Lumières dans le ciel

Ken Tapping, le 13 mars 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter brille au sud, après le crépuscule, progressant vers l’ouest jusqu’à minuit.
  • Saturne se lève vers 23 h.
  • Nous avons presque une nouvelle lune et cette dernière entrera dans son premier quartier le 19 mars.

Tous les ans, nous recevons un tas de demandes de renseignements et de rapports de gens qui affirment avoir aperçu quelque chose dans le ciel. Le plus souvent, ces « lueurs » sont facilement identifiées comme des objets astronomiques, telles les planètes les plus brillantes. Il arrive cependant qu’il s’agisse d’étoiles vues dans des circonstances particulières. Viennent ensuite des incidents attribuables à l’homme, par exemple la rentrée dans l’atmosphère de débris spatiaux qu’embrase la friction de l’air, ou la lumière du soleil se reflétant sur l’antenne des satellites Iridium, phénomène baptisé « éclairs Iridium », particulièrement impressionnant. Enfin restent les observations impossibles à associer à quoi que ce soit de connu. La plupart résultent malheureusement de données incomplètes : la date et l’heure de l’observation sont incertaines; on ne possède pas d’information utile sur la trajectoire suivie par l’objet; la description de celui-ci laisse à désirer. Discerner les particularités d’un objet lumineux contre le fond noir du ciel est difficile pour qui que ce soit.

La règle cardinale, que connaissent bien les observateurs chevronnés, consiste à noter le maximum sur le phénomène, notamment l’heure, la date, le lieu, etc., et de le faire aussi vite que possible. S’il s’agit de quelque chose de vraiment inhabituel, on prendra soin de le signaler rapidement à d’autres afin que les rapports soient tous rassemblés pendant que la piste est encore chaude. On pourra alors, au besoin, communiquer avec les observateurs pour obtenir des précisions, avant qu’on les oublie ou qu’il y ait confusion. Très peu de gens retiennent longtemps des informations détaillées sans que leur mémoire les déforme. En voulant donner un sens à ce qu’on vient de voir, le cerveau se plaît à modifier peu à peu les souvenirs afin que tout s’accorde. C’est dommage, car de nouvelles découvertes attendent certainement et négliger de noter l’information sur-le-champ peut rendre un rapport inutile dans une large mesure. Voici quelques consignes générales à ce sujet.

Écrivez ce que vous avez vu aussi vite que possible. Commencez par la date, l’heure et le lieu. À quelle hauteur se trouvait l’objet, comparativement à l’horizon? Quelle direction suivait-il? À quoi ressemblait-il? Quelle était sa luminosité? Sa couleur? Quelles en étaient les dimensions apparentes? Attention : si vous n’avez pas l’habitude d’observer le ciel, il est facile de confondre grosseur et luminosité.

Combien de temps a duré le phénomène? Les planètes restent suspendues dans le ciel, telles des lanternes. En revanche, les éclairs Iridium ne persistent que quelques secondes. L’objet se déplaçait-il? Répondre à cette question est plus difficile qu’on le croit. Faites-en l’expérience : allez dehors une nuit où le ciel est clair et fixez des yeux une étoile. Après un moment vous aurez l’impression qu’elle bouge, surtout s’il y a des nuages. La seule façon d’y arriver consiste à évaluer l’emplacement de l’objet d’après les étoiles voisines et de voir si sa position change. Notez les détails qui vous accrochent l’œil, même s’ils semblent anodins. Cependant, n’inscrivez exactement que ce que vous avez observé. Si vous voulez spéculer sur la nature de l’objet, faites-le ailleurs que sur le rapport et seulement APRÈS avoir noté les faits.

On utilise souvent de nos jours les téléphones intelligents comme carnet de notes et aide-mémoire. Les images et les informations complémentaires ont toujours leur utilité, mais elles ne remplaceront jamais les notes manuscrites, prises sur le vif et relayées sans tarder aux clubs d’astronomes, aux observatoires locaux ou aux médias.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
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