Atterissage confirmé de Curiosity

Ken Tapping, le 15 août 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Mars, Saturne et l’étoile Spica font bon ménage, près de l’horizon, au sud-ouest, une fois la nuit tombée.
  • Vénus et Jupiter luisent avec éclat, à l’est, à l’approche de l’aube.
  • Peut-être apercevrez-vous Mercure, au ras de l’horizon, dans les feux renaissants du Soleil.
  • Nouvelle lune le 17.

Le point saillant de la longue fin de semaine du mois d’août a sans doute été l’atterrissage du rover Curiosity sur le sol de la planète rouge. Pour rendre l’exploit encore plus dramatique, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter passait juste au-dessus du site au même moment et a photographié le rover suspendu à son parachute comme il allait toucher le sol, dans le cratère Gale.

De la taille d’une Mini Cooper et pesant environ une tonne, Curiosity est le plus gros objet à n’avoir jamais foulé le sol martien. Le défi était de taille. Dans la mince atmosphère martienne, les parachutes ne ralentissent pas assez la descente pour un atterrissage en douceur. Une solution à laquelle on a déjà recouru consiste à envelopper l’appareil dans des ballons partiellement gonflés qui amortiront le choc. On se débarrasse de ceux-ci par la suite, une fois qu’ils ont cessé de rouler et de rebondir. Cette méthode donne de bons résultats, sauf avec les objets lourds et volumineux comme Curiosity, et ne pourra servir quand viendra le temps d’une mission humaine. L’approche de la « grue aérienne », qui consistait à faire descendre Curiosity avec des câbles à partir d’une plateforme équipée de fusées, a permis au rover de ne pas échouer au beau milieu d’un terrain au sol fondu et dévasté, contaminé par les gaz d’échappement des fusées. La mission nous en apprendra beaucoup plus sur maints aspects de la planète rouge, mais un de ses principaux objectifs reste la recherche de la vie, actuelle ou disparue.

L’étude des nuages de gaz et de poussières qui forment une grande partie de notre galaxie et d’autres, comme elle, révèle que ces nuages renferment tous les ingrédients essentiels à la chimie du carbone, fondement même de la vie telle qu’on la connaît. On en déduit que la vie reposant sur le carbone trouvera tout ce dont elle a besoin pour naître sur n’importe quelle planète pouvant la supporter. Or, Mars ressemble à la Terre de manière remarquable, et l’histoire des deux planètes se ressemble. Les deux ont vu le jour il y a environ 4,5 milliards d’années, avec le Soleil et les autres objets du système solaire.

Les premiers signes de vie sur Terre ont été découverts dans des roches datant d’il y a près de trois milliards d’années. Les données glanées par les rovers envoyés précédemment sur Mars laissent croire qu’à cette époque, les conditions y imitaient celles existant sur Terre : une atmosphère dense, un climat tempéré ainsi que des fleuves, des lacs et des océans. Plus petite que notre planète et dépourvue d’un puissant champ magnétique, Mars n’a pu conserver son atmosphère et est devenue le monde froid et désolé d’aujourd’hui. Les formes de vie qui auraient pu s’y développer soit se sont éteintes, soit ont cherché refuge sous terre. Quoi qu’il en soit, même si la vie a disparu depuis longtemps sur Mars, des vestiges de sa chimie dans le sol et les roches devraient en démontrer l’existence.

Une partie de l’équipement indispensable à cette quête de la vie a été fabriqué au Canada, par l’Université de Guelph et l’Agence spatiale canadienne. On l’utilisera pour détecter les traces de composés chimiques dans le roc et le sol. Curiosity a atterri dans le cratère d’un météorite. La collision a remué les strates rocheuses et découvert des affleurements qu’il serait impossible d’atteindre en d’autres circonstances, ce qui facilitera les prélèvements.

Le fait que l’on puisse désormais acheter des ouvrages sur la géologie martienne témoigne des progrès réalisés dans l’exploration de cette planète. Cependant, à votre place, j’attendrais un peu avant de me précipiter à la librairie pour m’en procurer un, car une nouvelle édition, mise à jour, devrait bientôt y faire son apparition.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
Télécopieur : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

Date de modification :