ARCHIVÉ - Médecine des profondeurs

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Le 06 septembre 2006— Ottawa (Ontario)

Un projet de collaboration novateur entre des chercheurs du CNRC et des scientifiques de Floride pourrait aboutir à la découverte d'un véritable trésor au fond des mers.

Le médicament que vous prendrez un jour pour soulager l'arthrite pourrait bien venir d'une éponge prélevée sur un récif corallien aux Bahamas, avoir été isolé par des scientifiques en Floride et ses puissantes vertus anti-inflammatoires avoir été découvertes par des chercheurs du CNRC à l'Île-du-Prince-Édouard.

Des plongeurs cataloguent et examinent leur cueillette d'échantillons marins amassés durant une plongée dans les eaux environnantes des Bahamas.
Des plongeurs cataloguent et examinent leur cueillette d'échantillons marins amassés durant une plongée dans les eaux environnantes des Bahamas.

Tel est le grand espoir qu'on caresse dans le cadre d'une coopération canado-américaine unique entre les chercheurs de la Florida Atlantic University (FAU) et ceux du jeune Institut des sciences nutritionnelles et de la santé du CNRC (ISNS-CNRC), à Charlottetown. Cette collaboration, qui a récemment fait l'objet d'un protocole d'entente, donnera la chance aux deux groupes de combiner leur expertise dans la chasse aux nouvelles substances pharmaceutiques d'origine marine.

« Nous sommes vraiment entrés dans l'ère du Verseau pour ce qui est de la découverte de sources naturelles et renouvelables de nouveaux médicaments », affirme Michael Mayne, directeur de la recherche à l'ISNS-CNRC et porte-étendard de cette coopération nord-sud. « À l'heure actuelle, environ 80 pour cent des médicaments que nous employons dérivent des plantes terrestres. Les sociétés pharmaceutiques cherchent désespérément de nouvelles sources et les océans en sont une d'une richesse incroyable, qui n'a encore jamais été exploitée pour la santé. »

Dans la quête de nouveaux médicaments issus de la mer, l'enjeu consiste d'abord à identifier et à isoler de nouveaux composés, puis à établir leur activité biologique.

Selon M. Mayne, cette démarche en deux temps est ce qui fait de l'Î.-P.-É. et de la Floride l'équipe idéale pour un partenariat.

« La Floride regorge de composés naturels d'origine marine et la FAU possède le savoir-faire pour les isoler. De son côté, l'ISNS-CNRC excelle à doser ou à tester l'activité biologique des substances chimiques naturelles. En résumé, ils ont les chimistes et nous, les biologistes », poursuit-il.

Les océans sont une richesse incroyable de sources naturelles et renouvelables de nouveaux médicaments, qui n'a encore jamais été exploitée pour la santé. On retrouve sur la photo du corail typiquement recueilli durant l'expédition.
Les océans sont une richesse incroyable de sources naturelles et renouvelables de nouveaux médicaments, qui n'a encore jamais été exploitée pour la santé. On retrouve sur la photo du corail typiquement recueilli durant l'expédition.

L'ISNS-CNRC est le laboratoire auxiliaire de l'Institut des biosciences marines du CNRC situé à Halifax. L'ISNS-CNRC continue de recruter son personnel (il comptera 18 chercheurs au total) et emménagera dans de nouveaux locaux à l'automne. Les chercheurs et leur équipe se concentrent sur différentes facettes du rôle que les composés présents dans la nature peuvent jouer en améliorant la santé des humains et des animaux.

La coopération nord-sud est née dans la foulée d'un symposium du CNRC et de la FAU organisé par MM. Mayne et Russ Kerr, auparavant membre du corps professoral de la FAU mais qui a rejoint celui de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard cet été afin d'y occuper la chaire de recherche en chimie des composés marins naturels. Le symposium, financé dans le cadre de l'Initiative de représentation accrue aux États-Unis du gouvernement fédéral (lire l'encadré), consistait en trois journées d'exposés et de réflexion pour une demi-douzaine de chercheurs de chaque pays.

Plusieurs projets de recherche précis ont déjà été entamés à la suite de l'événement. La recherche coopérative porte principalement sur la découverte de composés aux vertus analgésiques (soulagement de la douleur) ou anti-cancéreuses. Les scientifiques de la FAU ont d'ailleurs connu quelques succès avec les médicaments contre le cancer venant de la mer. En effet, l'été dernier, l'université a annoncé qu'elle avait conclu un accord de licence avec une entreprise de biosciences pour commercialiser un nouveau traitement contre le cancer de la peau. La substance active est la découverte de Herbert Weissbach, un des chercheurs participant à la collaboration entre le CNRC et la FAU.

M. Junzeng Zhang (ISNS-CNRC) hisse à bord une collection d'échantillons marins. On y retrouve des éponges, les algues et les végétaux et animaux marins desquels on espère isoler de nouveaux composés d'intérêt médical.
M. Junzeng Zhang (ISNS-CNRC) hisse à bord une collection d'échantillons marins. On y retrouve des éponges, les algues et les végétaux et animaux marins desquels on espère isoler de nouveaux composés d'intérêt médical.

L'étude des propriétés biologiques des conotoxines, nouveau groupe de substances biologiquement actives, fait l'objet de discussions en vue d'un autre projet conjoint entre les deux organismes. Ces puissantes neurotoxines sont extraites d'un escargot marin.

« Les conotoxines présentent un intérêt considérable pour la recherche et la création de médicaments », explique le chercheur Jeffrey Zidichouski. « La Food and Drug Administration des États-Unis vient tout juste d'autoriser l'usage d'une conotoxine pour soulager les douleurs aiguës. Or, il en existe plusieurs autres types et la recherche laisse croire à l'existence de plusieurs centaines de sous-types. Cependant, nous ne connaissons le mécanisme d'action biologique que d'à peine quelques-unes. »

Outre ces efforts de collaboration, en juin dernier, MM. Zidichouski et Junzeng Zhang, deux chercheurs de l'ISNS-CNRC, ont accompagné une dizaine de scientifiques de la FAU lors d'un voyage de dix jours aux Bahamas afin d'y recueillir des spécimens. Les membres de l'expédition ont plongé dans les récifs coralliens et à divers endroits afin d'y prélever les éponges, les algues et les végétaux et animaux marins desquels on espère isoler de nouveaux composés d'intérêt médical.

Une équipe de plongeurs rapporte leur collection d'échantillons marins.
Une équipe de plongeurs rapporte leur collection d'échantillons marins.

Bien que l'exercice ait commencé il y a plusieurs mois seulement, M. Mayne affirme qu'il fait déjà des petits. Cette étude des ressources océaniques a en effet obtenu d'autres fonds de l'Initiative de représentation accrue aux États-Unis afin que la collaboration s'élargisse à un groupe d'autres partenaires canadiens et étasuniens, notamment de l'industrie.

« Je vois se tracer la carte routière d'une double grappe technologique en sciences marines composée d'intervenants majeurs dans les provinces canadiennes de l'Atlantique et le sud de la Floride. L'objectif ne se borne pas à la découverte de nouveaux composés. Il faut leur faire franchir l'étape de la validation pour les sortir du laboratoire et en amener la conversion en nouveaux médicaments. »

Des représentants de l'ISNS-CNRC, de PEI-BioAlliance ainsi que de la section sud-est de BioFlorida, dont font partie l'Université de Miami, Scripps Florida et le Smithsonian Institute, se rencontreront à ce sujet en février 2007.

Nouveaux liens transfrontaliers entre la science et le monde des affaires

L'Initiative de représentation accrue aux États-Unis du Canada est l'effort concerté de huit ministères et organismes fédéraux pour rehausser la présence canadienne aux États-Unis et multiplier les possibilités des entreprises canadiennes. L'Initiative permet au Canada de mieux illustrer aux Américains les valeurs qu'ils partagent avec leurs voisins du nord et l'interdépendance économique des deux pays tout en leur montrant que les entreprises et les institutions canadiennes savent innover et peuvent devenir les partenaires dynamiques de leurs contreparties étasuniennes. Le Canada et les États-Unis entretiennent les plus importantes relations commerciales bilatérales au monde. En 2005, les échanges bilatéraux de biens et de services avec les États-Unis totalisaient 709,5 milliards de dollars canadiens, et près de 1,9 milliard de dollars canadiens de produits et de services franchissent chaque jour la frontière.


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