ARCHIVÉ - Une équipe de relais bactérienne pour combattre la pollution par les solvants chlorés

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Le 07 avril 2007— Ottawa (Ontario)

Les scientifiques savent depuis longtemps qu'on peut se servir des organismes unicellulaires présents dans la nature comme les bactéries pour la biorestauration, processus employé pour dépolluer les sites contaminés, surtout quand les polluants sont des solvants chlorés. Cependant, il y a peu de temps encore, la plupart de ces processus étaient inefficaces ou trop onéreux, voire les deux.

Plus maintenant. En effet, le CNRC a imaginé une approche novatrice à l'utilisation des bactéries pour combattre la pollution. Cette approche surmonte les problèmes de coût et d'efficacité des méthodes usuelles, conférant ainsi au Canada un net avantage dans le secteur émergent de la biorestauration.

Unité mobile de traitement de site contaminé par extraction et réinjection d'eau souterraine et biostimulation
Unité mobile de traitement de site contaminé par extraction et réinjection d'eau souterraine et biostimulation

Créée par les bioingénieurs de l'environnement de l'Institut de recherche en biotechnologie du CNRC (IRB-CNRC), cette technologie unique se veut une approche plus écologique à la dépollution des eaux souterraines contaminées par les solvants chlorés, car ses résidus – du dioxyde de carbone, de l'eau et des sels du chlore – sont relativement inoffensifs comparativement à ceux que laissent les méthodes classiques.

L'équipe du CNRC a d'ailleurs été récompensée pour ses efforts en remportant le concours « Dossier commercial » du CNRC de 2006, dans la catégorie des technologies destinées à l'exploitation sous licence.

Depuis, le CNRC a conclu une entente avec Sanexen Environmental Services, qui se spécialise dans la gestion des BPC ainsi que l'analyse et la restauration des sites contaminés, lui cédant l'exploitation quasi exclusive de la technologie. Cette entreprise québécoise démontrera l'utilité de la technologie à un site contaminé bien connu de la province.

Le marché est mûr pour la solution du CNRC au moment précis où l'on en entame la commercialisation. En effet, rien qu'aux États-Unis, la biorestauration, branche de l'industrie de la dépollution des sols et des eaux souterraines, devrait engendrer deux fois plus de recettes d'ici 2010 (plus de 1,3 milliard $US). Par ailleurs, le Canada a réservé 3,5 milliards sur dix ans pour dépolluer des sites contaminés.

La technologie du CNRC fait appel à une double technique de biorestauration qui élimine presque entièrement les solvants chlorés de l'eau traitée. Les techniques actuellement sur le marché recourent aux bactéries aérobies ou anaérobies séparément ou successivement. En temps normal, ces deux types de bactéries ne peuvent coexister, les premières ne pouvant vivre sans oxygène, les secondes ne pouvant vivre avec.

La technologie du CNRC repose sur l'idée que les deux sortes de bactéries peuvent travailler en synergie plutôt que successivement quand les bonnes conditions sont réunies.

« A priori, cela va à l'encontre du bon sens. Notre technologie suppose que les microorganismes aérobies et anaérobies stricts peuvent vivre ensemble, dans le même habitat », déclare Serge Guiot, chef du groupe de la bioingénierie environnementale à l'IRB-CNRC.

Les « biogranules » sont des agrégats microscopiques naturels de bactéries qui forment une pellicule organique. L'équipe de Serge Guiot a découvert que ces granules constituent en réalité une équipe de relais naturelle d'organismes aérobies et anaérobies. Les aérobies en peuplent la surface, riche en oxygène; les anaérobies en occupent le centre, où il n'y a pas d'air.

En biorestauration, les biogranules assènent donc un double coup de poing, fondement même de la technologie. Les bactéries anaérobies décomposent les solvants chlorés et les bactéries aérobies finissent le travail en digérant les sous-produits de cette décomposition.

La technologie brevetée par le CNRC accentue et accélère cette biodégradation naturelle par l'électrolyse de l'eau (la division de H2O par l'électricité), qui procure de l'oxygène et de l'hydrogène aux microorganismes. Les bactéries anaérobies méthanogènes utilisent l'hydrogène pour retirer le chlore des solvants et produire du méthane; l'oxygène et le méthane accélèrent la décomposition aérobie des résidus laissés par les bactéries anaérobies.

Lors des essais pilote, cette technologie a purifié des eaux modérément et fortement contaminées en ramenant la concentration du chlore sous les seuils réglementaires.

« Nous sommes emballés par les résultats obtenus en laboratoire, termine Serge Guiot. Cela prouve que nous ne nous sommes pas trompés et que la technologie est prête à passer aux essais sur le terrain à pleine échelle. »


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