ARCHIVÉ - Contrer la menace du SRAS

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Le 05 novembre 2005— Ottawa (Ontario)

Les chercheurs du CNRC s'affairent à approfondir la connaissance des maladies infectieuses, comme le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), et à perfectionner les méthodes visant à mieux les combattre. Même si le SRAS cette maladie est en dormance à l'heure actuelle, il demeure que le monde entier craint une autre flambée de cette maladie. Durant la dernière année, deux équipes distinctes du CNRC ont accompli des progrès dans la lutte contre le SRAS, l'aboutissement de stratégies totalement différentes : dans un cas, en misant sur des outils issus de la biotechnologie, dans l'autre cas, en faisant appel aux mathématiques.

Chercheur du CNRC travaillant à appliquer des outils de modélisation mathématique pour mieux saisir dans quelles circonstances l'isolement et la quarantaine se révèlent plus efficaces contre le SRAS.
Chercheur du CNRC travaillant à appliquer des outils de modélisation mathématique pour mieux saisir dans quelles circonstances l'isolement et la quarantaine se révèlent plus efficaces contre le SRAS.

Les maths au service de la lutte contre le SRAS

Si vous avez visité un hôpital au printemps de 2003, vous vous rappellerez avoir fait la queue afin de eépondre à qu questionnaire visant à dépister le SRAS. S'il devait survenir une autre flambée, la même procédure serait fort probablement observée. Comme on ne dispose toujours pas d'un vaccin ou d'un outil efficace de diagnostic rapide, l'isolement (dans le cas des patients présentant des symptômes du SRAS) et la quarantaine (dans le cas des patients ayant un lien avéré avec le virus du SRAS) demeurent les meilleurs outils pour limiter la transmission du virus.

Des chercheurs en sciences de la vie du CNRC à Winnipeg font partie de l'équipe canadienne qui a appliqué des outils de modélisation mathématique pour mieux saisir dans quelles circonstances l'isolement et la quarantaine se révèlent plus efficaces. L'objet de cette recherche est d'aider les autorités sanitaires publiques à prendre des décisions quand le système de santé publique est à bout de souffle ou si aucun vaccin n'a été mis au point.

En analysant des données compilées durant la flambée, l'équipe en est venue à la conclusion qu'une fois que la flambée de SRAS a commencé à Toronto, les questionnaires de dépistage (largement utilisé à différents points d'entrée au pays et dans les établissements de santé) ont eu peu d'impact sur la rapidité de propagation de la maladie. Par ailleurs, des simulations utilisant les mêmes données ont montré que la mise en oeuvre en temps opportun d'un programme d'isolement peut agir de façon marquée sur l'envergure et la durée d'une flambée. Par exemple, si les autorités avaient attendu aussi peu que cinq jours additionnels avant de mettre en quarantaine et d'isoler les personnes susceptibles d'être atteintes du SRAS, il y aurait eu 16 autres décès. Au bout du compte, les chercheurs conviennent que l'isolement des personnes présentant des symptômes du SRAS, moyennant des prescriptions hygiéniques sévères, peut faciliter l'exercice d'un contrôle efficace dans une collectivité et même éradiquer la maladie, pourvu qu'il n'y ait pas de nouvelles admissions de personnes non détectées infectées par le SRAS.

La structure des protéines

Les chercheurs en biotechnologie du CNRC à Montréal s'attaquent aussi au SRAS. À l'aide de techniques informatiques de prévision et de modélisation, l'équipe a conçu un modèle de la structure de la protéine sur laquelle mise le virus du SRAS pour se répliquer – la protéine SARS PLpro. Les protéines jouent un rôle extrêmement important dans tous les organismes. Règle générale, elles se chargent de toutes les fonctions essentielles à leur survie.

Bien que l'identification des protéines constitue la première étape, il demeure qu'il faut bien comprendre leur structure physique pour en apprendre davantage à propos de leur fonction, une tâche dont l'équipe s'est acquittée en utilisant des techniques informatiques de modélisation. Elle a été ainsi en mesure de puiser dans ses vastes connaissances d'un autre groupe de protéines apparentées, les protéases à cystéine, pour l'aider à découvrir une fonction nouvelle et inattendue de la protéine SARS PLpro. Le modèle a révélé que la protéase virale imitait peut-être la fonction des enzymes présents dans l'hôte humain, à savoir la désubiquitination des enzymes. Cette possibilité a plus tard été confirmée par des chercheurs du CNRC.

La science à l'oeuvre pour le CanadaLa science à l'oeuvre pour le Canada
Rapport annuel 2004-2005 du CNRC

Une sélection d'histoires de réussites du CNRC et l'impact de celles-ci sur la vie des Canadiennes et des Canadiens vous est présentée dans le rapport annuel.
Nous vous invitons à parcourir nos réussites!

L'ubiquitination est un processus important qui intervient dans la régulation de plusieurs grandes fonctions cellulaires. Le processus, objet du prix Nobel de chimie en 2004, concerne l'ajout d'une protéine – l'ubiquitine – qui, lorsqu'elle est présente, transmet le message suivant : la protéine ubiquitinée a achevé son travail et doit être éliminée ou « dégradée ». Selon le modèle du CNRC, l'enzyme SARS PLpro, en plus de faciliter la réplication du virus, peut aussi inverser le processus d'ubiquitination. Cette constatation a soulevé de nombreuses questions importantes à propos de la capacité de désubiquitination des protéines de cet enzyme et, en conséquence, d'interférence dans des fonctions cellulaires importantes. Est-ce que ce phénomène explique pourquoi le virus du SRAS sait éviter avec autant d'efficacité les moyens de défense des cellules? Cette découverte pourrait donner naissance à de nouvelles stratégies de développement de médicaments antiviraux contre le SRAS et d'autres virus apparentés.


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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