Les trois planètes

Ken Tapping, le 14 mai 2014

Dans le ciel cette semaine…

  • Venus se lève autour de 4 h, aux lueurs de l’aube.
  • La Lune sera pleine le 14 mai.

Si le temps le permet, le ciel réserve un beau spectacle aux amateurs d’astronomie durant la soirée. Trois planètes illuminent le ciel. Si vous disposez d’un petit télescope ou de jumelles, vous pourrez profiter encore plus du spectacle. À l’ouest, Jupiter brille avec un éclat tel qu’on ne peut la manquer. Au sud, assez haut dans le ciel, Mars luit d’un feu rougeâtre et est très reconnaissable, même si cette planète n’est pas aussi brillante que Jupiter. Objet doré d’intensité moyenne, Saturne luit bas à l’horizon, au sud-est. Cette planète ne devrait pas être difficile à repérer puisqu’elle se trouve dans la Balance, constellation dépourvue d’étoiles de grande magnitude. Elle sera à proximité de la Lune le 13. Petit truc : la luminosité des planètes est beaucoup plus constante que celle des étoiles.

À l’aide de jumelles, d’un petit télescope ou d’un gros télescope amateur, vous pourrez admirer Jupiter dans toute sa splendeur. Dans des jumelles, la planète apparaît comme un petit disque beige, flanqué de quatre objets de faible luminosité. Ces pseudoétoiles qui changent de position chaque soir sont en fait les quatre plus gros satellites de Jupiter : Io, Europe, Ganymède et Callisto. Galilée, qui a découvert ces satellites, a déduit de leur déplacement autour de Jupiter que les planètes, dont la Terre, tournaient autour du Soleil, point central du système planétaire.

Da

ns un petit télescope, Jupiter apparaîtra comme un disque strié de bandes pâles et foncées. Un instrument plus puissant révélera des taches blanches ainsi qu’une grosse tache rouge. Ces formations ne se trouvent pas à la surface de la planète, mais plutôt dans son atmosphère très épaisse. Jupiter fait 10 fois le diamètre de la Terre et tourne sur elle-même en 0,4 jour terrestre, ce qui donne une vitesse de rotation de 25 000 km/h à l’équateur. Sous l’effet de cette vitesse, les nuages prennent la forme de ceintures et l’énergie dégagée peut alimenter des orages gigantesques et très violents qui correspondent aux taches blanches et aux irrégularités qu’on observe dans les ceintures. La plus importante perturbation correspond à la Grande Tache rouge, qui est assez grosse pour engloutir la Terre.

Au sud-est brille Saturne, planète assez semblable à Jupiter. Cette géante gazeuse tourne elle aussi très rapidement sur elle-même et est cintrée de bandes de nuages qui abritent des orages. Ceux-ci sont cependant plus difficiles à observer que ceux de Jupiter. Trait distinctif spectaculaire : la planète est cerclée d’anneaux. Ces structures sont formées de matière qui n’a pu s’agglutiner pour former des satellites en raison de la force de marée exercée par Saturne et des perturbations d’autres lunes plus éloignées. À l’époque, Galilée avait été fortement étonné par ces formations, qu’il n’arrivait pas à bien distinguer dans son télescope primitif. Titan, le plus gros satellite de Saturne, ressemble à une étoile, mais change de position chaque nuit.

Mars luit dans le ciel au sud. Des trois planètes, c’est celle qui ressemble le plus à notre bonne vieille Terre. D’un diamètre deux fois plus petit, elle a une enveloppe atmosphérique très mince comparée à la nôtre, et sa surface est un désert glacial. Les pôles sont recouverts par des calottes de glace qui s’agrandissent et rétrécissent au fil des saisons. On peut voir des nuages, des tempêtes de poussière ainsi que des tourbillons traversant les déserts. La surface présente toutefois de nombreuses traces d’un lointain passé où Mars était couverte de rivières, de lacs et peut-être même de mers. Des robots d’exploration ont effectivement trouvé de la glace sous la surface. On sait depuis des siècles que Mars est la planète du système solaire qui ressemble le plus à la Terre. Cela a d’ailleurs donné lieu à une riche littérature de science-fiction où les créatures qui vivent sur la planète mourante convoitent les ressources en eau et le climat hospitalier de notre planète. Les auteurs ont simplement transposé ce qu’éprouveraient les Terriens dans les mêmes circonstances. Si hostile que soit cette planète, il serait néanmoins possible de vivre sur Mars avec un soutien technologique approprié, ce qui reste très improbable sur Jupiter et Saturne.

Ken Tapping est astronome à l'Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

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