Une comète printanière?

Ken Tapping, le 6 mars 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter brille haut dans la partie sud du ciel une fois le Soleil couché et se déplace vers l’ouest jusqu’à minuit.
  • Saturne fait son apparition vers 23 h.
  • Nouvelle lune le 11.

Il semble que le printemps nous amènera une comète! Pour l’instant, on ignore toujours si l’objet sera difficile à repérer ou si on assistera à quelque chose de spectaculaire – ou n’importe quoi entre les deux. Néanmoins, ne pas essayer de l’observer serait vraiment dommage. La comète a été baptisée PanSTARRS, du nom du télescope à l’origine de sa découverte.

À ce moment de l’année, la plupart des Canadiens n’ont qu’à jeter un coup d’œil dans la rue pour se faire une idée de la composition d’une comète : de la glace mêlée de gravier, de poussière, de poches de gaz et de produits pétroliers, le tout sous l’aspect d’une mousse gelée de couleur grise à noire. Des comètes, amas de ce matériau de quelques kilomètres d’envergure, gravitent autour du Soleil dans les confins du système solaire, où le froid sidéral en a fait des blocs compacts. Il arrive cependant qu’une collision ou la rencontre avec un objet quelconque en perturbe l’orbite et les fasse plonger vers l’intérieur du système. En chutant vers le Soleil, ces amas s’échauffent et le matériel dont ils sont constitués commence à s’évaporer.

Des objets aussi petits n’ont qu’une faible gravité. Seule la glace les cimente. Lorsqu’elles se réchauffent et que la glace fond, les comètes se désagrègent. Leur pression interne accélère le processus. Les matières volatiles se transforment en gaz et en vapeurs, qui sinuent jusqu’à la surface pour jaillir en jets de gaz, de gouttelettes et de poussière.

En général, on découvre les comètes alors qu’elles sont encore très loin du Soleil et que leur réchauffement n’en est qu’à son début. C’est pourquoi il est si difficile de prévoir si une comète récemment découverte engendrera un spectacle digne de ce nom ou n’intéressera que les astronomes. Tout dépend du mélange de glace, de gaz, de poussière et de composés chimiques qui la compose.

À mesure que la comète s’approche du Soleil, le taux d’évaporation augmente considérablement et il en va autant de la quantité de matière éjectée, qui forme alors une queue susceptible de s’allonger sur des millions de kilomètres. Une petite boule de glace sale peut alors devenir spectaculaire. Avec un peu de chance, nous pourrions voir une queue flamboyante, sabrant le ciel tel un cimeterre ou une épée.

La comète PanSTARRS devrait faire son apparition à l’ouest, peu après le crépuscule vers le 10 ou le 11 mars, et grimper légèrement dans le ciel les nuits suivantes. Elle sera au plus près du Soleil le 10 mars, date à laquelle sa luminosité atteindra son maximum et où l’évaporation sera la plus rapide. Par la suite, elle remontera dans le ciel et s’avèrera plus facile à discerner sur le fond noir du firmament. Cherchez une tête brillante associée à une queue pointant vers le haut, du côté opposé au Soleil, qui est dissimulé derrière l’horizon.

Des jumelles vous permettront de bien observer le phénomène¸ les grandes lentilles qui en forment les objectifs captant plus de lumière que les yeux. Pas besoin d’un grossissement énorme. Ne fouillez cependant pas le ciel avant que le Soleil soit couché. Armez-vous de patience. Sinon, vous pourriez vous abîmer la vue.

Nos aïeux voyaient dans les comètes un présage de malheur, surtout pour les puissants de ce monde. Aujourd’hui, il ne s’agit plus que d’objets intéressants naviguant dans le firmament. À moins, bien sûr, que l’une d’elles nous percute.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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