Trois Super-Terres

Ken Tapping, le 3 juillet 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Mars et Jupiter brillent bas dans le ciel de l’aube.
  • Vénus apparaît dans les lueurs du crépuscule et Saturne brille haut dans le ciel du Sud pendant la nuit.
  • La nouvelle Lune sera au rendez-vous le 7 juillet.

À ce jour, on a découvert plus de 1000 planètes gravitant autour d’étoiles autres que le Soleil. Il semblerait que la majorité des étoiles possèdent des planètes, d’une forme ou d’une autre, mais celles qui intéressent le plus les chercheurs sont les planètes qui ressemblent à la Terre. Nos instruments modernes peuvent nous révéler la taille d’une planète, la distance à laquelle elle se trouve de son étoile et la température probable de sa surface. Dans certains cas, on peut même établir si la planète possède une atmosphère et même avoir une idée des gaz qui la constituent.

La plupart des formes de vie de notre monde habitent les océans; nous pensons d’ailleurs que la vie sur Terre a débuté dans l’eau. Comme les substances chimiques qui sont à l’origine de la vie comme nous la connaissons se retrouvent en abondance dans les gaz et les nuages de poussière qui meublent de vastes espaces de la Voie lactée et d’autres galaxies, nous pouvons raisonnablement penser que ces substances ont pu s’amalgamer ailleurs pour y créer la vie. Même si les créatures d’autres mondes risquent d’avoir un aspect très différent du nôtre, d’un point de vue organique, nos compositions chimiques seraient probablement très proches. C’est pourquoi on peut raisonnablement penser que les planètes qui ressemblent à la nôtre pourraient abriter la vie. Nous cherchons donc des planètes ni trop grosses ni trop petites, possédant une atmosphère et dont la température de surface permet l’existence de rivières, de lacs et d’océans.

Prenons par exemple Gliese 667C, une naine rouge qui se trouve à environ 22 années-lumière de notre galaxie (une année-lumière correspond plus ou moins à 10 milliards de kilomètres). Beaucoup moins lumineuse que le Soleil, dont elle fait environ le tiers de la masse, elle se trouve dans la constellation du Scorpion, visible dans l’hémisphère sud céleste à ce moment-ci de l’année. On ne peut la voir, mais elle se trouve en direction d’Antarès, une géante rouge qui est l’étoile la plus brillante de cette constellation.

À l’aide d’un instrument de détection appelé HARPS (High Accuracy Radial Velocity Planet Searcher), les astronomes ont mesuré les oscillations de Gliese 667C causées par le champ gravitationnel des planètes qui l’entourent, un peu comme on regarderait une danseuse évoluer avec un partenaire invisible. Selon les observations, l’étoile posséderait trois planètes, qui seraient chacune environ trois fois plus grosses que la Terre et traceraient une orbite respectivement en 27, 29 et 62 jours autour de leur étoile. La Terre effectue sa rotation autour du Soleil en un an (365,25 jours). C’est donc dire que les trois planètes sont très proches de leur astre, mais comme celui-ci est très peu lumineux, elles se trouveraient à une distance permettant l’existence d’eau à l’état liquide à leur surface. Les étoiles naines peu lumineuses peuvent briller pendant des milliards d’années, soit suffisamment longtemps pour permettre à la vie d’éclore et d’évoluer. La vie sur Terre serait apparue il y a environ 2,5 milliards d’années, mais elle est demeurée à un stade très primitif au cours des 2 premiers milliards d’années.

À l’échelle cosmique, Gliese 667C est une proche voisine. Toutefois, à l’échelle de notre système solaire, elle est très éloignée de nous. Pouvoir détecter des planètes autour d’étoiles aussi lointaines et récolter des indices sur leur nature est tout simplement prodigieux. Il pourrait s’écouler de nombreuses années avant que nous en découvrions plus sur ces mondes sidéraux et avant même que nous puissions mieux les observer. Néanmoins, comme les prodiges de la science actuelle auraient été impensables il y a à peine quelques décennies, ce serait manquer de vision que d’éliminer cette possibilité.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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