ARCHIVÉ - Leur sauver la peau

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Le 06 juillet 2006— Ottawa (Ontario)

Un nouvel appareil ingénieux du CNRC utilise une lumière invisible pour informer les chirurgiens si des tissus vont survivre ou non.
 
 
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Pour une femme qui a eu une mastectomie, la reconstruction du sein est un miracle médical – à moins que la peau transplantée qui sert à bâtir le nouveau sein ne meure. Alors, au moins initialement, la chirurgie reconstructive peut être traumatique. Cette souffrance pourrait être évitée à l'avenir grâce à une nouvelle technologie du CNRC. La technologie d'imagerie spectroscopique utilise une lumière invisible au proche infrarouge (PIR) pour donner aux chirurgiens l'équivalent d'une vision aux rayons X et leur permettre d'évaluer si la peau transplantée ou brûlée va survivre ou faillir.

La technologie PIR brevetée a déjà montré son efficacité dans les essais de recherche. Elle a aussi été récemment discutée devant un panel distingué de leaders des milieux des affaires et des sciences dans la catégorie exploitation sous licence d'une technologie du concours Dossier commercial du CNRC de 2006.

Pendant la reconstruction du sein, une pièce de peau – appelée lambeau - est prélevée sur une autre partie du corps d'une patiente et utilisée pour reconstruire un nouveau sein.
Pendant la reconstruction du sein, une pièce de peau – appelée lambeau - est prélevée sur une autre partie du corps d'une patiente et utilisée pour reconstruire un nouveau sein.

Pendant la reconstruction du sein, une pièce de peau – appelée lambeau – est prélevée sur une autre partie du corps d'une patiente et utilisée pour reconstruire un nouveau sein. À l'aide de la chirurgie microvasculaire, les vaisseaux sanguins du lambeau sont délicatement suturés aux vaisseaux existants qui se trouvent dans le sein. Si ces vaisseaux sont bien raccordés, le lambeau va guérir et croître. Mais si les sutures des vaisseaux sanguins fuient ou sont déformées, le lambeau, privé de sang et d'oxygène, va mourir en peu de temps. Une pièce de peau morte, douloureuse et laide, en résulte. C'est malheureusement un problème commun : l'échec du lambeau se produit dans environ un dixième des 63 000 reconstructions de seins pratiquées chaque année aux États-Unis.

« Le principal défi avec les lambeaux, c'est d'évaluer immédiatement après l'opération si oui ou non la chirurgie microvasculaire a réussi », explique le Dr. Larry Leonardi, chercheur de l'Institut du biodiagnostic du CNRC (IBD-CNRC) qui dirige le développement de la technologie PIR de viabilité des tissus. « Il y a une fenêtre de six à huit heures pendant laquelle nous pouvons ré-opérer sans dommage pour le lambeau. Après cette période, le tissu du lambeau mourra, le chirurgien devra l'enlever et recommencer depuis la case départ. »

C'est pendant cette fenêtre de six à huit heures que la nouvelle technologie du CNRC impressionne réellement. À l'heure actuelle, les chirurgiens plasticiens ne sont capables que d'estimer en regardant et en touchant pour déterminer si un lambeau est bien alimenté en sang. La même chose est vraie des chirurgiens de brûlures, qui doivent évaluer rapidement si un tissu brûlé survivra ou mourra. Dans la moitié des cas, la brûlure est mal diagnostiquée. Pour les médecins qui ont à traiter des lambeaux et des brûlures, la technologie du CRNC leur donne ce qu'ils n'ont jamais eu avant : un cliché immédiat et quantitatif des niveaux de sang, d'oxygène et d'hydratation du tissu.

Les chirurgiens de brûlures doivent évaluer rapidement si un tissu brûlé survivra ou mourra. Dans la moitié des cas, la brûlure est mal diagnostiquée.
Les chirurgiens de brûlures doivent évaluer rapidement si un tissu brûlé survivra ou mourra. Dans la moitié des cas, la brûlure est mal diagnostiquée.

La technologie est basée sur la façon dont le sang, l'hémoglobine (la partie du sang qui transporte l'oxygène) et l'eau absorbent et réfléchissent la lumière proche infrarouge. Le coeur du système est une caméra numérique à proche infrarouge qui mesure 45 différentes longueurs d'onde (ou « couleurs » ) de la lumière. Une lumière halogène au tungstène est irradiée à travers la peau et la caméra numérique PIR enregistre la lumière réfléchie. Cette information est utilisée pour produire une image numérique à échelle de gris, ou image de viabilité.

Selon le Dr. Leonardi : « Pour le médecin, c'est comme lire une radiographie aux rayons X. C'est quelque chose qui est facile à comprendre rapidement. »

Les régions claires de l'image numérique représentent des parties de peau qui sont bien oxygénées et les parties sombres, des parties mal oxygénées. Ainsi une image sombre représente une peau où les niveaux d'oxygène sont bas – elle se meurt.

Un prototype de recherche de la technologie PIR de viabilité des tissus du CNRC a déjà prouvé sa valeur pendant quatre années d'essais dans l'unité achalandée des brûlés de l'hôpital Sunnybrook de Toronto. Après un diagnostic effectué par le personnel médical, la technologie PIR est utilisée pour évaluer la brûlure et comparer les données à l'évaluation clinique.

Les régions claires de l'image numérique représentent des parties de peau qui sont bien oxygénées et les parties sombres, des parties mal oxygénées.
Les régions claires de l'image numérique représentent des parties de peau qui sont bien oxygénées et les parties sombres, des parties mal oxygénées.

« Nous montrons que nous pouvons clairement distinguer des différences dans les types de brûlures et que celles-ci sont prédictives, à savoir qu'elles indiquent si la peau va survivre ou non », explique le Dr. Leonardi, qui travaille en collaboration avec les Dr. Joel Fish et Karen Cross au Sunnybrook.

En se basant sur le succès obtenu à Sunnybrook et sur des études antérieures effectuées sur des animaux, l'équipe du CRNC est prête à commencer les essais de recherche avec la technologie pour évaluer la santé postopératoire des lambeaux dans la chirurgie de reconstruction du sein. Ces essais seront faits en collaboration avec les Dr Thomas Hayakawa et Edward Buchel du Health Sciences Centre de Winnipeg.

« Le concept fonctionne et les cliniciens sont enthousiastes », dit le Dr Leonardi du CNRC. « Le temps est maintenant venu de passer de la version recherche au produit commercial. »

L'équipe de recherche du CNRC comprend le Dr Mike Sowa, Mme Jeri Payette, Mme Shelley Levasseur et M. Bernie Schattka, les agents d'affaires Robert Werbowesky et Magda Kosmala, ainsi que Katherine Taverner de l'ICIST-CNRC. L'équipe négocie présentement une licence avec une société canadienne.

Le Dr Leonardi estime que, une fois un contrat de licence signé, il faudra environ trois ans pour développer une version commerciale de la technologie de viabilité des tissus PIR, la valider et la faire passer à travers le processus de réglementation en route vers le marché.

Pour les milliers de femmes qui vivent le traumatisme de l'échec du lambeau de sein et les 80 000 personnes hospitalisées en Amérique du Nord chaque année souffrant de brûlures, il ne sera jamais trop tôt pour mettre la technologie du CNRC dans les mains des chirurgiens plasticiens.


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