Un pas de géant...

Ken Tapping, le 5 septembre 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Mars et Saturne rasent l’horizon, au sud-ouest, une fois la nuit tombée. Saturne cousine l’étoile Spica
  • Jupiter se lève après minuit et Vénus, vers 3 h.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 8 septembre.

Le 25 août décédait Neil Armstrong, premier homme à poser le pied sur la Lune. Ce triste évènement a fait revivre son exploit dans l’esprit de tous ceux qui, parmi nous, ont eu le bonheur de connaître les tumultueuses années de la « course vers l’espace ».

Le point culminant de cette période est survenu le 20 juillet 1969. Ce jour-là, Edwin (Buzz) Aldrin et Neil Armstrong alunissaient. La porte du module étant trop étroite pour laisser passer ensemble les deux hommes, Neil Armstrong précéda son compagnon et fut le premier à poser le pied à la surface d’un autre monde. Partout sur le globe, les gens suivaient fiévreusement les images vidéo, de piètre qualité, de l’astronaute dans sa combinaison descendant l’échelle puis s’avançant sur le sol lunaire. En pareilles circonstances, peu surprenant que ce dernier se soit légèrement fourvoyé avec la désormais célèbre formule : « Un petit pas pour (un) l’homme, un grand pas pour l’humanité. »

La « course vers l’espace », comme on vint à la baptiser, était alimentée par la politique, par la suprématie militaire, mais aussi, et ce n’est pas le moindre, par notre insatiable curiosité à l’égard de l’Univers qui entoure la Terre ainsi que par notre ardent désir de l’explorer. Ce « besoin de découverte » fait partie de notre nature humaine.

Rien de tout cela ne serait arrivé sans les pionniers qui tracèrent la voie au perfectionnement des fusées. Néanmoins, la « course vers l’espace » débuta réellement le 4 octobre 1957, quand l’Union soviétique plaça son Spoutnik, le premier satellite artificiel, en orbite autour de la planète. Chaque mois par la suite, semble-t-il, vit le lancement d’un nouveau satellite. Ces appareils avaient pour but d’étudier la Terre et l’espace l’environnant, d’améliorer les communications sur le globe et beaucoup d’autres choses. Le Canada se lança dans la course avec le satellite Alouette qui devait étudier l’ionosphère. Aujourd’hui, nous ne pourrions nous passer des satellites.

Lorsqu’en 1961, le président Kennedy annonça l’intention des États-Unis d’envoyer un homme sur la Lune, la technologie pour le faire n’existait pas encore et on ignorait quelle serait la meilleure façon d’y parvenir. S’ensuivit une longue période d’expérimentation qui devait inclure les programmes spatiaux habités Mercury et Gemini, puis le projet Apollo. Lors des essais réalisés au sol, trois astronautes périrent dans un incendie : Virgil (Gus) Grissom, Ed White et Roger Chaffee. Ensuite vinrent les essais sur orbite terrestre puis, en 1968, à Noël, Frank Borman, Jim Lovell et William Anders réussirent à accomplir un tour de Lune dans Apollo 8. En plus des photos spectaculaires des cratères et des monts lunaires qui défilaient sous eux, les astronautes envoyèrent un message de Noël incluant des versets de la Genèse. Ces décennies furent palpitantes pour ceux qui les ont vécues. 

Peu importe ce qu’on érigera à la mémoire de Neil Armstrong sur la Terre, son véritable mémorial se trouve sur la Lune où, sans phénomènes météorologiques ni eau pour l’effacer, l’empreinte de ses pas durera des millions d’années. Ce mémorial est plus durable que tout ce que peuvent espérer la majorité d’entre nous. À moins qu’un autre astronaute ne décide de marcher dans ses pas. Pour cela cependant, il faudra d’abord y retourner. Neil voterait pour, sans aucun doute. Nous devons retourner sur la Lune.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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