ARCHIVÉ - L'obscurité totale et le grand soleil nécessaires pour mieux vivre

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Le 06 novembre 2006— Ottawa (Ontario)

Dormir dans le noir réduit-il les risques de cancer? Une exposition insuffisante à la lumière du jour affecte-t-elle le système immunitaire? Ces deux grandes questions ont récemment été débattues lors d'un symposium qui avait pour hôtes le CNRC et la Commission internationale de l'éclairage (CIE), organisme international de normalisation et association professionnelle qui se consacre à la science et à l'art de l'éclairage.

Bien que cette branche de la science soit relativement jeune, 164 experts multidisciplinaires de 23 pays ont convergé à Ottawa pour discuter de la lumière et de ses incidences sur l'organisme et la santé. Chercheurs médicaux, ingénieurs, psychologues, architectes, biologistes, concepteurs de systèmes d'éclairage et guides d'opinion de l'industrie se sont partagé les dernières découvertes scientifiques avant de s'interroger sur la façon dont les installations d'éclairage devraient être modifiées pour tenir compte de nos connaissances sur la santé et la lumière.

Wout van Bommel, président de la Commission internationale de l'éclairage (CIE) et délégué de Philips Lighting (Eindhoven, Pays-Bas), donne un exposé au Symposium sur l'éclairage et la santé qui eut lieu les 7 et 8 septembre 2006.
Wout van Bommel, président de la Commission internationale de l'éclairage (CIE) et délégué de Philips Lighting (Eindhoven, Pays-Bas), donne un exposé au Symposium sur l'éclairage et la santé qui eut lieu les 7 et 8 septembre 2006.

Selon Jennifer Veitch, de l'Institut de recherche en construction du CNRC (IRC-CNRC), la population des pays occidentaux passe environ 90 % de son temps à l'intérieur et tient l'éclairage pour acquis.

La majorité des gens ne songent à l'éclairage qu'en termes de rendement énergétique, de l'argent économisé sur leur facture d'électricité et de décoration intérieure. On se questionne rarement sur la quantité de lumière à laquelle on est exposé le jour ou le peu d'obscurité dans laquelle on baigne la nuit. Or, une meilleure exposition à la lumière pendant la journée semble rehausser l'humeur et le bien-être.

Les chercheurs pensent qu'utiliser la lumière et l'obscurité pour réguler les cycles éveil-sommeil serait bénéfique pour les gens du monde entier. Voici comment :

  • les voyageurs supporteraient mieux les longs vols internationaux assortis d'un grand décalage horaire;
  • les personnes travaillant par quart s'adapteraient plus facilement à leurs heures irrégulières;
  • les personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer verraient leur sommeil moins perturbé;
  • les risques de cancer seraient atténués par la synthèse de mélatonine, hormone qui régule maintes fonctions de l'organisme et inhibe la multiplication des cellules cancéreuses. En effet, la nuit, l'exposition à la lumière interrompt la production de mélatonine et accroît les risques de cancer du sein, surtout chez ceux qui travaillent la nuit.

Le Programme de l'environnement intérieur du CNRC a mis en place un projet de recherche visant à établir la dose d'ensoleillement dont on a besoin pour garder la santé. Les chercheurs examineront les moments précis de la journée où il faudrait être exposé à la lumière, le type particulier d'éclairage (spectre) et la durée optimale de l'exposition. L'étape subséquente consistera à établir les meilleurs moyens pour procurer cette dose de lumière de manière écoénergétique. Les membres de l'équipe se spécialisent en psychologie, en physique du bâtiment, en génie et en architecture.

La lumière et la santé

  • dormir sans lumière d'aucune sorte au moins une partie de la nuit – poser des stores, enfiler un masque, orienter les lampes extérieures pour qu'elles n'éclairent pas la chambre et, si l'on tient absolument à une veilleuse, en choisir une à ampoule rouge/jaune plutôt que bleue/verte;
  • accumuler au moins 15 à 20 minutes de lumière vive pendant la journée, de préférence le matin. Le Soleil demeure la meilleure source de lumière vive. Si ses rayons ne parviennent pas au lieu de travail, on s'assiéra près d'une fenêtre, face à l'extérieur à la pause repas, à la cafétéria ou au restaurant, ou on ira marcher dehors.

Jennifer Veitch est fière que le symposium ait attiré les meilleurs scientifiques dans les domaines associés à l'éclairage tout en offrant aux entreprises qui se spécialisent dans la conception et la fabrication des systèmes d'éclairage la chance d'y participer. Le premier symposium du genre s'est déroulé à Vienne en 2004. En tant que membre de la délégation canadienne à la CIE, Mme Veitch a convaincu ses homologues étrangers membres du comité organisateur de tenir le deuxième à Ottawa, où le CNRC accueillerait l'événement avec la CIE.

Mme Veitch et ses collègues du comité d'organisation ont été étonnés de voir autant de personnes au symposium. C'est que ce dernier coïncidait avec l'alerte terroriste du mois d'août dans les aéroports britanniques. Les participants d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Sud n'ont pourtant pas hésité à prendre l'avion. Ils se sont joints à leurs collègues d'Amérique du Nord pour assister à des séances en comités et en apprendre plus sur d'importants projets de recherche.

Outre le degré d'intérêt des participants, Mme Veitch a été « sidérée par la formidable réaction » des médias nationaux et locaux. Avec d'autres, elle a donné des entrevues à de nombreux journalistes, insistant sur l'utilité des recherches de ce genre pour la santé et le bien-être ainsi que sur l'importance du rôle joué par le CNRC pour rapprocher les membres du milieu de la recherche et les représentants de l'industrie.

Le plan stratégique de l'IRC-CNRC place l'éclairage et la santé au rang des principaux sujets de recherche de l'institut. Mme Veitch et ses collègues ont l'intention de resserrer encore plus les liens actuels avec leurs homologues canadiens et étrangers. Ils désirent également mettre en place de nouvelles relations de travail avec des groupes dont les compétences complètent les leurs. Tout cela dans le but d'intégrer les résultats de recherche aux lignes directrices de la conception et de l'exploitation de bâtiments, afin d'influencer positivement la santé humaine.


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Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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