Un télescope for Noël

Ken Tapping, le 3 décembre 2014

Dans le ciel cette semaine…

  • Jupiter se lève vers 22 heures.
  • Mars se fond toujours dans les lueurs du couchant bas à l'horizon.
  • La Lune sera pleine le 6.

Cette année encore, nous sommes nombreux à chercher quoi offrir à l'astronome de la famille pour Noël. S'il s'agit d'une personne possédant un minimum d'expérience dans ce domaine, elle aura sûrement donné des indices sur l'objet convoité. Dans le cas d'un astronome en devenir toutefois, les quelques suggestions et conseils ci-dessous pourraient s'avérer utiles.

Le tout premier instrument de l'astronome amateur devrait être de bonnes jumelles. Faciles à utiliser, les jumelles combinent un faible pouvoir de grossissement à une grande capacité de collecte de la lumière, ce qui permet de contempler la Voie lactée, les amas d'étoiles et les comètes, de même que les satellites de Jupiter et les principaux détails de la surface lunaire.

Comme les deux télescopes qui composent les jumelles sont soudés en parallèle, ils pointent exactement dans la même direction. Pour que les tubes soient courts et plus facilement maniables, on utilise des prismes pour d'abord inverser la trajectoire du faisceau lumineux, puis rétablir la trajectoire originale. La grande lentille, appelée objectif, capte la lumière et la concentre pour former une image au fond du tube. Une autre lentille, appelée oculaire, permet de voir l'image formée. Pour éviter les distorsions et les franges de fausses couleurs autour des images, les objectifs et les oculaires comportent plusieurs lentilles fabriquées dans différents types de verre.

Les jumelles sont catégorisées par deux nombres : le premier indique le pouvoir de grossissement et le second, le diamètre de l'objectif, en millimètres. La plupart des objets dans le ciel sont peu lumineux; il faut donc capter le plus de lumière possible pour les voir. Toutefois, plus les objectifs sont gros, plus ils sont lourds. C'est pourquoi pour une utilisation ordinaire, des jumelles ayant un objectif de 50 mm sont un bon compromis entre la capacité de collecte de lumière et le poids. Ces jumelles captent environ 50 fois plus de lumière qu'un œil humain adapté à la noirceur. Par ailleurs, le grossissement ne fait pas qu'agrandir la taille des images, il amplifie aussi les effets des tremblements de la main, ce qu'on veut éviter. Pour l'astronomie d'observation, des jumelles 7×50 ou 10×50 conviennent donc parfaitement.

Si l'astronome sur votre liste possède déjà des jumelles, vous songez peut-être à lui offrir un télescope, outil incontournable de l'astronomie. L'objectif du télescope peut être composé d'une lentille ou d'un miroir, de toute taille, qui sert à collecter le plus de lumière possible émise par des objets peu lumineux et lointains. Malgré le fait qu'il existe des télescopes amateurs dotés d'objectifs de 50 cm de diamètre, on trouve le plus souvent des instruments dans la fourchette de 10 à 20 cm. Il existe par ailleurs toute une gamme d'accessoires pour télescopes. Pour l'œil nu, on trouve des oculaires adaptables offrant des pouvoirs de grossissement différents. On peut également coupler le télescope à un appareil photo ou à d'autres instruments tels qu'un photomètre ou un spectromètre. Puisque les télescopes utilisés pour faire de l'observation sont trop lourds pour être tenus à la main, il faut posséder un support solide. La monture doit de plus être facile à bouger et à orienter et offrir une grande stabilité lorsqu'on regarde dans l'objectif. Il existe aussi des télescopes programmables, qui ont une monture assistée permettant de trouver automatiquement l'objet à observer. Il faudrait écrire un livre pour traiter de tous les télescopes et accessoires qui existent. On en trouve, et parmi ceux-ci, je vous recommande Nightwatch de Terence Dickinson.

En choisissant bien son équipement, on peut s'assurer des années de plaisir à contempler le ciel. Par contre, un instrument mal adapté aux besoins se transforme souvent en ramasse-poussière encombrant et coûteux. Si vous ne vous y connaissez pas, faites-vous conseiller par des experts. Rendez-vous dans la boutique d'articles scientifiques de votre quartier pour vous faire bien conseiller. Essayez différents modèles de jumelles ou de télescopes. Il ne devrait pas y avoir de frange de couleurs fausses et les images devraient être nettes. Oubliez la période d'adaptation à l'utilisation de jumelles, c'est un mythe. N'achetez pas d'instruments que vous ne réussissez pas à régler pour obtenir une vision parfaitement confortable. S'il n'y a pas de boutique à vocation scientifique près de chez vous, adressez-vous au club d'astronomie local. Enfin, sachez qu'il n'y a rien de plus agréable que d'explorer la voûte étoilée par temps clair à l'aide de bonnes jumelles ou d'un bon télescope. Il vaut la peine de bien choisir l'instrument que vous offrirez.

Ken Tapping est astronome à l'Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

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Téléc. : 250-497-2355
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