ARCHIVÉ - Débusquer la maladie par l'information

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Le 06 septembre 2006— Ottawa (Ontario)

La population du Canada compte de plus en plus sur les services de santé publique pour surveiller de près une multitude de situations allant des foyers de maladies d'enfance en classe aux épidémies déclenchées par les terroristes. Heureusement pour les responsables de ces services, on peut désormais, grâce aux technologies de l'information, analyser une masse considérable de données médicales avec une efficacité sans précédent.

Recherche sur les virus en laboratoire.

Un nouveau système créé par le Conseil national de recherches avec le soutien financier de l'Initiative de recherche et de technologie CBRN (IRTC) de Recherche et développement pour la défense Canada vient d'ailleurs de rehausser encore plus les normes en la matière. En effet, les essais préliminaires indiquent qu'avec ce nouveau système, on aurait pu avertir beaucoup plus tôt la population de Walkerton, petite ville du sud de l'Ontario, quand la bactérie mortelle E. coli s'est infiltrée dans les réserves d'eau potable de la municipalité, en 2000, et ainsi réduire le nombre de personnes atteintes, voire sauver quelques vies durant cette période difficile.

Le système en question, baptisé ECADS, a été installé par le service de santé de Grey Bruce qui a pris en charge tous les cas, ou presque, de l'épidémie de Walkerton. Selon la Dre Hazel Lynn, médecin hygiéniste, ce qui se voulait au départ un projet de démonstration temporaire, à la fin de l'année, a finalement été intégré pour y rester, au réseau informatique qui relie les douze hôpitaux de la région.

« Son utilité est telle que nous ne pouvons plus nous en passer », explique-t-elle, ajoutant que le système lui a permis de suivre des cas locaux de varicelle et de parvovirus plus précisément que jamais. « La façon dont le système vous permet de voir ce qui se passe est absolument fantastique. »

Le Dr Richard Davies, cardiologue à l'Institut de cardiologie de l'Université d'Ottawa, n'en est pas surpris. Il pilotait l'équipe de chercheurs qui a développé cette technologie. Cette dernière, rappelle-t-il, avait d'abord été conçue pour étudier un ensemble de syndromes lié à la menace d'un attentat terroriste – d'où l'acronyme ECADS, pour Early CBRN (Chemical/Biological/Radiological/Nuclear) Attack Detection Surveillance ou système de surveillance pour la détection rapide d'une attaque chimique, biologique, radiologique ou nucléaire).

« Or, il se trouve que ces syndromes sont presque idéaux pour dépister les maladies infectieuses » poursuit le cardiologue. Il précise que le système pourrait aisément être perfectionné pour permettre l'étude d'affections chroniques comme le diabète et les cardiopathies, ainsi que de leur traitement, une analyse quasi impossible à partir des dossiers médicaux usuels.

Le logiciel d'exploitation libre à la base de cette approche a été élaboré vers la fin des années 1990 à l'Université de Pittsburgh. Par la suite, la société AMITA d'Ottawa l'a perfectionné dans le cadre d'un projet coordonné par le Conseil national de recherches. Laura Brown, agente de recherche principale et chef de groupe à l'Institut des biosciences marines du CNRC (IBM-CNRC), qui a supervisé la création du ECADS, estime que ce travail a aidé l'entreprise à concevoir un produit spécialisé qui répond plus qu'adéquatement aux intérêts publics.

« Une des forces du CNRC est sa gestion d'un programme multidisciplinaire de grande envergure capable de s'adapter à de multiples situations », estime-t-elle.

Le Dr Davies abonde dans son sens. Les membres de l'Institut de technologie de l'information du CNRC ont d'ailleurs contribué leur expertise pour élargir davantage les possibilités du ECADS. À l'en croire, le résultat n'est pas seulement une prouesse technique mais un véritable exploit administratif, car il a fallu obtenir la participation des gestionnaires des services de santé dans des contextes fort différents.

Il compare le potentiel du nouveau système à celui d'une étude classique à laquelle il a participé. Celle-ci portait sur l'administration de médicaments contre l'hypertension à 40 000 malades et a duré de nombreuses années. Quand il a tenté de voir avec la Dre Lynn comment le ECADS aurait contribué à la découverte du colibacille dans l'eau de Walkerton, il ne leur a fallu que quelques jours pour analyser une masse d'informations beaucoup plus abondante. « L'exploration des données en profondeur par l'ordinateur nous a permis de classer près de 400 000 cas dans les salles d'urgence afin d'extraire l'information dont nous avions besoin, affirme-t-il. La puissance du système est phénoménale. »

Tandis que la démonstration de cette puissance se poursuit à certains endroits comme Grey Bruce et Kingston, on s'attend à ce que le ECADS retienne l'attention des autorités médicales ailleurs et nous aide éventuellement à éviter d'autres tragédies telle celle qui a secoué Walkerton.


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
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