Étoiles d’automne

Ken Tapping, le 17 octobre 2012

Dans le ciel, cette semaine...

  • Jupiter se lève à l’est vers 21 h.
  • Vénus apparaît autour de 4 h.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 21.

Après les courtes nuits d’été durant lesquelles le Soleil ne descendait que de quelques degrés sous l’horizon, les ciels d’automne ont de quoi surprendre. Subitement, voici des nuits plus longues, plus obscures et plus claires.

Rasant l’horizon, à l’ouest, en début de soirée, brille la dorée Arcturus. À l’est, cette étoile s’observe en fin de soirée, en hiver, et annonce le retour du printemps. Six mois plus tard, la Terre ayant accompli la moitié de son périple autour du soleil, elle reparaît à l’ouest, comme c’est le cas maintenant. Elle se couchera de plus en plus tôt chaque nuit jusqu’à ce qu’elle disparaisse, puis ressurgisse dans la partie orientale du ciel, le printemps suivant.

À cette période de l’année cependant, la principale caractéristique d’un ciel noir et limpide demeure la Voie lactée, qui traverse la voûte céleste telle une arche gigantesque et va s’élargissant du nord-est au sud-ouest. Des jumelles révèleront qu’elle se compose d’innombrables étoiles. Des vides la creusent ici et là. Il s’agit de nuages glacés de gaz et de poussières interceptant la lumière des étoiles. Ailleurs, surtout où elle redescend, vers le sud, de petits amas argentés ou rosâtres ponctuent l’arche céleste. Les rayonnements ultraviolets qui émanent de ces berceaux d’étoiles neuves font luire le nuage qui les enveloppe.

Presque au-dessus de nos têtes brille Déneb, étoile la plus éclatante de la constellation du Cygne (Cygnus), oiseau dont le vol longe la Voie lactée. À l’ouest, très haut dans le ciel, vous verrez Véga. Étoile la plus brillante de la constellation de la Lyre (Lyrus), Véga dépasse Déneb en éclat. Du centre d’une ligne réunissant ces deux astres, tracez-en une autre allant vers le sud et vous croiserez Altaïr, dans la constellation de l’Aigle (Aquila). À elles trois, ces étoiles forment le « triangle d’été », qu’on voit le mieux – cela va de soi – en automne. Bien que Véga semble briller davantage, en réalité, Déneb irradie beaucoup plus de chaleur et de lumière. Cette dernière luit environ 200 000 fois plus fort que le Soleil, mais se situe beaucoup plus loin. L’astre qui nous éclaire produira de l’énergie pendant approximativement huit milliards d’années. Comme elle n’est qu’environ vingt fois plus massive que le Soleil, Déneb durera beaucoup moins longtemps, car elle irradie 200 000 fois plus de chaleur et de lumière.

Véga, qui luisait très haut dans le ciel cet été, se rapproche de l’horizon, à l’ouest, pour céder la place à Capella, qui la remplacera, l’hiver. Actuellement, Capella brille au nord-est, mais grimpe de plus en plus haut chaque nuit.

Près de l’horizon, au sud-est, luit Fomalhaut, l’étoile la plus éclatante de la constellation du Poisson du Sud (Piscis Austrinus). C’est l’étoile visible la plus au sud à nos latitudes. Elle annonce le retour de l’automne.

Cette année, la vedette de ce spectacle de lumières nocturne sera néanmoins Jupiter, qui se hisse au-dessus des collines, à l’est, vers 21 h. Jusqu’à 3 h, cet objet sera le plus lumineux dans le ciel, après la lune. Il sera alors détrôné par Vénus, impossible à rater.

Dans la partie est du firmament brille un petit lot d’étoiles argentées. Vous avez devant vous l’amas des Pléiades. On dirait un collier abandonné par une déesse négligente. Des jumelles révèleront un groupement de centaines d’étoiles bleuâtres, autant de sœurs issues du même nuage stellaire.

En fin de soirée, regardez à droite (au sud) des Pléiades et vous verrez briller une étoile rouge. Il s’agit d’Aldébaran, l’œil furieux du Taureau (Taurus), une des principales constellations d’automne. L’hiver est à nos portes.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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