Le transit de Vénus

Ken Tapping, le 6 juin 201

Dans le ciel, cette semaine…

  • Mars et Saturne brillent dans la partie sud du firmament.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 11 juin.

Le 6 juin 2012, Vénus passera entre la Terre et le Soleil. Cette planète, un tantinet plus petite que la nôtre, prendra l’aspect d’un minuscule disque noir traversant la surface beaucoup plus vaste et lumineuse de l’astre solaire. Vénus est la deuxième planète du système; nous vivons sur la troisième. Son orbite étant plus proche de l’astre qui nous éclaire, Vénus en effectue le tour plus rapidement que la Terre. Ainsi, il lui faut environ 600 jours pour nous rattraper et nous dépasser par l’intérieur. Habituellement, Vénus passe au-dessus ou en dessous du disque solaire (il est très rare qu’elle se glisse exactement entre lui et nous). Les transits vénusiens surviennent par paire (séparée par à peu près 8 ans), tous les 105,5 à 121,5 ans. Celui de cet été est le second de la paire actuelle, le premier étant survenu en 2004. La probabilité que l’un d’entre nous ait la chance d’assister à un autre transit est donc très mince. Puisque l’astronomie internationale utilise le temps universel, le phénomène commencera à la fin du 5 juin et se poursuivra le lendemain. Le premier contact aura lieu à 22:09 TU; Vénus se trouvera entièrement à l’intérieur du disque solaire à 22:27 TU et commencera à en sortir à 04:31 TU, le lendemain, le phénomène prenant fin à 04:49 TU. Pour ceux qui, comme nous, habitent dans l’hémisphère occidental, là où les fuseaux horaires ne traînent pas derrière le TU, le transit surviendra le 5 juin. En voici les heures, pour les fuseaux de l’Est et du Pacifique : le 5 juin, premier contact (18:09 HAE, 15:09 HAP) et inclusion complète (18:27 HAE, 15:27 HAP). Dans le fuseau de l’Est, le Soleil se couchera avant que Vénus atteigne l’autre extrémité du disque. Les heures restantes ne s’appliquent donc qu’au fuseau du Pacifique : deuxième contact (21:31:39 HAP), sortie complète (21:49:35 HAP), soit très près du coucher du Soleil.

Le hic avec de tels phénomènes est que, s’il ne faut absolument pas rater pareille occasion, l’observation visuelle du Soleil présente un réel danger pour qui ne sait pas exactement comment procéder. Une très grande vigilance s’impose avec les jeunes astronomes débordant d’enthousiasme.

Une éclipse ou un transit comme celui de Vénus ne sont pas si dangereux en soi. Le risque vient plutôt de l’observation du Soleil. Tout au long de son évolution, l’espèce humaine a développé des mécanismes instinctifs pour se prémunir contre les dangers, notamment protéger ses yeux. Ainsi, quand le Soleil brille, nous évitons de le regarder directement sans seulement y songer et, si jamais il arrive qu’il se retrouve subitement dans notre champ de vision, nous clignons automatiquement des yeux et détournons le regard afin que la vue n’en soit pas endommagée. Malheureusement, la curiosité nous amène parfois à surmonter de tels instincts protecteurs. Le danger avec une éclipse, un transit et d’autres phénomènes impliquant le Soleil est qu’ils nous incitent à vouloir regarder celui-ci directement. Regarder dans un télescope braqué sur le Soleil serait dangereusement téméraire. Pour jouir de cet évènement, qui ne survient qu’une fois dans la vie, la meilleure manière de procéder consiste à se renseigner auprès du club d’astronomie local pour savoir ce qui a été organisé. De nombreux groupes d’astronomes amateurs planifient des activités d’observation et recourront à l’équipement approprié pour le faire sans danger. Vous pourrez assister au transit en toute tranquillité, tandis que des spécialistes vous en expliqueront les rouages. Visitez le site Web de la Société royale d’astronomie du Canada à rasc.ca/transit-events-across-Canada pour savoir où se déroulera la séance d’observation la plus près de chez vous. Ce phénomène astronomique ne survient qu’une fois dans l’existence. Autrefois, il poussait les astronomes à accomplir le tour du monde pour avoir la chance de l’observer. Ne le ratez pas.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
Télécopieur : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

Date de modification :