ARCHIVÉ - La tragédie du World Trade Center prouve l'importance des exercices d'évacuation

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Le 03 août 2003— Ottawa (Ontario)

Malgré la terrible nature de la tragédie du World Trade Center, cet événement a eu de bons côtés : la quasi-totalité des personnes qui pouvaient évacuer les lieux ont réussi à quitter les deux tours.

Le World   Trade Center le 11 septembre 2001.
Le World Trade Center le 11 septembre 2001

Près de 3 000 personnes ont perdu la vie le 11 septembre 2001 au World Trade Center; pourtant, la grande majorité des personnes qui pouvaient évacuer les lieux ont réussi à le faire. « Quand vous considérez le nombre de morts, il semble tout à fait incroyable d'affirmer que la procédure d'évacuation s'est avérée un succès », raconte Guylène Proulx de l'Institut de recherche en construction du CNRC (IRC-CNRC).

Guylène Proulx appuie ses conclusions sur une analyse de contenu des comptes rendus personnels de l'évacuation qu'elle a amassés avec une collègue américaine. Les histoires des survivants proviennent de la télévision, de la radio, d'entrevues, de journaux, d'articles de revue, de sites Web et même de courriers électroniques personnels transmis aux chercheurs.

Cette analyse cherche à déterminer quels signaux ont poussé les occupants à quitter les lieux et comment les évacuations se sont déroulées. « Nous avons examiné un certain nombre d'incendies dans des immeubles hauts et bas au Canada pour savoir ce qui survient lors d'un incendie, comment les gens constatent la présence d'un incendie, de quelle manière les occupants analysent les renseignements reçus et leur comportement quand ils se rendent compte qu'il s'agit d'une urgence », explique Guylène Proulx. « Nous cherchons des façons de réduire le temps entre la constatation des faits et la décision d'évacuer les lieux. »

Le 11 septembre, seulement le quart des travailleurs du World Trade Center se trouvaient à l'intérieur des tours au moment des collisions. « C'était un jour d'élection dans la ville de New York. Il s'agissait de la première journée des écoles primaires; beaucoup de parents étaient avec leurs enfants. En outre, bien des gens commençaient à travailler à 9 h 30 puisque les activités de la bourse ne débutaient pas avant 10 h 00. Il n'y avait aucune raison d'arriver au travail à l'avance », relate Guylène Proulx.

« Quand l'un des appareils a percuté la première tour, la plupart des occupants ont senti l'immeuble trembler », rapporte Guylène Proulx. « Les huit étages sous le point d'impact ont subi des dommages importants : des dalles de plafond, des accessoires d'éclairage et des câbles sont tombés par terre; des planchers surélevés se sont affaissés; des murs se sont effondrés; des portes se sont coincées dans leur cadre. Il y avait de la fumée et de la poussière partout. »

« Il semble que les occupants aient décidé très rapidement d'évacuer les lieux. Pourtant, peu de gens se sont dirigés immédiatement vers les escaliers », poursuit Guylène Proulx. « Presque tous les gens qui ont raconté leur histoire sont retournés dans leur bureau prendre leur manteau, leur portable, leur cellulaire ou leur ordinateur de poche en pensant ne pas revenir au travail avant un certain temps. » Plusieurs personnes ont consulté des collègues. À un étage, une vingtaine de personnes se sont rassemblées dans la salle de conférence pour discuter de la situation pendant 40 minutes environ.

« La panique ne régnait pas; les gens étaient très détendus », soutient Guylène Proulx. « Certains occupants faisaient des blagues pour détendre l'atmosphère. Dans la première tour, personne n'était au courant de l'attaque sur la deuxième tour. Les gens se sont rendu compte de la situation lorsqu'ils sont descendus jusque dans le hall et ont constaté le degré de destruction. »

Pendant ce temps, dans la deuxième tour, bien des occupants pouvaient voir des boules de feu et des débris tomber et des gens se précipiter des étages supérieurs. « Un grand nombre de gens ont décidé d'évacuer les lieux immédiatement. Ils ne se sentaient pas menacés, mais souhaitaient quitter l'immeuble », déclare Guylène Proulx.

Quelques instants avant la deuxième collision, un message informait les occupants de la situation dans la première tour et leur demandait de demeurer en sécurité, à l'intérieur de la deuxième tour. « Le message diffusé à cet instant était tout à fait correct », souligne Guylène Proulx. « Les responsables souhaitaient évacuer l'immeuble méthodiquement. Ils ne voulaient pas que les occupants quittent l'immeuble et soient tués par des débris de la première tour. Heureusement, la plupart des personnes qui avaient commencé à quitter les lieux n'ont pas obéi à ce message. »

Après la tragédie, la majorité des victimes se trouvaient sur les étages au-dessus des points d'impact. « Dès le début, rien n'aurait pu sauver ces personnes », précise Guylène Proulx. Environ 500 sauveteurs ont également perdu la vie. Sous les points d'impact, « 76 civils sont décédés. Un grand nombre de ces personnes se trouvaient dans des ascenseurs au moment des collisions ». Étonnamment, la quasi-totalité des personnes handicapées ont été évacuées.

« Cette tragédie souligne notamment l'importance de la préparation », signale Guylène Proulx. « Avant l'attentat à la bombe de 1993, peu d'exercices d'évacuation étaient réalisés dans les tours du World Trade Center. Après cet événement, de tels exercices sont devenus communs. Chaque locataire possédait une équipe d'urgence pour s'assurer de l'évacuation de tous les gens. Tous les occupants connaissaient l'emplacement des escaliers. Du matériel photoluminescent éclairait les cages d'escaliers afin que les gens puissent trouver leur chemin. Cette préparation a porté ses fruits le 11 septembre. »

Guylène Proulx et sa collègue espèrent étendre leurs connaissances dans le cadre d'une nouvelle étude financée par le National Institute of Standards and Technology des États-Unis qui prévoit des entrevues avec des survivants de cette tragédie. En ce qui concerne les futurs plans de recherche, « nous aimerions connaître les conséquences de cet événement sur les personnes qui travaillent ou vivent dans des immeubles hauts. Comment perçoivent-ils leur sécurité aujourd'hui? Quelle serait leur réaction en cas d'urgence? Les gens sont-ils toujours prêts à vivre dans de telles constructions? Faut-il revoir la conception des immeubles pour améliorer les procédures d'évacuation? »


Renseignements : Relations avec les médias
Conseil national de recherches Canada
613-991-1431
media@nrc-cnrc.gc.ca

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