Une étoile pour chaque saison

Ken Tapping, le 8 mars 2016

Dans le ciel cette semaine…

  • Jupiter se lève peu après le coucher du Soleil, suivie de Mars à 1 h et de Saturne à 2 h.
  • Vénus apparaît à 6 h, dans les feux du levant.
  • Nouvelle lune le 8 et le premier quartier le 15.

Il suffit d'être le moindrement observateur pour se rendre compte que le ciel change au gré des saisons. Si les étoiles du printemps nous éclairent le soir, les hérauts de l'été sont au rendez-vous au petit matin. Observer les étoiles apporte une tout autre perspective au passage des saisons, qui est attribuable à la rotation qu'effectue la Terre chaque jour sur elle-même et chaque année autour du Soleil. Comme l'hémisphère qui n'est pas éclairé est toujours dos au Soleil, le ciel nocturne devient une fenêtre mobile sur le cosmos, tandis que la Terre glisse sur son orbite.

Au fil de sa rotation quotidienne, la Terre nous fait alterner entre sa face éclairée, le jour, et sa face sombre, la nuit. Aussitôt que le Soleil disparaît sous l'horizon, les étoiles s'allument dans le ciel. La nuit, nous avons l'impression que le ciel file vers l'ouest, les levers et les couchers d'étoiles se succédant sans fin. Le spectacle s'interrompt lorsque le Soleil revient dans notre lucarne et que sa lumière surpasse celle des autres astres. C'est le lent changement de l'orientation du globe terrestre plongé dans l'obscurité qui nous donne l'impression que les étoiles se lèvent et se couchent chaque jour quatre minutes plus tôt, laissant à de nouvelles constellations la chance d'émerger lentement avant le lever du Soleil. C'est ainsi que les constellations qui agrémentent le ciel la nuit changent au gré des saisons. Peu importe le moment de l'année, les constellations se succèdent toutes les six heures. Au printemps, les constellations visibles à 21 h auront été remplacées par les constellations de l'été à 3 h. Celles de l'automne suivront à 9 h, mais la brillance du Soleil les éclipsera alors.

Certaines constellations renferment une ou deux étoiles très brillantes, qui apparaissent dans le ciel juste avant le changement de saison. Lorsque l'hiver traîne en longueur, on ne peut que se réjouir de voir apparaître le signe annonciateur du printemps dans le ciel. Ce héraut est Arcturus, une étoile dorée brillante dans la constellation du Bouvier. On peut la voir à l'est ces jours-ci. Au mi-temps du printemps, elle sera située haut dans le ciel.

À la fin du printemps, il faudra chercher le messager de l'été, Antarès, au sud-est. Cette géante rouge brille avec éclat dans le Scorpion. À l'été, elle est située bas dans le ciel au sud, migrant vers le sud-ouest plus l'été tire à sa fin. Elle sera remplacée par Fomalhaut, une étoile modérément brillante visible au sud-est, dans une région peu dense où elle est facilement repérable.

Pour une raison qui nous échappe, les constellations de l'automne sont associées au royaume aquatique. Fomalhaut est l'étoile alpha de Piscis Austrinus, le « poisson austral », qui voisine le Capricorne (chimère mi-chèvre mi-poisson), Aquarius (le verseau), les Poissons (deux poissons), Cetus (la baleine), Delphinus (le dauphin) et Eridanus (la rivière). Tôt le matin, Hydra (un monstre marin) s'ajoute à la galerie. Piscis Austrinus est la seule constellation possédant une étoile de grande magnitude.

Aux derniers jours de l'automne, les constellations ternes cèdent la place aux constellations éclatantes de l'hiver, dont l'arrivée est annoncée par un cortège d'étoiles brillantes. À l'est se trouvent les Pléiades, qui ressemblent à un collier de perles négligemment posé sur un écrin noir, et Aldébaran, étoile rougeâtre voisine qui forme l'œil du Taureau. Avec le temps, Bételgeuse, l'étoile rouge qui marque l'épaule d'Orion, fait son apparition. Le véritable héraut de l'hiver s'avère néanmoins Sirius, étoile d'un blanc bleuté la plus éclatante du ciel. Avec des jumelles, on peut la voir briller de tous ses feux, tel un diamant dans le ciel hivernal. Pour l'instant, le spectacle est donné par Arcturus, à l'est, mais n'ayez crainte, le printemps est bien à nos portes.

Ken Tapping est astronome à l'Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

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