Astronomie sur Internet

Ken Tapping, le 26 septembre 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Le 22 septembre à 10:49 HAE (07:49 HAP), le Soleil traversera l’équateur pour poursuivre sa route vers le sud. On appelle ce moment l’équinoxe d’automne et il marque la fin de l’été. Mars et Saturne rasent l’horizon au sud-ouest une fois la nuit tombée. Saturne côtoie d’assez près l’étoile Spica. Jupiter se lève vers 23 h et Vénus, aux environs de 3 h. La Lune entrera dans son premier quartier le 22.

Si vous en avez la chance un jour, lisez The Whisper and the Vision, de l’astronome canadien Don Fernie. Le livre débute avec l’auteur dans un avion, regardant le paysage défiler sous lui et se disant combien le progrès a facilité la vie de l’astronome. Au lieu de passer des mois, voire des années, sur un navire qui prend l’eau et de courir le risque de contracter une maladie tropicale ou de subir l’attaque de pirates en chemin vers un lieu lointain afin d’y réaliser des observations, il voyageait dans le luxe, assis à bord d’un avion.

Depuis que Don a écrit ce livre, les choses ont encore plus évolué. Dans la majorité des cas, plus aucun déplacement n’est nécessaire à présent. Les instruments ont considérablement gagné en complexité en dix ans et les ajuster manuellement est devenu inutile – en supposant qu’on vous aurait autorisé à le faire. Pour observer le ciel, il suffit d’indiquer à un ordinateur ce que doit effectuer le télescope. Ce qui signifie qu’en dehors des expériences extravagantes qui repoussent les capacités du système dans des directions inattendues – utiliser le radiotélescope de synthèse de l’OFR pour cartographier le Soleil ou la Lune, par exemple –, être sur les lieux s’avère maintenant superflu. Les observations peuvent être réglées sur Internet et il suffit de spécifier où les données doivent être envoyées, ou de les télécharger une fois qu’elles sont prêtes.

Hormis l’argent économisé et les « joies » des longs voyages en avion envolés (crampes aux mollets, décalage horaire, et j’en passe), un observatoire peut désormais être exploité avec une rentabilité accrue, aspect d’importance capitale à une époque comme la nôtre où les fonds sont minces et doivent être administrés avec sagesse.

Les voyages vers un observatoire reculé doivent être planifiés des mois d’avance, sinon les frais de déplacement et d’hébergement deviennent exorbitants, ce qui a pour corollaire un programme d’exploitation du télescope complet longtemps à l’avance.

Cependant, s’il n’est pas nécessaire de se rendre sur les lieux, pareille programmation s’assouplit considérablement. Ainsi, dans bon nombre de cas, on doit tenir compte des conditions météorologiques. En effet, certaines nuits se prêtent mieux à l’observation du ciel que d’autres. Si l’on veille à ce que les observations nécessitant les nuits les plus propices aient lieu ces nuits, les chances de recueillir des données utiles deviennent meilleures. Les séances d’observation moins contraignantes sont programmées les autres nuits. Les décisions concernant le calendrier d’observation peuvent être organisées largement en temps réel. Un courriel indiquera que les observations sont terminées et que les fichiers contenant les données attendent d’être téléchargés.

Songez à la déception de l’astronome qui arrivait à l’observatoire uniquement pour apprendre une heure avant qu’un incident horrible venait de survenir à l’instrument dont il comptait se servir. Les expériences désastreuses de ce genre ne surviennent pas quand on n’a pas à se rendre sur les lieux et que le calendrier de l’observatoire peut être réorganisé jusqu’à ce que le bidule défectueux soit réparé. L’astronomie sur Internet présente assurément d’énormes avantages. Cependant, bien qu’ils ne regrettent guère les « plaisirs » des voyages en avion, les astronomes se languissent de ces magnifiques et exotiques paysages. La décharge d’adrénaline qu’engendre l’arrivée dans la salle de commande d’un radiotélescope ou d’un télescope optique moderne est vraiment quelque chose de spécial.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
Télécopieur : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

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