ARCHIVÉ - L'industrie affamée de neutrons

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Le 07 juillet 2007— Ottawa (Ontario)

À l'aube du nucléaire, les scientifiques du CNRC songeaient à un appareil de R-D qui exploiterait les pouvoirs énormes de l'atome. Cette année, le réacteur national de recherche universel (NRU) de Chalk River (Ontario) fêtera 50 ans de réalisations – dont un prix Nobel – et continuera de faire progresser de nombreux domaines, de l'énergie verte aux matériaux de pointe en passant par les traitements contre le cancer.

Bâti en 1957, le NRU devait servir à la science plutôt qu'à la production de vapeur ou d'électricité. L'industrie nucléaire canadienne de 5 milliards de dollars repose sur le savoir acquis au NRU, dont les installations sont exploitées par Énergie atomique du Canada limitée (EACL), la plus grande entreprise dérivée du CNRC, également propriétaire du NRU. On y teste toujours les combustibles nucléaires et les matériaux destinés aux centrales à réacteur CANDU qui produisent le sixième de l'électricité du pays et emploient 30 000 Canadiens.

Ron Rogge, un scientifique du CNRC, explique à Roxana Hutanu, chercheuse postdoctorale, comment on a recouru aux neutrons pour établir les contraintes subies par cet élément de la navette spatiale de la NASA lors de l'enquête qui a suivi la destruction de Challenger.
Ron Rogge, un scientifique du CNRC, explique à Roxana Hutanu, chercheuse postdoctorale, comment on a recouru aux neutrons pour établir les contraintes subies par cet élément de la navette spatiale de la NASA lors de l'enquête qui a suivi la destruction de Challenger.

De l'espoir pour des millions : la médecine nucléaire figure parmi les premières innovations du CNRC à Chalk River. Aujourd'hui, l'industrie canadienne des isotopes médicaux est la première au monde. Chaque année, les isotopes du NRU soignent au-delà de 16 millions de personnes atteintes du cancer dans 80 pays et dépistent la maladie chez cinq millions d'autres par tomographie assistée et diverses techniques.

« Pendant plus de 40 ans, le NRU a permis à l'industrie d'améliorer la sécurité et le rendement de ses technologies », affirme Robert Speranzini, directeur général du développement de la technologie CANDU chez EACL. « Les Canadiens en ont bénéficié par la production d'électricité sans émission de gaz à effet de serre et par des milliards de dollars en échanges commerciaux. »

Le NRU est précieux pour la recherche, car il nous montre la vraie nature de la matière. Les neutrons du réacteur pénètrent profondément les matériaux – acier, béton ou glace – pour en révéler la structure atomique. Cette technique – la diffusion des neutrons – procure à l'industrie des renseignements qui lui échapperaient autrement.

« La diffusion des neutrons permet d'examiner un moteur à un endroit précis pour déterminer s'il y a contrainte », explique Ian Anderson, directeur de la science neutronique chez Spallation Neutron Source, à Oak Ridge (Tennessee). « Aucune autre technique ne l'autorise. Pas les rayons X, rien. »

Le chercheur Bertram Brockhouse, du CNRC, a remporté le prix Nobel pour ses travaux de pionnier dans le domaine, au NRU. Le Centre canadien de faisceaux de neutrons du CNRC (CCFN-CNRC) applique toujours les principes qu'il a énoncés pour aider l'industrie à fabriquer des pièces plus sûres et robustes pour les voies ferrées, les moteurs d'automobile et les aéronefs, notamment. Universitaires et industriels du monde entier sont attirés par la présence du CCFN-CNRC au NRU et conviés à utiliser ses laboratoires. « Grâce à cette ouverture, les chercheurs canadiens ont accès aux installations d'autres pays, poursuit M. Anderson. Les échanges scientifiques s'en trouvent facilités. »

Cinquante ans plus tard, le dynamique NRU demeure au faîte de sa spécialité. Les fonds que le Canada y a investis ont favorisé la création de nouvelles industries, de recherches révolutionnaires et de produits médicaux qui profitent à des millions de personnes dans 80 pays.


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