ARCHIVÉ - Huile d'olive des Prairies

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Le 06 mars 2006— Ottawa (Ontario)

Les scientifiques du CNRC songent à l'huile de cuisson santé de l'avenir – une huile végétale produite au Canada, sans gras saturés, mais riche en acides gras monoinsaturés telle l'huile d'olive et renfermant les acides gras polyinsaturés pour lesquels on prise tant le poisson. Et ils croient avoir trouvé une plante possédant les gènes nécessaires pour donner non seulement cette super huile santé, mais aussi la cire dont seront fabriquées les bougies qui décoreront la table de la salle à manger : le canola.

Fleurs de canola
Fleurs de canola

« L'identification des gènes du canola qui nous aideront à produire une meilleure huile pour la santé et la nutrition humaines et à trouver des solutions de rechange écologiques aux dérivés du pétrole allant du biodiesel aux lubrifiants et aux cires de canola laisse entrevoir d'énormes possibilités », estime Wilf Keller, directeur de recherche attaché aux projets spéciaux de l'Institut de biotechnologie des plantes du CNRC (IBP‑CNRC), à Saskatoon.

Depuis 2003, une douzaine de chercheurs de l'IBP‑CNRC défrichent ce terrain génétique dans l'espoir de créer une nouvelle génération de variétés de canola dans le cadre d'un projet de recherche sur la génétique du développement et de la composition des graines de canola. Agriculture et Agroalimentaire Canada participent également au projet, financé conjointement par Génome Canada et l'Initiative en génomique et en santé du CNRC.

Chercher à en obtenir davantage du canola n'a rien de neuf. Omniprésent de nos jours, le canola est une variété de colza créée en 1974 par les techniques d'hybridation traditionnelles. Le canola et le colza sont de vrais hercules agricoles. Les deux plantes fournissent à peu près de tout, de l'huile végétale dans le cas du premier à une foule de produits écologiques comme des lubrifiants pour le second.

La nouveauté dans l'approche de l'IBP‑CNRC est qu'on recourra à la génomique pour engendrer une autre génération de canolas typiquement canadiens. Les méthodes classiques d'hybridation ont permis l'obtention de variétés qui résistent mieux aux maladies et croissent plus rapidement. Cependant, bon nombre des caractères que les phytogénéticiens aimeraient améliorer à présent (le calibre des semences, par exemple) sont difficiles, voire impossibles à identifier et à sélectionner au niveau du plant proprement dit. C'est pourquoi les scientifiques de l'IBP‑CNRC ont songé à sélectionner ces caractères complexes à partir des gènes.

 « La génomique fonctionne en tandem avec les techniques d'hybridation usuelles », explique M. Keller.
« La génomique fonctionne en tandem avec les techniques d'hybridation usuelles », explique M. Keller.

« La génomique fonctionne en tandem avec les techniques d'hybridation usuelles », explique M. Keller, chef du projet. « Nous espérons ajouter une autre couche d'informations génétiques dont les phytogénéticiens se serviront pour créer la prochaine génération de variétés de canola et d'autres cultures. »

Les chercheurs de l'IBP‑CNRC s'efforcent de découvrir les gènes qui codent quatre grands paramètres de la graine. Ils aimeraient que les semences soient plus grosses. Deuxièmement, ils voudraient obtenir des graines à cosse plus mince, celle-ci représentant environ le sixième de la masse de la graine et n'ayant aucune valeur commerciale. En troisième lieu, les chercheurs souhaitent porter la quantité d'huile que renferme la graine de 45 à plus de 50 %, objectif réaliste si l'on pense que d'autres graines comme le sésame contiennent 60 % d'huile. Enfin, les scientifiques de l'IBP‑CNRC désirent trouver comment modifier la composition de l'huile de canola. Leur espoir est que les phytogénéticiens sélectionnent des variétés donnant une huile plus saine et plus nutritive, ainsi que de nouvelles sortes d'huile destinées à un usage industriel comme la fabrication du nylon.

Des gènes au canola

Le canola doit sa nature particulière à un ensemble unique d'environ 40 000 gènes. Les chercheurs de l'IBP‑CNRC misent sur une approche systémique pour identifier ceux qui commandent le développement de la graine et déterminer quand ils interviennent. En recourant à diverses techniques de génomique, ils ont saisi des clichés moléculaires révélant les gènes actifs (ceux dont les caractères ont été exprimés) au cours de la cinquantaine de jours que durent les six stades cruciaux du développement de la semence, soit de la fécondation de l'ovule à la transformation de ce dernier en graine mature.

« Nous aimerions comprendre le fonctionnement de la graine en tant qu'usine de fabrication d'huile, de protéines et d'autres substances chimiques bénéfiques », reprend M. Keller.

Les scientifiques de l'IBP‑CNRC ont identifié les acides ribonucléiques (ARN) présents dans la graine à chaque stade de son développement. L'ARN est la molécule qui sert de messager entre l'ADN et la machinerie cellulaire qui fabrique les protéines. Une fois les ARN identifiés, les chercheurs n'ont qu'à remonter la piste pour découvrir la partie de l'ADN ou les gènes impliqués.

Grâce à ce travail, l'équipe de l'IBP‑CNRC a recensé plus de 10 000 gènes uniques au canola. Elle a aussi monté une bibliothèque unique au monde de plus de 250 000 séquences génomiques exprimées (SGE), c'est‑à‑dire de segments de gènes permettant aux chercheurs d'identifier un gène sans avoir à le décoder au complet, un peu comme on reconnaîtrait un ami à son nez.

Ce projet de longue haleine sur la génomique du canola servira de base à la genèse de nouvelles variétés par manipulation génétique. M. Adrian Cutler, chercheur de l'IBP‑CNRC, a déjà identifié un gène qui régule la production d'une hormone stéroïde affectant le taux de croissance de la plante.

Lorsque les gènes auront été identifiés, il faudra encore les modifier pour obtenir les caractéristiques voulues chez la graine. Pour cela, on fera appel à plusieurs techniques dont la duplication des gènes pour en accroître le degré d'expression et l'activation ou la désactivation des gènes à telle ou telle étape du développement, voire dans différents organes de la plante. Éventuellement, les chercheurs de l'IBP‑CNRC oeuvreront avec Agriculture et Agroalimentaire Canada ainsi que les producteurs de semences pour créer de nouvelles variétés commerciales.

La majeure partie du canola cultivé chaque année au Canada, d'une valeur approximative de 2,5 milliards de dollars, vient déjà de variétés génétiquement modifiées pour mieux résister aux herbicides. M. Keller croit néanmoins que la prochaine vague de la révolution biotechnologique des plantes, qui s'appuiera sur une meilleure connaissance du génome du canola, pourrait aboutir à la culture du canola pour la production de bien des choses, de l'huile d'olive des Prairies aux pièces d'automobile.

« La génomique ouvrira beaucoup plus de portes et des portes plus importantes que la première vague biotechnologique, affirme le chercheur. Il ne sera plus vraiment question de transférer le gène d'un organisme à un autre comme on l'a fait pour obtenir le canola résistant aux herbicides, mais bien de comprendre la génétique de l'espèce et de l'adapter pour que la mécanique moléculaire produise une huile plus saine, en quantité supérieure, à partir des gènes existants. »


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
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