La météo solaire

Ken Tapping, le 29 mai 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Fait rare et digne d’observation, Jupiter, Vénus et Mercure sont en formation rapprochée dans le ciel du crépuscule.
  • Saturne se lève avant le couchant et trône très haut à l’est tard en soirée.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 31 mai.

Au cours des derniers mois, le Soleil a connu une phase d’activité modérée qui, en raison du sensationnalisme et d’inexactitudes, a parfois donné lieu dans les médias à des annonces de tempêtes solaires aux conséquences dévastatrices sur Terre. Voici donc un résumé des faits pour éclairer les prochains bulletins sur l’activité solaire.

Le Soleil est une gigantesque boule de gaz incandescents, sillonnée par des champs magnétiques, et dont le cœur est formé d’un réacteur de fusion nucléaire qui lui fournit son énergie. Les champs magnétiques percent la surface et forment des arceaux géants constitués de plasma, soit des gaz tellement chauds (atteignant des millions de degrés) que les atomes qui les composent commencent à se désintégrer, ce qui leur donne une charge électrique.

Les geysers de plasma qui suivent les champs magnétiques se comportent comme des ressorts ou des bandes élastiques et de la même façon, peuvent accumuler de l’énergie lorsqu’ils subissent des tractions, des torsions ou des compressions. Quiconque a déjà joué avec une bande élastique sait qu’il y a un seuil maximal d’énergie pouvant y être emmagasinée. Au-delà, la bande commence à se déchirer, puis claque entre nos doigts, libérant l’énergie qu’elle a accumulée.

Les arceaux magnétiques qui jaillissent du Soleil sont également étirés et tordus, et peuvent se heurter avec force contre d’autres arceaux. Ces projections peuvent renfermer une immense quantité d’énergie, l’équivalent de millions de bombes à hydrogène. Deux scénarios sont alors possibles. Soit l’énergie accumulée atteint un point de rupture qui compromet l’intégrité de la structure. La faille s’agrandit rapidement et libère une énergie colossale. Les électrons sont propulsés à une vitesse proche de celle de la lumière et émettent alors des ondes radio détectables, des rayons X de haute énergie et des faisceaux de protons et d’électrons également de haute énergie. Parfois, un segment de l’arceau est projeté dans l’espace. Ces explosions, les plus grandes à se produire dans notre système solaire, sont des éruptions solaires.

Il existe aussi une autre explication relativement simple. Au lieu de provoquer une explosion massive, les jets de plasma soumis à des contraintes de plus en plus fortes se sectionnent à la base et sont éjectés dans l’espace à des vitesses atteignant des milliers de kilomètres par seconde. Pour reprendre la comparaison avec la bande élastique, cette fois, au lieu de se rompre, la bande est relâchée à l’une de ses extrémités et est propulsée dans l’air à grande vitesse. Ces éruptions s’appellent des « éjections de masse coronale ». Les éjections de masse coronale se produisent parfois lorsqu’une protubérance atteint le point de rupture en raison des forces qui s’exercent sur elle ou sous l’effet d’une perturbation survenant à proximité, comme une éruption solaire. Ces phénomènes peuvent se produire de façon spontanée ou être provoqués, comme les avalanches.

Il n’y a pas à craindre que les éruptions solaires et les éjections de masse coronale anéantissent la vie sur Terre. Ces perturbations se produisent à la surface de notre étoile depuis sa formation, il y a quatre milliards d’années et demie, et la vie sur Terre se maintient depuis au moins deux milliards d’années et demie. Si l’activité du Soleil pose effectivement des risques pour les astronautes ou à haute altitude, il n’y a aucun danger au sol. Nos infrastructures et nos réalisations technologiques sont par contre très vulnérables, mais nous disposons de moyens pour les protéger.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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