Les étoiles du printemps

Ken Tapping, le 27 mars 2013

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter trône dans la partie sud-ouest du ciel durant la nuit.
  • Saturne se lève vers 23 h.
  • La Lune est pleine le 27 mars.

Bien que l’hiver continue de faire sentir ses crocs dans la plupart des régions du Canada, il est agréable de voir que le printemps est en marche dans le ciel. Un des indices apparents du changement de saison est Arcturus, étoile dorée qui pénètre dans la partie orientale du firmament à la fin de l’hiver. L’astre se trouve aisément, mais pour plus de sécurité, cherchez la Grande Ourse (forme de casserole) et suivez la courbe de son manche en vous en éloignant, vous aboutirez à Arcturus.

Les autres saisons de l’année ont elles aussi leur messager. Ainsi, Antarès la rouge rasera l’horizon, au sud, en été, tandis que l’automne venu, la blanche Fomalhaut brillera au bas du ciel, au sud-est. L’étoile hivernale par excellence doit être Sirius, car elle étincelle tel un diamant sur la toile obscure du ciel hivernal.

Pour nos ancêtres, les étoiles et les autres objets présents dans le firmament étaient fixés à un immense globe de cristal ayant pour centre la Terre. Ils l’appelaient la « sphère céleste ». Selon eux, cette sphère effectuait une révolution complète quotidiennement, en direction ouest, ce qui expliquait pourquoi les étoiles se lèvent à l’est et se couchent à l’ouest. Ils avaient de surcroît noté que les planètes, la Lune et le Soleil suivent un parcours précis dans le ciel, parcours qu’ils nommèrent « écliptique ». Le Soleil fait le tour complet de l’écliptique une fois l’an et croise douze constellations en chemin : les « signes du zodiaque ».

Puisque l’éclat du Soleil le jour nous interdit de voir les étoiles qui l’accompagnent dans le ciel, les seuls astres visibles le sont la nuit. Tandis que le Soleil parcourt l’écliptique, sa luminosité efface certaines constellations et de nouvelles les remplacent, de sorte que chaque saison a ses propres étoiles et constellations. Bien sûr, on sait aujourd’hui que c’est la Terre qui tourne autour du Soleil, pas l’inverse, mais la raison pour laquelle les étoiles et les constellations se succèdent tout au long de l’année demeure.

La constellation zodiacale dans laquelle le Soleil apparaît le jour de notre naissance correspond à notre « signe du zodiaque ». Évidemment, cette constellation est invisible, puisque le Soleil brille et que son éclat nous la dissimule. Pour découvrir son signe du zodiaque et les constellations voisines sur la voûte du ciel, il faudra donc attendre la nuit et que l’astre du jour ait quitté ce coin du firmament.

Par exemple, les constellations qui apparaissent très haut dans le ciel durant les soirées printanières se retrouveront dans le ciel diurne à la fin de l’été et à l’automne. Parmi elles figurent les signes zodiacaux de ceux nés à cette période de l’année. Trouvez la Grande Ourse et les deux étoiles face au manche. Au lieu de suivre leur prolongement vers le haut jusqu’à l’étoile Polaire, allez vers le bas. Vous découvrirez une constellation composée d’un triangle et d’un point d’interrogation inversé formant ensemble un lion accroupi. C’est la constellation du même nom. Les étoiles qui luisent faiblement à droite du point d’interrogation sont celles du Cancer, qui ressemble à un crabe. Plus à l’ouest se trouvent l’amas des Pléïades et la constellation du Taureau. L’étoile blanc-bleu au bas du ciel, au sud-est, est Spica, l’astre le plus éclatant de la Vierge. Au fil des siècles cependant, la précession de l’axe terrestre a fait en sorte que le zodiaque a glissé d’un signe en avant. Par conséquent, si vous êtes né au printemps, votre signe n’est pas vraiment Bélier, mais Poissons.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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