Mondes voisins

Ken Tapping, le 28 novembre 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter se lève vers 17 h.
  • Saturne et Vénus se font la cour et apparaissent vers 5 h.
  • La Lune sera pleine le 28 novembre.

Parmi les découvertes les plus passionnantes survenues récemment en astronomie figure cette planète aux dimensions de la Terre trouvée orbitant l’étoile la plus proche du Soleil, soit à environ 4,3 années-lumière de nous. (Pareille distance est minime à l’échelle du cosmos.) Habituellement, on appelle cette étoile Alpha du Centaure, mais elle possède aussi le nom plus poétique de Rigel Kentaurus. Il s’agit d’un astre d’éclat moyen de la constellation du Centaure.

À l’œil nu, on dirait une étoile solitaire, cependant un télescope révèlera qu’il s’agit en réalité de trois astres tournant les uns autour des autres. On les a donc, avec grande imagination, étiquetés A, B et C. La planète qui nous intéresse gravite autour d’Alpha du Centaure B, une étoile d’à peu près la même température que le Soleil, mais deux fois moins brillante. Néanmoins, la planète tourne si près de son étoile qu’elle en fait le tour en moins de quatre jours. Une telle proximité a pour conséquence qu’il doit y faire une chaleur d’enfer et que la planète est partiellement en fusion.

Jusqu’à présent, les astronomes ont confirmé l’existence d’environ un millier de planètes tournant autour d’autres étoiles; plusieurs milliers d’autres ont été signalées et attendent confirmation. La grande énigme toutefois est de comprendre pourquoi ces planètes ne font pas partie d’un système semblable au système solaire.

Le système solaire comprend quatre planètes rocheuses suivant une orbite relativement proche du Soleil (Mercure, Vénus, la Terre et Mars), une ceinture d’astéroïdes et quatre géantes gazeuses (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune). Enfin, dans les confins du système voguent de nombreux corps glacés et des planètes mineures parmi lesquelles Pluton.

Auparavant, tout semblait avoir du sens. Un nuage de poussières cosmique s’était effondré sur lui-même pour créer un disque dont le centre avait formé le Soleil et une grande partie du reste, les planètes. L’atmosphère de gaz des quatre planètes intérieures a largement été vaporisée, soufflée par le Soleil, tandis qu’un peu plus loin, les autres planètes conservaient la leur, ce qui en a fait des géantes gazeuses. Par sa gravité, la géante Jupiter a empêché la formation d’une cinquième planète rocheuse, d’où la ceinture d’astéroïdes. Les autres systèmes ne paraissent pourtant pas suivre ce modèle logique. Il nous reste beaucoup à apprendre sur la formation des planètes et des étoiles.

Une explication à l’intérêt particulier que l’on porte aux planètes orbitant les étoiles voisines de la nôtre est l’espoir que nous puissions un jour les visiter. Malheureusement, sans « portes interstellaires » ni moteur « supraluminique », la chose s’avérera difficile. En effet, les engins spatiaux actuels peinent à atteindre la vitesse de 200 km/sec. À cette allure, 6450 ans s’écouleront avant que nous parvenions à Alpha du Centaure. Théoriquement, quelques technologies pourraient pousser les vaisseaux à une vitesse équivalente à 20 % de celle de la lumière, ce qui raccourcirait la durée du voyage à 21,5 ans. Quoi qu’il en soit, la route demeure passablement longue.

Pour franchir de telles distances, les auteurs de science-fiction ont imaginé des « navires générationnels », dans lesquels de lointains descendants parviennent à destination, ou l’« hibernation profonde », qui permet aux astronautes de passer les dizaines d’années du voyage interstellaire dans un profond sommeil. Dans un récit, les membres de l’équipage sont accueillis par un comité de réception humain à destination, à leur réveil. En effet, durant leur hibernation, quelqu’un, sur Terre, avait inventé le moteur supraluminique si bien que des colons les avaient devancés. La meilleure solution me paraît encore de rester sur Terre et d’attendre que les technologies adéquates voient le jour.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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