Répercussions

Ken Tapping, le 2 octobre 2013

Dans le ciel cette semaine…

  • Vénus et Saturne sont bas dans le ciel à l’ouest après le coucher du Soleil.
  • Jupiter se lève vers 2 heures du matin et Mars, vers 3 heures.
  • La Lune atteindra son dernier quartier le 26 septembre.

Un des mandats de notre organisation, le Conseil national de recherches du Canada, consiste à mettre en place et à appuyer l’infrastructure en astronomie à l’usage des chercheurs canadiens. Cela s’effectuait auparavant par la construction et l’exploitation d’installations au Canada, mais nous sommes de plus en plus engagés dans des collaborations internationales pour fournir des instruments qui dépassent les ressources d’un seul pays, aux meilleurs sites d’observation possible.

Les exemples de nos projets internationaux incluent le Télescope Canada-France-Hawaï, d’un âge respectable, mais constamment amélioré, le Télescope James Clerk Maxwell, le grand réseau millimétrique de l’Atacama et le Square Kilometre Array. Il y a aussi la conception du superordinateur WIDAR dans le cadre de notre contribution à la modernisation du radiotélescope Very Large Array. Ce sont tous des projets très excitants. Ces instruments repoussent les limites de la science, mais ils comportent le défi de mettre au point des technologies entièrement nouvelles, dont plusieurs auront des applications en périphérie de la recherche astronomique.

Cela semble tellement hors de la portée de l’astronome amateur qu’il ne vaut même pas la peine d’en rêver. Cependant, si nous tenons compte de la chute rapide des prix des technologies futuristes associées aux instruments d’astronomie de premier plan, nous entrevoyons d’étonnantes possibilités pour les personnes dont le passe-temps est l’astronomie. De nos jours, ces instruments de haute technologie « sont de plus en plus accessibles » au grand public. Par ailleurs, les nouveautés qui inondent le secteur de la consommation, notamment les technologies de la radio réalisée par logiciel, se font sentir dans le milieu scientifique.

Il existe maintenant des observatoires amateurs complètement automatisés pouvant déceler quand le ciel nocturne est clair, pour ensuite s’ouvrir et observer de nombreux objets d’intérêt figurant dans une liste préétablie, enregistrer l’information numériquement avant de se refermer lorsque le soleil se lève, le tout pendant que l’observateur profite d’une bonne nuit de sommeil. Ce genre de projets comprend la mesure précise d’étoiles à luminosité variable et la recherche de planètes gravitant autour d’autres étoiles ou de supernovas en explosion dans de lointaines galaxies.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai reçu certaines observations sur des nuages d’hydrogène cosmiques dans notre galaxie, obtenues à l’aide d’une petite antenne parabolique créée à partir d’une combinaison d’amplificateurs de fabrication artisanale et de câblodistribution, et d’un « dongle » conçu pour convertir un ordinateur en poste de radio ou de télévision, à un coût d’environ 15 $. Ces pièces, une fois raccordées à un ordinateur personnel, ont formé un radiotélescope sophistiqué qui aurait été complètement hors de portée il y a seulement 10 ans. Ce genre d’instrument ne peut concurrencer les instruments de calibre professionnel, mais il ouvre certainement la voie à de nouveaux champs d’exploration pour les amateurs. Grâce à l’effet de ruissellement inverse des articles de consommation vers la radioastronomie, le nouveau radiotélescope CHIME, mis au point à l’OFR, a pu voir le jour.

Si je devais choisir deux exemples de technologies spécialisées émergentes, l’un deux serait les caméras numériques conçues pour les radiotélescopes amateurs. Les images de l’espace produites par ces appareils sont d’une qualité incroyable. Le deuxième serait la facilité grâce à laquelle il est de plus en plus aisé d’enregistrer des données sous forme numérique. Cela signifie que des logiciels peuvent maintenant s’occuper facilement de tâches difficiles à accomplir avec seulement du matériel.

Les technologies conçues pour les scientifiques et le grand public continueront à avoir des répercussions d’un groupe à l’autre, et cette tendance pourra même s’accélérer. Vous n’avez pas fini d’être surpris par ce qui se mijote dans nos installations ultramodernes, et par ce qui se passe dans les cours arrière, par nuits claires.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches du Canada, à Penticton (C.-B.) V2A 6J9.

Tél. : 250-497-2300
Téléc. : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

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