Les Perséides de 2014

Ken Tapping, le 23 juillet 2014

Dans le ciel cette semaine…

  • Mars et Saturne sont toujours bien visibles. On peut admirer Saturne et ses anneaux, armé simplement d'un petit télescope; cherchez un objet modérément lumineux dans la portion sud du ciel.
  • Vénus et Mercure sont bas dans le ciel aux lueurs de l'aube.
  • Nouvelle Lune le 26 juillet.

Chaque année, dans la nuit du 12 au 13 août, la Terre traverse un essaim de débris cométaires. Puisque la Terre et les débris ont trajectoires différentes et se déplacent à des vitesses de plusieurs kilomètres par seconde, les débris pénètrent l'atmosphère à des vitesses folles et la friction provoquée par l'air les vaporise laissant une traînée lumineuse dans le ciel. On appelle souvent ce phénomène à tort « étoiles filantes », mais le terme exact est « météores ». La Terre traverse continuellement des masses de débris et de poussière, datant de la formation du système solaire, si bien que l'on peut voir des météores toutes les nuits, si le ciel est dégagé et bien noir. Les pluies de météores sont toutefois plus nombreuses lorsque la Terre traverse un nuage de débris.

Les comètes sont des amas de glace, de poussière, de débris et d'hydrocarbures de quelques kilomètres de diamètre. Elles sont légion dans les confins glacés et sombres de notre système solaire. Par suite d'un impact, du croisement avec un autre objet ou d'un autre phénomène, ces masses dévient de leur orbite vers l'intérieur du système solaire, où elles courent inévitablement à leur perte.

En s'approchant du Soleil, les comètes se réchauffent et les composés chimiques et la glace qui les tiennent ensemble commencent à se sublimer. Étant donné leur faible force gravitationnelle, les comètes se mettent à se désagréger dès que la glace, leur principal liant, fond. Les débris sont soufflés par le vent et le rayonnement solaires et finissent par former une traînée lumineuse de plus en plus touffue au fur et à mesure que la comète se rapproche du Soleil et que la température s'élève.

Les chances de voir ces amas de glace sales et sombres sont très faibles, mais dès que leur queue se forme, ils deviennent de plus en plus visibles. Il s'agit maintenant de comètes. Une fois dotés de leur voile lumineux, de plus en plus gros et brillant à l'approche du Soleil, ces objets sont facilement détectables par les télescopes spatiaux, les observatoires ou les nombreux télescopes d'astronomes amateurs qui passent des heures à scruter le ciel à la recherche de nouveaux objets. Avec beaucoup de chance, on peut assister à un spectacle exceptionnel, comme celui de la comète Hale‑Bopp qui nous a rendu visite il y a quelques années.

À moins que la comète ne frôle le Soleil de si près qu'elle s'évapore complètement, elle poursuit son orbite et retourne une fois de plus dans les confins du système solaire. Ses jours sont toutefois comptés, car elle effectue plusieurs excursions dans le système solaire intérieur, donnant chaque fois un spectacle lumineux, au sacrifice d'une partie de son intégrité. Après quelques passages à proximité du Soleil, les débris s'accumulent sur son orbite. C'est le cas de la comète Swift‑Tuttle. La Terre traverse ce nuage de débris tous les ans en août, ce qui donne lieu à une pluie de météores qu'on appelle les Perséides. Il s'agit habituellement du plus beau spectacle de météores de l'année.

Notre observatoire, qui est situé dans un lieu épargné par la pollution lumineuse, attire de nombreux amateurs venus admirer les Perséides. Des groupes d'astronomes amateurs de la région installent leurs télescopes pour permettre aux gens de voir des planètes et d'autres objets célestes en plus des météores. Nous faisons aussi de petits exposés sur l'astronomie et une ou deux démonstrations en parallèle.

Nous reprenons le programme cette année. Comme ce rendez-vous tombera tout juste après la pleine lune, la brillance de notre satellite occultera les météores les moins lumineux. En revanche, on pourra admirer la Lune dans toute sa splendeur. Mars et Saturne seront également au poste dans la portion sud et sud-ouest du ciel. Saturne est très vraisemblablement le joyau de notre système planétaire et un incontournable. Il existe un autre moyen de déceler les météores, qui n'est pas touché par l'éclat de la Lune, la présence de nuages ou l'alternance du jour et de la nuit. Ce sont les ondes radio et nous en ferons la démonstration.

Ken Tapping est astronome à l'Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

Tél. : 250-497-2300
Téléc. : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

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