Flux solaire à 10,7 en Europe et ailleurs

Ken Tapping, le 16 décembre 2015

Dans le ciel cette semaine…

  • Vénus brille avec intensité avant l’aube.
  • Jupiter se trouve au-dessus et luit avec presque autant d’éclat.
  • Mars, beaucoup moins lumineuse, se trouve entre les deux.
  • La Lune entrera dans son premier quartier le 18.

Il y a près de 70 ans, Arthur Covington, chercheur au CNRC, a mis sur pied un programme pour mesurer l’activité solaire. L’activité mesurée, qui est connue internationalement comme le flux radio solaire à 10,7 cm (ou simplement F10,7), sert à toute la communauté touchée de près ou de loin par l’activité du Soleil. Les mesures sont désormais effectuées par l’Observatoire fédéral de radioastrophysique du CNRC, près de Penticton, en Colombie-Britannique. Comme les infrastructures de transport, de distribution de l’énergie et de télécommunications modernes sont de plus au cœur de nos activités, notre dépendance à leur égard ne fait que s’accroître.

Il y a quelques jours, j’ai assisté à une réunion parrainée par l’Agence spatiale européenne, à Ostende, en Belgique, sur la météorologie spatiale. La « météorologie spatiale » s’intéresse aux phénomènes qui se produisent dans la haute atmosphère sous l’effet du rayonnement solaire. J’y ai fait un exposé sur les applications possibles du F10,7 dans nos activités en pleine expansion. Le Soleil influe sur de nombreux aspects de nos vies, causant notamment des pannes d’électricité et de services de télécommunications, des risques d’irradiation sur les routes aériennes polaires et des perturbations dans les missions spatiales, en plus d’accélérer la corrosion des pipelines. Nous avons pu constater l’importance croissante de ces données d’origine canadienne lors de la réunion. La salle était pleine à craquer et les questions ont fusé jusqu’à ce que le président mette fin à la discussion pour pouvoir passer aux autres points à l’ordre du jour. Pour nous qui menons le programme au quotidien, il est facile de perdre de vue le rôle crucial des données que nous produisons pour la vie moderne à l’échelle de planétaire. Il est aussi facile d’oublier que nous perpétuons le travail de pionnier effectué par Arthur Covington et son équipe.

Le 21 décembre à 23 h 48 (HE), ou 20 h 48 (HP), le Soleil atteindra le point le plus septentrional de son orbite – ce qui marquera le solstice d’hiver. C’est l’époque où l’intervalle entre le lever et le coucher du Soleil est le plus court et que les heures d’obscurité sont les plus longues. À partir de ce point, le Soleil poursuit sa route vers le nord, se levant un peu plus tôt chaque jour et se couchant un peu plus tard chaque soir. Comme un mouvement de balancier, les changements se font très doucement au début, puis s’accélèrent et prennent de l’ampleur. Le nombre d’heures de clarté change le plus rapidement aux alentours du 21 mars et du 21 septembre, soit à l’équinoxe du printemps et à l’équinoxe de l’automne. À ces dates, le Soleil croise l’équateur céleste et le jour et la nuit sont de même durée. La période de deux ou trois mois autour du solstice d’hiver nous procure de longues nuits très sombres, parfaites pour scruter le firmament. Si vous possédez des jumelles, il y a au moins trois objets célestes que vous devriez admirer.

En cherchant au sud, vous trouverez une étoile brillante d’un blanc bleuté vraiment trop éclatant pour que l’on puisse la manquer. Elle scintille de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Cette étoile est Sirius. Il s’agit d’une étoile blanc-bleu ordinaire à un peu plus de huit années-lumière de la Terre. Le spectacle en technicolor qu’elle offre est causé par l’atmosphère et la position de l’étoile par rapport à notre planète, mais il n’en est pas moins éblouissant. Admirez-la avec vos jumelles, puis voyez ce qui se passe si vous déréglez légèrement la mise au point. Déplacez ensuite votre regard vers le haut et vers la droite : vous y verrez trois étoiles alignées qui forment le baudrier d’Orion. Descendez vers l’endroit où se trouverait l’épée du chasseur pour voir un petit nuage argenté. Il s’agit de la nébuleuse d’Orion, la pépinière d’étoiles la plus proche de nous. Un peu plus haut et sur la droite se trouvent les Pléiades, dites les sept sœurs. À l’œil nu, cet astérisme ressemble à un collier de perles qu’aurait négligemment laissé tomber une déesse. À travers des jumelles, on dirait des centaines de diamants répandus sur du velours noir. La lueur argentée visible à certains endroits provient des gaz cosmiques illuminés par les étoiles qui les traversent lentement. Une fois lancé, qui sait ce que vous allez découvrir?

Ken Tapping est astronome à l'Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

Tél. : 250-497-2300
Téléc. : 250-497-2355
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