Quatre planètes

Ken Tapping, le 29 février 2012

Dans le ciel, cette semaine…

  • Vénus luit au sud-ouest après le crépuscule tandis que Jupiter brille haut dans le ciel.
  • Mars se lève vers 18 h et Saturne, vers 22 h.
  • La Lune entrera dans son premier quartier le 28 février. Elle sera pleine le 6 mars.

Ces jours-ci, deux planètes dominent dans le ciel nocturne, à l’ouest. La plus éclatante frôle l’horizon. Il s’agit de Vénus. La seconde, légèrement moins brillante et plus jaunâtre, est Jupiter. Plus tard en soirée, un corps rougeâtre, très lumineux lui aussi, surgit à l’est : Mars. Voilà trois planètes; la quatrième est celle sur laquelle nous posons les pieds.

Toutes les planètes, que ce soit Vénus, la Terre, Mars ou Jupiter, ont connu des débuts semblables. À l’instar du Soleil, elles se sont formées il y a quelque 4,5 milliards d’années avec l’effondrement d’un immense nuage cosmique de gaz et de poussières. Par la suite, cependant, leur histoire diverge radicalement. Vénus, la deuxième planète à partir du Soleil, est légèrement plus petite que la Terre, troisième planète du système. Puis vient Mars, dont le diamètre correspond à un peu plus de la moitié du diamètre terrestre. Cinquième planète du système, Jupiter est dix fois plus grande que la Terre. Toutefois, la majeure partie de son diamètre est occupé par son atmosphère, alors que dans le cas de Vénus, de la Terre et de Mars, l’atmosphère se limite à une très mince couche.

On croit que ces planètes ont toutes les quatre démarré plus ou moins avec les mêmes ingrédients. Étant plus éloignée du Soleil et beaucoup plus froide que Vénus, la Terre et Mars, Jupiter en a conservé une plus grande partie, sans grand changement. Ce mélange d’ingrédients primitif s’avère intéressant à deux égards. Tout d’abord, quand des décharges d’électricité le traversent, comme le fait la foudre sur un monde neuf, il se forme des acides aminés, avec lesquels se bâtit la vie. Deuxièmement, ce mélange contient de puissants gaz à effet de serre.

Il y a des milliards d’années, le Soleil brillait nettement moins qu’il le fait aujourd’hui. S’il redevenait brusquement comme il était à cette époque, la Terre ne serait plus qu’une boule de glace. Dans sa jeunesse, notre planète possédait un riche mélange de gaz à effet de serre, ce qui a permis à la vie d’y éclore. Les organismes vivants ont peu à peu utilisé cette atmosphère originale pour lui donner l’aspect qu’on lui connaît à présent. L’affaiblissement de l’effet de serre a compensé le plus grand éclat du Soleil, de sorte que les conditions de vie sur notre planète sont restées confortables.

La situation était probablement identique sur Vénus et sur Mars, au début. Étant plus près du Soleil, la première s’est réchauffée plus vite. Si de la vie y a apparu, celle-ci n’a pu utiliser les gaz à effet de serre assez rapidement. Le phénomène s’est emballé et Vénus est devenue assez brûlante en surface pour que le plomb et l’étain y demeurent à l’état liquide. Mars est plus éloignée du Soleil que la Terre et pourrait profiter d’un effet de serre plus important. Malheureusement, sa taille plus modeste et une gravité plus faible, auxquelles il faut ajouter l’absence de champ magnétique adéquat, en ont scellé le sort. La faiblesse du champ gravitationnel a permis à l’atmosphère de s’étendre loin dans l’espace et de s’évaporer, alors que, sans champ magnétique pour les arrêter, les vents solaires ont par la suite rapidement arraché la couche supérieure de l’atmosphère à la planète. L’effet de serre s’est atténué et Mars est devenue le désert gelé que l’on connaît aujourd’hui.

Il pourrait y avoir de la vie sur Jupiter, en suspension dans l’atmosphère. S’il y en a toujours sur Vénus, elle ne ressemblera en rien à celle qu’on trouve sur la Terre, et s’y rendre pour s’en assurer ne s’avèrera pas une mince affaire. De la vie pourrait subsister sous terre, sur Mars. Si elle s’est éteinte, peut-être en découvrira-t-on des fossiles dans le roc. De ces quatre mondes, Mars est celui qui ressemble le plus au nôtre. C’est aussi celui qui serait le plus facile à atteindre et à explorer.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

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