ARCHIVÉ - L'informatique devient «  omniprésente  » pour l'industrie du bâtiment

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Le 07 décembre 2007— Ottawa (Ontario)

Le système MFDE rend les dispositifs mobiles plus conviviaux pour les ouvriers du bâtiment.
Le système MFDE rend les dispositifs mobiles plus conviviaux pour les ouvriers du bâtiment.

Avec l'ordinateur personnel portatif de demain, le travailleur pourrait saisir les données partout et en tout temps, sans seulement y jeter un oeil ou y poser le doigt. Tel est l'objectif ultime que s'est fixé une équipe de chercheurs du CNRC en créant un outil polyvalent pour dicter les données ou les écrire à l'aide d'un stylet et rendre les appareils mobiles employés par les travailleurs de la construction plus conviviaux.

« Dans le secteur du bâtiment, les données prélevées en temps réel sur le terrain sont importantes dans la prise de décisions au moment opportun », affirme Irina Kondratova, qui dirige le Groupe des technologies axées sur les gens à l'Institut de technologie de l'information du CNRC (ITI-CNRC), à Fredericton. « Le plus souvent, les gens notent l'information avec un stylo sur un bout de papier puis retournent au bureau pour la saisir à l'ordinateur. L'efficacité de cette méthode laisse à désirer. »

Elle souligne que, dans de nombreux milieux de travail, les gens recueillent les données hors du bureau. C'est notamment le cas en agriculture industrielle, en fabrication, dans les services d'urgence, en santé et dans les inspections pour la sécurité publique. « Le scénario ne varie pas. Les gens se rendent sur place, reprend Mme Kondratova. Leurs mains sont occupées. Leurs yeux aussi, souvent, parce qu'ils observent ou surveillent quelque chose. Dans de telles conditions, la voix semble le moyen naturel pour interagir avec les technologies mobiles. »

De concert avec des professeurs de génie civil de l'Université du Nouveau-Brunswick (UNB) – et, par leur truchement, avec divers membres de la grappe industrielle comme le secteur du bâtiment et le ministère des Transports du Nouveau-Brunswick, l'équipe de recherche du CNRC a créé le prototype d'une application de saisie multi-modale des données de terrain (MFDE, pour : multimodal field data entry) qui facilite l'inspection du béton sur les chantiers. Le système MFDE permet à l'ingénieur de saisir les résultats des essais sur le béton sur un formulaire électronique avec un stylet ou de vive voix.

« L'idée est d'offrir au travailleur plus d'un moyen pour accéder aux données et les sauvegarder sur l'ordinateur quand il recourt à des instruments ou effectue des relevés, explique-t-elle. L'information est saisie directement au moment de la dictée, même si l'utilisateur fait autre chose en même temps. »

Avec sa collègue, Joanna Lumsden, Mme Kondratova a évalué le prototype de saisie multi-modale de données de terrain au Laboratoire sur les interactions personne-machine mobile de l'ITI-CNRC. « Au laboratoire, nous simulons les vraies conditions en milieu de travail et effectuons des expériences dans des conditions contrôlées », déclare-t-elle. L'équipe de recherche a évalué le système MFDE avec le concours de volontaires venant de diverses facultés de l'UNB.

Les chercheurs du CNRC ont recouru à un système ambiophonique pour reproduire les sons réels d'un chantier. Ensuite, ils ont testé le système MFDE à trois niveaux de bruit : 70 à 80 décibels, 80 à 90 décibels et 90 à 100 décibels.

Une étudiante de l'UNB teste le système MFDE au Laboratoire d'interaction personne-machine mobile de l'ITI-CNRC.
Une étudiante de l'UNB teste le système MFDE au Laboratoire d'interaction personne-machine mobile de l'ITI-CNRC.

« Parallèlement, nous avons recréé les sources de distraction les plus fréquentes d'un chantier en projetant des images sur un mur du laboratoire. Certaines étaient anodines tandis que d'autres évoquaient le danger – de la machinerie à laquelle il fallait prêter attention, par exemple, poursuit-elle. Nous voulions être sûrs que cette technologie ne rendrait pas l'utilisateur moins vigilant pour compromettre sa sécurité. »

Lors des essais en laboratoire, les sujets ont « vraiment apprécié que les données puissent être saisies de vive voix, rapporte-t-elle. La parole leur a permis de terminer leurs tâches plus vite et ils ont déclaré mieux percevoir ce qui les entoure quand les données sont saisies de cette façon plutôt qu'au moyen d'un stylet. »

On l'aurait deviné : la reconnaissance de la parole perd de sa précision quand le niveau de bruit augmente. « Malgré cette perte, les participants accordent toujours leur préférence à cette méthode de saisie », reprend Mme Kondratova. L'équipe du CNRC a donc entrepris une autre étude afin de trouver un microphone qui se prêtera mieux aux applications sur chantier. Leurs travaux se sont d'ailleurs mérité le prix du « meilleur article » au prestigieux colloque britannique sur les interactions personne-machine HCI 2007. « Nous prévoyons aussi examiner divers moteurs de reconnaissance de la parole pour voir s'il est possible d'obtenir des résultats plus précis quand le niveau de bruit augmente. »

« La technologie de reconnaissance de la parole conçue pour le bureau pourrait ne pas convenir aux conditions du lieu de travail mobile, qui s'avèrent nettement plus complexes, avance-t-elle. Évaluer cette technologie exigera encore beaucoup de recherches, surtout dans diverses industries et des conditions de travail variables. »

Selon une étude que l'Institut canadien de l'information scientifique et technique du CNRC a réalisée pour l'équipe, très peu de chercheurs s'intéressent à l'usage des systèmes de saisie de données par la parole en milieu industriel, notamment dans le secteur du bâtiment. « Voici l'occasion pour notre groupe de se forger une nouvelle place. La saisie des données par la parole pour les dispositifs mobiles est une notion assez nouvelle, et évaluer la faisabilité et la convivialité d'une telle technologie sur le terrain est également inédit », conclut la chercheuse.


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