ARCHIVÉ - L'entreprise dérivée du CNRC Novadaq voit son dispositif chirurgical approuvé par la FDA

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Le 05 avril 2005— Ottawa (Ontario)

Imaginez un chirurgien cardiologue regardant le sang circuler dans le coeur et les artères de son malade pendant qu'il effectue un pontage de l'artère coronaire. La circulation est bloquée? Il y a une fuite? Aucun problème. La situation est résolue en un tournemain sur la table d'opération.

Dispositif peropératoire SPY : système d'imagerie laser sur bras articulé. Il peut être stérilisé puis placé au-dessus du patient quand le chirurgien veut voir ou photographier la greffe
Dispositif peropératoire SPY : système d'imagerie laser sur bras articulé. Il peut être stérilisé puis placé au-dessus du patient quand le chirurgien veut voir ou photographier la greffe

Grâce à Novadaq, entreprise privée canadienne née du Conseil national de recherches, cette scène deviendra bientôt chose courante. En effet, la FDA (la Food and Drug Administration américaine) vient d'autoriser Novadaq à commercialiser son système d'imagerie peropératoire (pendant une opération) SPY pour les pontages aorto-coronariens aux États-Unis. Cette technique est déjà en usage au Canada, au Japon et en Europe.

Le pontage aorto-coronarien suppose le prélèvement d'artères à d'autres endroits du corps pour remplacer par une greffe celles du coeur qui ont été bloquées. Selon l'American Heart Association, on procède à environ 400 000 opérations de ce genre chaque année aux É.‑U., soit la moitié des pontages effectués dans le monde. À titre de comparaison, près de 25 000 Canadiens ont subi un pontage aorto-coronarien en 2000.

Ces chiffres devraient néanmoins augmenter, car 40 % des Canadiens souffriront d'une cardiopathie ou d'un accident vasculaire cérébral durant leur vie. Actuellement, les maladies du coeur expliquent un décès sur trois au pays, si l'on en croit la Fondation des maladies du coeur du Canada.

La sanction de la FDA autorise Novadaq à offrir son système d'imagerie SPY sur le plus vaste marché au monde, ce qui place automatiquement l'entreprise sur la carte de l'industrie internationale du diagnostic médical.

« Nous nous sommes attachés à développer l'utilité clinique de la technologie dans des centres avant-gardistes comme le Sunnybrook Health Centre de Toronto, où l'on s'en sert déjà depuis plusieurs années », explique Mary Kay Baggs, vice-présidente aux ventes et au marketing en cardiologie de Novadaq. « Puisque que nous avons reçu le feu vert des organismes de réglementation, nous nous concentrerons désormais sur notre réseau commercial afin de prendre de l'expansion sur les marchés nord-américain et européen. »

« Cette technologie est la plus simple et la plus rapide qui soit pour vérifier si le pontage a réussi ou pas », poursuit-elle. La greffe est un échec dans environ cinq pour cent des cas, ce qui peut entraîner un infarctus du myocarde, l'hémorragie et occasionnellement la mort.

John Docherty a mis au point la technologie à la base du système d'imagerie SPY avec l'étudiant de deuxième cycle Rick Mangat lorsqu'il était encore agent de recherche à l'Institut du biodiagnostic du CNRC (IBD-CNRC). Le duo a découvert qu'on peut suivre le vert d'indocyanine (VIC), un colorant inoffensif, dans le système circulatoire au moyen d'un faisceau laser (voir photo). On injecte le VIC au patient par une canule d'accès veineux et le colorant se fixe (temporairement) aux cellules sanguines, ce qui permet d'en suivre la progression.

Le fort pourcentage d'échecs lors d'un pontage explique l'apparition de diverses techniques d'imagerie qui permettent d'établir la solidité de la greffe pendant l'opération. Aucune de ces méthodes n'a toutefois été adoptée de manière universelle.

L'angiographie aux rayons X reste l'approche privilégiée pour vérifier la greffe. Une radiographie montre le sang circuler dans le coeur après l'opération. Cependant, on n'y recourt pas de manière systématique, car l'équipement est rarement disponible dans la salle d'opération, des précautions doivent être prises pour protéger le personnel contre les rayonnements et la durée de l'intervention s'en trouve allongée.

Photographie du coeur coloré au VIC prise par le système d'imagerie SPY
Photographie du coeur coloré au VIC prise par le système d'imagerie SPY

L'échocardiographie Doppler consiste à appliquer une sonde ultrasonore directement sur le coeur pour montrer la greffe aux ultrasons. La sonde est pourvue d'un microphone qui mesure la vélocité du sang, indiquant au chirurgien s'il circule bien dans le vaisseau qui vient d'être greffé.

La taille de la sonde et la faible portée des ultrasons compliquent toutefois l'évaluation des greffes aux endroits difficiles à rejoindre. De plus, la calcification du tissu, les lésions et les circonvolutions des vaisseaux obscurcissent parfois l'image.

Le débitmètre à temps de transit (DTT) mesure la circulation en envoyant des signaux ultrasonores dans le vaisseau greffé. Le signal émis par un transducteur situé au-dessus de l'artère rebondit sur un réflecteur acoustique placé en dessous avant d'être capté par un second transducteur.

Malgré sa grande sensibilité, il arrive que le DTT surestime la défaillance d'une greffe, surtout quand le sang circule lentement. Un article scientifique suggère qu'en combinant le DTT au système d'imagerie SPY de Novadaq, le chirurgien obtiendrait le tableau le plus complet de la résistance de la greffe durant l'opération.

M. Docherty a quitté le CNRC en novembre 2000 pour perfectionner un prototype de la technologie SPY. Il a franchi les premiers obstacles de la réglementation au Canada et en Europe en 2001. À présent, il continue de conseiller Novadaq alors que M. Mangat, son ancien étudiant, est vice-président à l'exploitation de l'entreprise.

La cardiologie n'est qu'un premier pas pour la technologie SPY de Novadaq, car on peut s'en servir pour voir le sang circuler dans toutes les parties du corps. Au dire de Mme Baggs, l'entreprise est en train d'acquérir une technologie sous licence de l'Université John Hopkins qui permettra de diagnostiquer et soigner la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA).

Parmi les autres applications envisagées pour le système d'imagerie SPY, mentionnons le traitement de la rétinopathie diabétique, autre maladie fréquente de l'oeil, et la surveillance des greffes d'organes. Novadaq projette d'obtenir l'autorisation des organismes de réglementation pour ces applications à mesure qu'elle prendra de l'expansion.

Ian Smith, directeur général de l'IBD-CNRC, replace les réalisations de Novadaq dans leur contexte national.

« Le succès de Novadaq illustre parfaitement un passage réussi du laboratoire au lit du malade. Cette simple procédure a garanti le succès de centaines de pontages. Novadaq a montré à la planète entière ce que le Canada peut réaliser lui aussi! »


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