ARCHIVÉ - Le troisième oeil des pilotes d'hélicoptère

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Le 03 août 2003— Ottawa (Ontario)

Si la conduite d'une voiture s'avère périlleuse dans la neige ou le brouillard, le pilotage d'un hélicoptère dans les mêmes conditions est tout simplement dangereux. Les fils, les arbres et les collines peuvent mettre en péril les appareils qui volent à basse altitude, surtout quand la visibilité est mauvaise. En outre, les hélicoptères qui participent aux missions de recherche, de sauvetage et d'évacuation luttent souvent contre les intempéries.

hélicoptère
Légende : Lorsque la visibilité est mauvaise, un hélicoptère en vol stationnaire peut dériver vers des arbres ou d'autres objets sans que son pilote ne le réalise.

Depuis trois ans, l'Institut de recherche aérospatiale du Conseil national de recherche du Canada (IRA-CNRC) met à l'essai un radar efficace malgré les pires sautes d'humeur de Dame Nature. Le système de détection des obstacles OASys (Obstacle Awareness System) est un radar à ondes millimétriques conçu par Amphitech International, une entreprise de Montréal. Le radar OASys comble certaines lacunes des autres systèmes de détection au laser. « La vision humaine et le laser posent les mêmes problèmes », affirme Stephan Carignan, pilote d'essai de l'IRA-CNRC. « L'eau, le brouillard et les nuages réduisent leur portée. »

Contrairement au laser, le radar OASys fonctionne malgré les pires intempéries. Le système envoie une impulsion qui frappe les obstacles et revient vers le radar, facilitant ainsi la localisation des « points d'impact ». Le radar OASys détecte des objets situés jusqu'à deux kilomètres de l'appareil. Le pilote reçoit un avertissement de huit à seize secondes, selon le degré de risque ou la distance de l'obstacle.

Amphitech a conçu le radar OASys au moyen de l'aide finacière du Programme d'aide à la recherche industrielle du CNRC (PARI-CNRC), lequel a également permis d'aiguiller l'entreprise vers l"IRA-CNRC au moment de toruver un endroit où faire des vols d'essai.

Lors des vols d'essai, les pilotes de l'IRA-CNRC ont aidé Amphitech International à ajuster précisément l'algorithme complexe qui régit la détection des obstacles et la réponse du radar. « Au début, nous survolions des villes, et le radar détectait les toits comme des obstacles, car ils sont bien définis et plats », raconte Stephan Carignan. « En trajectoire d'approche, le radar signalait une collision imminente avec le sol; évidemment, j'étais sur le point d'atterrir. »

Grâce aux commentaires de l'IRA-CNRC, Amphitech International a modifié l'algorithme du radar et corrigé les dernières imperfections. Le système utilise la vitesse de l'appareil, sa trajectoire, son altitude et d'autres indicateurs pour en déduire la destination; il analyse ensuite les obstacles dans cette direction. Il modifie continuellement la zone d'alerte selon les mouvements de l'hélicoptère. « Si l'appareil tourne à droite, le système détermine une nouvelle destination, et la zone d'alerte est déplacée vers la droite », précise Stephan Carignan.

La transmission des avertissements au pilote constituait l'une des principales étapes des essais. « La détermination d'un obstacle est essentielle, mais il faut aussi afficher cet obstacle afin que le pilote puisse le localiser », souligne Stephan Carignan. Amphitech International a fait appel à l'entreprise CMC Technologies pour concevoir le dispositif d'affichage. Un écran installé dans le tableau de bord de l'hélicoptère allume une série d'indicateurs pour montrer si l'obstacle est large (une colline) ou haut (une tour ou un arbre). Le pilote entend également un signal sonore qui devient de plus en plus puissant à mesure que l'obstacle se rapproche.

Le radar OASys
Légende : Le radar OASys installé à bord d'un hélicoptère de recherche Bell 412.

Le radar OASys est principalement destiné aux hélicoptères médicaux d'urgence; toutefois, il pourrait aussi servir à des fins militaires. Non seulement le radar joue le rôle de troisième oeil pour les pilotes, mais il pourrait devenir un système visuel pour les appareils télécommandés. Les véhicules aériens télépilotés sont de plus en plus utilisés pour les missions dangereuses en temps de guerre ou pour les tâches longues et fastidieuses, comme le survol à orbite basse des avions satellites pendant des semaines.

« Les véhicules aériens télépilotés sont la nouvelle génération d'appareils », explique Stephan Carignan. « Actuellement, les concepteurs tentent d'intégrer l'utilisation du radar à ondes millimétriques comme système visuel. »

Le radar OASys n'est toutefois pas bon marché; il coûte environ 100 000 $ par appareil. Selon Stephan Carignan, le prix n'est pas si élevé comparativement au coût d'un hélicoptère (c.-à-d. entre 2 000 000 $ et 6 000 000 $. « Pour la plupart des escadres, le sauvetage d'un hélicoptère en dix ans rentabilisera le radar », conclut-il.


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