ARCHIVÉ - Chirurgie virtuelle, impact réel?

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Le 07 juillet 2007— Ottawa (Ontario)

En santé, les ressources sont extrêmement sollicitées. Des technologies qui économiseraient du temps d'hôpital, amélioreraient les chirurgies et équiperaient mieux les futurs chirurgiens seraient certes les bienvenues.

Des sommités mondiales se sont récemment réunies au CNRC, à Boucherville (Québec), dans ce but. Des représentants de l'industrie, des universités et du gouvernement se sont joints à des médecins pour parler simulation 3D, chirurgie assistée par ordinateur et autres techniques d'avenir lors du symposium CompMed sur la simulation des actes médicaux.

Yves Starreveld, chirurgien à l'Hôpital Foothills de Calgary (à l'avant), teste le système de neurochirurgie haptique du CNRC avec le chercheur Vincent Mora.
Yves Starreveld, chirurgien à l'Hôpital Foothills de Calgary (à l'avant), teste le système de neurochirurgie haptique du CNRC avec le chercheur Vincent Mora.

« Bientôt, les chirurgiens soigneront des patients virtuels avant les vrais... comme les pilotes s'exercent sur un simulateur avant de prendre les commandes d'un avion. »

Robert DiRaddo, CNRC

« Le symposium survient au moment où les trois quarts des tumeurs sont traités par chirurgie et où la médecine a de plus en plus recours à des techniques chirurgicales moins invasives », affirme Robert DiRaddo, de l'Institut des matériaux industriels du CNRC (IMI-CNRC). Le problème est que si elles raccourcissent le séjour à l'hôpital, les techniques moins invasives évoluent constamment et le chirurgien doit sans cesse se perfectionner.

Pour l'instant, les internes apprennent en procédant à des centaines d'interventions sous l'oeil de chirurgiens confirmés. « La chirurgie assistée prend parfois le double du temps et les techniques sont si complexes que celui qui les pratique ne peut les enseigner », poursuit Robert DiRaddo. Les meilleurs spécialistes et chirurgiens étant sur le point de prendre leur retraite, le transfert des connaissances s'avère un défi. Ici intervient la simulation : les internes tenteront des interventions complexes sans monopoliser la coûteuse salle d'opération.

Grâce aux logiciels développés au CNRC, ils effectueront de délicates opérations au cerveau avant de passer à une véritable intervention. La « neurochirurgie 3D virtuelle » donne à l'étudiant l'impression d'opérer sur un vrai patient. L'utilisateur du logiciel reçoit des données haptiques (toucher) : il sent la résistance du scalpel ou des ciseaux qui pénètrent la chair, comme s'il la tranchait vraiment. « Le système haptique que le CNRC met au point avec l'entreprise montréalaise MPB Communications a sept degrés de liberté de mouvement, reprend le chercheur. C'est inédit dans le monde. »

En plus d'inculquer la neurochirurgie aux internes, le nouveau système permettrait aux chirurgiens confirmés de se familiariser avec les techniques novatrices. Les chirurgiens en région éloignée bénéficieraient eux aussi de cette formation pratique.

Des bouteilles de boisson gazeuse à la chirurgie du cerveau

Rassemblement d'experts au CNRC

Le symposium CompMed, coparrainé par l'International Society for Simulation in Healthcare, a attiré les plus grands spécialistes en simulation chirurgicale et des délégués d'Amérique du Nord, d'Europe et d'Asie. Phillip Hassen, chef de l'Institut canadien pour la s\xC3\xA9curité des patients, a ouvert le colloque. Steve Dawson (Harvard Medical School), Gerald Fried (Université McGill), Richard Reznick (Université de Toronto) et Ken Cavanaugh (FDA) étaient parmi les conférenciers.

Ce projet illustre parfaitement comment le CNRC exploite l'expertise existante dans de nouveaux champs. Le logiciel de neurochirurgie dérive du simulateur d'angioplastie du CNRC actuellement évalué par un chirurgien de Toronto avant son transfert à l'industrie.

« Notre premier logiciel prévoyait la fabrication de bouteilles de boisson gazeuse et de bocaux de beurre d'arachide », se souvient Robert DiRaddo. Depuis sa création au milieu des années 1990, c'est l'industrie de l'automobile qui s'en sert surtout pour créer de meilleures pièces, plus écologiques. Son application à la biomédecine n'a débuté qu'il y a cinq ans, à point nommé. « Mike Sowa et Boguslaw Tomanek, mes collègues de Calgary et de Winnipeg, nous ont beaucoup aidés dans cette transition », déclare le chercheur.

« Bientôt, les chirurgiens soigneront des patients virtuels avant les vrais, dit-il. Un peu comme les pilotes s'entraînent sur un simulateur avant de prendre les commandes d'un avion. » Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) recommande aux chirurgiens de recourir à la réalité virtuelle avant de poser des endoprothèses dans la carotide.

« Le Canada doit absolument renforcer sa position dans le nouveau domaine de la simulation chirurgicale », poursuit le chercheur, soulignant la nature coopérative et nationale des travaux. « Il s'agit d'un secteur très multidisciplinaire où chirurgiens, ingénieurs, biologistes, éducateurs et informaticiens travaillent en équipe. »

Tenu du 16 au 18 mai, CompMed a transcendé les frontières, rapprochant des experts déterminés à rendre les interventions chirurgicales plus précises, efficaces et novatrices que jamais – pour accroître leurs chances de succès et sauver des vies sur la terre entière.

Chirurgie virtuelle peut-être, mais impact très réel.


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