Les fondements de la vie

Ken Tapping, le 19 juin 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Le solstice d’été aura lieu le 20 juin, jour où le Soleil atteindra son point le plus au nord lors de son parcours annuel dans le ciel.
  • Vénus et Mercure seront côte à côte dans le crépuscule du couchant.
  • Saturne domine dans la partie sud du ciel. La pleine lune aura lieu le 23 juin.

À l’occasion, il arrive qu’un objet énorme entre en collision avec la Terre. La collision la plus célèbre est sans doute celle qui est survenue il y a 65 millions d’années et qui est l’une des causes de l’extinction du trois quarts des espèces qui peuplaient notre planète à cette époque. Au début du siècle dernier, en 1908, un corps céleste de dimension beaucoup plus modeste a explosé au-dessus de Toungouska, en Sibérie. L’onde de choc est telle que des forêts entières sont dévastées à des kilomètres à la ronde. Même qu’à Paris, pourtant à des milliers de kilomètres de là, des verres se mettent à trembler. Quoi qu’il en soit, des corps célestes ont frappé la Terre depuis toujours et il en sera certainement ainsi jusqu’à la fin des temps.

Il existe deux catégories de corps célestes errants dans le système solaire et qui parfois entrent en collision avec la Terre : les astéroïdes et les comètes. Les premiers sont composés de matière rocheuse, de forme irrégulière et dont les dimensions varient de la taille de particules de gravier à un millier de kilomètres de diamètre. Les seconds sont constitués d’un noyau de glace et de poussière et peuvent mesurer plusieurs kilomètres. Le corps céleste qui aurait frappé Toungouska serait fort probablement une comète, et l’on avance que c’en serait une bien plus imposante qui aurait frappé la Terre il y a 65 millions d’années. Ces collisions sont la plupart du temps catastrophiques, toutefois sans elles nous n’existerions pas. Cette histoire commence dans la Voie lactée.

Ces temps-ci, la Voie lactée s’étend dans le ciel, telle une arche, du nord-est jusqu’au sud. En soirée, il est possible d’observer avec des jumelles cette bande argentée qui contient un nombre incalculable d’étoiles peu brillantes, et qui est parsemée de longs couloirs et trous sombres. Ces derniers sont en fait d’immenses nuages de gaz froid et de poussière qui contiennent les déchets générés par la production d’énergie dans les étoiles et qui macèrent tranquillement depuis des millions d’années pour former une mixture de substances chimiques organiques à l’origine de la vie telle que nous la concevons.

De nouvelles planètes naissent quand ces nuages s’effondrent. Les matériaux s’agglomèrent en masses qui grossissent sans cesse en entrant en collision entre elles. Cependant, ces collisions génèrent tellement de chaleur que les jeunes planètes ne sont rien de plus que d’immenses balles de roches fondues et que toute substance chimique organique est incinérée. C’est de cette façon que la Terre s’est formée il y a 4,5 milliards d’années.

Il a fallu des collisions entre des astéroïdes pour les matières essentielles à la nouvelle planète, et des comètes, pour l’eau contenant toutes les substances chimiques. Il est probable que ces comètes soient la source de la majeure partie de l’eau des océans et qu’elles aient ajouté les matières premières essentielles au début de la vie sur Terre.

À la lumière d’études, il appert dans une large mesure que les mixtures chimiques observées dans les nuages de gaz et de poussière ne varient que très peu dans notre galaxie et selon toute vraisemblance dans les autres galaxies. Cet état de fait permet de croire que si les conditions sur une planète sont propices, la vie s’y manifestera. Comme les ingrédients sont les mêmes, à base de carbone, la chimie de la vie devrait être similaire. Toutefois, il serait faux de croire que les autres formes de vie doivent nous ressembler. En fait, il est fort possible que nous ne sachions pas les identifier comme êtres vivants. Après tout, nous vivons ici même avec des créatures très exotiques. Quiconque a déjà vu une holothurie (concombre de mer) sait qu’il faut plus qu’un simple coup d’œil pour voir qu’il s’agit d’une créature vivante.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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