ARCHIVÉ - Repenser la technologie du triage

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Le 06 juin 2006— Ottawa (Ontario)

Photo prise suite à l'attentat terroriste perpétré dans le métro de Tokyo en 1995.
Photo prise suite à l'attentat terroriste perpétré dans le métro de Tokyo en 1995.

S'occuper des victimes d'un cataclysme ou d'un attentat terroriste suppose une formidable logistique qui peut alourdir la tragédie des morts et des blessés. En effet, il faut parfois traiter des dizaines, voire des centaines de personnes sur les lieux et il arrive que les détails sur l'état de chacune mettent plus de temps à parvenir à l'établissement de santé lors du transfert, quand ils ne s'égarent pas. Le personnel de la clinique ou de l'hôpital reçoit donc à l'occasion des patients sans ces informations précieuses, si bien qu'il s'avère beaucoup plus difficile d'assurer le suivi lors des traitements. En outre, les secouristes ne possèdent pas toujours les renseignements les plus récents sur la nature de la catastrophe, de sorte qu'ils pourraient se retrouver eux aussi parmi les victimes d'une toxine ou d'autres dangers.

Cet état de fait est à l'origine d'un projet ambitieux coordonné par le Conseil national de recherches et financé par l'Initiative de recherche et de technologie CBRN de Recherche et développement pour la défense Canada. Ce projet a débouché sur la création d'un logiciel simple, capable de transformer n'importe quel ordinateur en puissant centre de renseignements médicaux dans les situations d'urgence.

Le logiciel, baptisé Système de gestion du triage rapide (ou RTMW, pour Rapid Triage Management Workbench), est d'ores et déjà commercialisé par la société AMITA d'Ottawa. L'armée américaine et la NORAD s'intéressent présentement à cette technologie et ont convié ses créateurs à participer à une activité de démonstration prestigieuse durant laquelle sont rigoureusement testés les produits que ces organisations colossales pourraient vouloir utiliser.

« Le RTMW est un système sans fil, reposant sur l'Internet. Il est robuste et portatif », explique Laura Brown, agente de recherche principale et chef de groupe à l'Institut des biosciences marines du CNRC (IBM-CNRC). Microbiologiste de formation, elle a orchestré le projet auquel participaient des membres d'AMITA, le laboratoire de technologie orientée sur l'homme (HOT Lab) de l'Université Carleton et l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa.

Sonny Lundahl, vice-président de la recherche et du développement chez AMITA, n'a que des éloges pour le rôle joué par Mme Brown à la tête de cette brochette de partenaires hétéroclites. « Elle a accompli un travail remarquable même si la gestion n'a pas toujours été de tout repos. »

M. Lundahl félicite aussi le HOT Lab de l'Université Carleton pour l'interface extrêmement simple qu'il a imaginée pour le RTMW.

« Le fonctionnement du système devait s'apprendre très facilement, car les utilisateurs n'auront pas de temps à perdre pour cela sur le terrain, déclare-t-il. Son utilisation devait être très intuitive. »

Selon Mme Brown, le RTMW dépasse toutes les attentes. « Quand nous avons procédé aux essais d'acceptation finaux avec des secouristes qui ne s'en étaient encore jamais servi, nous avions prévu 30 minutes de formation. Il n'en a fallu que 10. Le système est d'une simplicité enfantine. »

Elle ajoute que le format est entièrement indépendant de la langue ou de la méthode dans lesquelles se fait le triage. Le logiciel pourrait donc servir à l'étranger. « Il n'est pas question d'imposer un système particulier à qui que ce soit. Le logiciel peut s'adapter aux plans d'urgence existants ou à venir. »

Le logiciel se plie à tous les scénarios de crise, peu importe leur envergure. Le RTMW crée une base de données permettant de surveiller les accidentés et leur état, qu'ils soient une poignée ou des centaines de milliers. Ensuite, l'information peut être partagée instantanément avec d'autres intervenants sur le terrain et avec les institutions qui attendent l'arrivée des blessés par ambulance.

Photo prise suite à l'attentat terroriste perpétré contre le World Trade Center, le 11 septembre 2001.
Photo prise suite à l'attentat terroriste perpétré contre le World Trade Center, le 11 septembre 2001.

Même s'il a d'abord été conçu pour répondre aux risques d'une attaque chimique, biologique ou nucléaire, le RTMW convient aussi aux événements aléatoires tels un accident industriel ou un séisme. « Le logiciel répond à un besoin universel de saisir, de structurer et de diffuser l'information médicale partout où il y a un nombre élevé d'accidentés », poursuit Mme Brown.

Le RTMW a été proposé à divers services de santé municipaux et régionaux, mais les organismes de l'armée américaine pourraient s'en servir eux aussi, sous réserve des résultats qu'il obtiendra à la Coalition Warrior Interoperability Demonstration du mois de juin. Cet événement de trois semaines illustrera le fonctionnement du logiciel dans des situations difficiles. S'il réussit les tests, le RTMW pourrait faire partie de l'arsenal d'outils de gestion de l'information perfectionnés dont se servent les militaires un peu partout dans le monde.

Cette nouvelle technologie pourrait réduire le nombre de victimes associé aux catastrophes naturelles et industrielles ainsi qu'aux attentats terroristes en gardant la trace des données médicales susceptibles de sauver d'innombrables vies.

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Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
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