De la vie sur Mars?

Ken Tapping, le 25 avril 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter rase l’horizon dans les feux du Soleil couchant; Vénus brille haut dans le ciel et sera agréablement proche de la Lune le 24 avril.
  • Mars luit à bonne hauteur, au sud, près de Regulus, l’étoile la plus éclatante de la constellation du Lion; Saturne apparaît vers 20 h, assez près de Spica, l’étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge.
  • La Lune entrera dans son premier quartier le 29 avril.

Les organismes vivants pullulent partout sur Terre, ou presque : dans le désert, aux pôles, dans l’eau quasi bouillante des sources thermales, à l’intérieur des fumeurs noirs du plancher océanique, nettement plus chauds, et dans des cavités rocheuses, à des kilomètres de profondeur. Sachant cela, l’idée que la vie pourrait exister sur Mars ne paraît pas si farfelue. Néanmoins, elle pourrait prendre des formes très exotiques et s’avérer difficile à trouver. La grande question est donc la suivante : « comment la chercher? » Il est peu probable qu’un Martien passe devant la caméra d’un des astromobiles patrouillant la planète et nous fasse signe de la main, ou s’approche d’un astronaute de passage pour demander qu’il le conduise jusqu’à son chef. 

Sur Terre, c’est la chimie qui commande la vie. Bon nombre des composés qui y jouent un rôle sont extrêmement réactifs, si bien qu’il est peu probable qu’on les retrouve à l’état naturel ou, si c’est le cas, en très petite quantité uniquement. Les composés chimiques synthétisés par les êtres vivants finiront inévitablement par échouer dans le sol, l’eau des océans ou l’atmosphère. Certains y subsisteront longtemps, d’autres réagiront rapidement avec autre chose pour disparaître. La présence de telles substances sur une planète est donc un signe de vie. Certains composés finissent emprisonnés dans le roc et témoignent d’une vie passée. D’autres réagissent si vivement qu’ils doivent être renouvelés constamment; leur découverte révèle donc que la vie est toujours présente. 

Le carbonate de calcium se forme dans les océans; qu’il y en ait sur Mars signifie que beaucoup d’eau recouvrait la planète autrefois. De nombreuses créatures marines extraient ce composé de leur environnement pour fabriquer une coquille ou d’autres structures corporelles. Quand elles meurent, leurs restes se déposent au fond des mers, ce qui engendre d’énormes concentrations de carbonate de calcium. Pareils dépôts militent considérablement en faveur de l’existence de la vie. 

Sur notre planète, on trouve du carbonate de calcium dans des roches comme la craie des falaises blanches de Douvres et dans le calcaire. La craie n’est que l’accumulation d’une quantité innombrable de minuscules coquilles, tandis que le calcaire se compose de fragments de corail et des restes de petites créatures marines. L’ambre est de la résine fossilisée et révèle lui aussi l’existence d’une vie ancienne. 

Les plantes fabriquent de l’oxygène. Ce gaz réagit si vivement que s’il n’est pas renouvelé en permanence, il se combine à d’autres éléments pour former un composé plus inerte. Une grande partie de l’oxygène de Mars est désormais emprisonnée dans les minéraux rougeâtres, riches en oxyde de fer, qui tapissent la surface de la planète. Une autre substance qui susciterait son lot de questions, si on en découvrait dans l’atmosphère d’une planète, est le méthane, que les organismes libèrent durant leur vie et après leur mort, par décomposition. 

La possibilité que la vie existe très profondément dans le sol a de quoi intriguer. Mais la question demeure : « où regarder? » L’exploitation minière du sous-sol martien n’est pas pour demain. Quoi qu’il en soit, les cratères de bonne taille pourraient s’avérer intéressants. La destruction de la vie par l’impact d’un astéroïde nous est familière. Ce qu’on sait moins, c’est qu’en pulvérisant la roche jusqu’à une grande profondeur, de tels impacts permettent à l’eau et aux éléments nutritifs de pénétrer très loin dans le sol, pour le bonheur des formes de vie souterraines. Ils pourraient aussi amener les créatures vivantes ou leurs sous-produits plus près de la surface, ce qui en faciliterait la découverte.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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