordiques, l'intérêt pour les techniques associées aux bâtiments à très haut rendement énergétique ne cesse de s'accroître dans les autres régions.

« Des recherches dont les résultats devaient à notre avis à notre avis servir essentiellement dans le nord – opter pour une très haute performance avec une excellente isolation – suscitent à présent beaucoup d'intérêt dans le sud en raison du coût élevé de l'énergie, des préoccupations concernant la durabilité environnementale et de la lutte contre le changement climatique, explique Mme Rousseau. Les constatations de notre étude pourraient bien avoir un impact plus important sur l'ensemble du secteur de la construction. »

Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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