Perséides 2012

Ken Tapping, le 8 août 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Mars, Saturne et l’étoile Spica sont regroupés près de l’horizon, à l’ouest, une fois la nuit tombée.
  • Vénus et Jupiter se voisinent, à l’est, quand l’aube approche.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 9.

Pendant la nuit des 12 et 13 août, la Terre traversera un flot de débris suivant l’orbite de la comète Swift Tuttle. Des milliers de fragments, les plus petits ressemblant à des grains de poussière, pénétreront alors dans l’atmosphère, à des dizaines de kilomètres à la seconde. La friction de l’air les ralentira rapidement et en dissipera l’énergie cinétique sous forme de chaleur. L’air qui entoure les débris sera chauffé à des milliers de degrés, ce qui vaporisera la particule. Ces débris percutent rarement le sol. Ils prennent plutôt l’aspect de brefs traits très lumineux correspondant à l’air qui s’embrase et aux matériaux qui se vaporisent dans le ciel. Ces traits s’évanouissent dès que la température chute. On appelle couramment ce phénomène des « étoiles filantes ». Pourtant ces débris minuscules n’ont rien d’une étoile. Le terme approprié est plutôt « météores ».

Le système solaire fourmille de tels fragments de matière, vestiges de sa formation. On peut donc voir des météores en tout temps, la nuit, quand le ciel est limpide, surtout ceux qui ont la chance de vivre loin des lumières de la ville. Cependant, la nuit des 12 et 13 août, notre planète se frayera un chemin à travers le fleuve de débris dont elle croise la route, à de nombreux kilomètres à la seconde, si bien qu’un nombre considérablement plus élevé de météores pénètreront dans l’atmosphère. On parle alors de « pluie de météores » et donne pour nom à cette dernière la constellation qui lui sert d’arrière-plan, loin dans l’espace. Dans le cas qui nous intéresse, cette constellation est Persée, d’où le nom de Perséides.

Imaginez que vous êtes assis entre les rails d’une voie ferrée. (N’essayez pas cela, contentez-vous de l’imaginer!) Les rails filent devant, de chaque côté de vous, pour se rejoindre dans le lointain. Bien que séparées par une distance fixe, les deux lignes métalliques semblent converger, au loin. Pareillement, les météores paraissent venir plus au moins du même point dans le ciel, avant de s’éparpiller en éventail, bien qu’ils voyagent tous parallèlement.

Pour bien voir le phénomène, trouvez un endroit à l’abri des lampadaires de la rue ou d’autres sources lumineuses. Un lieu à l’écart de la ville ayant une vue bien dégagée du ciel est l’idéal. À cette époque de l’année, Persée se trouve dans la partie nord-est du firmament. Les météores arriveront donc du nord-est. Puisque la Lune est décroissante et se lève tard, les conditions devraient être propices à l’observation. Munissez-vous d’une couverture ou d’une chaise longue sur lesquelles vous vous allongerez et pourrez contempler longtemps le ciel sans vous fatiguer la nuque. Une couverture additionnelle est de rigueur, car les nuits sont parfois fraîches, même au mois d’août.

Vous aimeriez essayer quelque chose de différent? Il est possible de suivre les météores avec un poste radio. Syntonisez simplement une station FM éloignée, normalement impossible à capter là où vous êtes. Dans l’Ouest, la station Sunny 102.3, de Modesto, en Californie, donne de bons résultats. Vous en capterez le signal par à-coups, chaque fois qu’un météore en répercute l’écho. Si vous tentez l’expérience allongé sur une couverture, en contemplant le ciel, utilisez des écouteurs pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui veulent profiter de l’évènement en silence. Le meilleur moment pour compter les météores avec un appareil radio se situe entre minuit et midi, quand le côté de la Terre sur lequel nous nous trouvons fera face à la direction d’où arrivent les météores.

Cette année, Jupiter et Vénus se lèvent de manière spectaculaire au petit matin, à l’est, un plaisir supplémentaire pour ceux qui possèdent des jumelles ou un petit télescope.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
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