Ratés de peu, encore!

Dans le ciel, cette semaine…

  • Jupiter se lève à 16 h, Mars, à 23 h, et Saturne à 5 h.
  • La Lune entrera dans son dernier quartier le 18 novembre.

Ken Tapping, le 16 novembre 2011

Dans l’après-midi du mardi 8 novembre, un astéroïde d’environ 400 mètres de diamètre a frôlé la Terre. Au point le plus près, environ 300 000 kilomètres nous en séparaient; il était donc plus près de nous que de la Lune. La Terre ayant moins de 13 000 kilomètres de diamètre, cela peut paraître énorme, toutefois, quand on tient compte des dimensions du système solaire, du nombre d’objets qui s’y meuvent, de la vitesse de leurs déplacements et de l’incertitude de leur orbite, un œil vigilant est de rigueur.

Notre système solaire a commencé comme un nuage de gaz et de poussières en rotation, il y a environ 4,5 milliards d’années. Petit à petit, les particules de poussière se sont agglutinées au hasard des collisions, créant de gros amas qui se sont collés à d’autres, toujours plus volumineux. Éventuellement, certains ont gradué au rang de planète, notamment la Terre. Des amas plus modestes ont engendré les satellites comme la Lune. Néanmoins, une partie de ces matériaux de construction demeure inutilisée et vagabonde dans le système solaire en blocs de taille variable, allant de celle d’une fine poussière à plusieurs centaines de kilomètres. On parle d’astéroïde dès que les dimensions d’un amas dépassent quelques dizaines de mètres.

Cette image radar de l’astéroïde 2005 YU55 a été prise le 7 novembre 2011 à 11 h 45 HNP (2 h 45 HNE/1945 UTC), lorsque la masse rocheuse était éloignée de la Terre de 3,6 distances lunaires, ce qui équivaut à 860 000 milles ou 1,38 millions de kilomètres. Photo : NASA/JPL-Caltech

Cette image radar de l’astéroïde 2005 YU55 a été prise le 7 novembre 2011 à 11 h 45 HNP (2 h 45 HNE/1945 UTC), lorsque la masse rocheuse était éloignée de la Terre de 3,6 distances lunaires, ce qui équivaut à 860 000 milles ou 1,38 millions de kilomètres. Photo : NASA/JPL-Caltech

Par chance, la plupart des astéroïdes gravitent autour du Soleil sur une orbite située entre Mars et Jupiter. Quoi qu’il en soit, des milliers suivent une orbite très elliptique, qui coupe celle d’une ou de plusieurs planètes, d’où le risque de collision. Par les temps qui courent, on porte une grande attention à l’identification des astéroïdes dont la course croise celle de la Terre. L’intérêt n’est pas qu’intellectuel. En effet, être heurté par un caillou, ne serait-ce que de quelques dizaines de mètres de diamètre, qui se déplace à plusieurs kilomètres à la seconde aurait des répercussions considérables. L’impact d’un astéroïde d’un kilomètre de diamètre ou plus s’avérerait catastrophique.

Deux problèmes manifestes en découlent. Tout d’abord, comment détecter les menaces éventuelles suffisamment à l’avance pour qu’on puisse entreprendre quelque chose? Deuxièmement, une fois que ces menaces auront été identifiées, que fait-on au juste? Nous nous améliorons rapidement au niveau du premier problème, mais en ce qui concerne le second, il y a encore beaucoup à faire. On peut identifier les astéroïdes en observant le ciel afin de repérer les objets qui s’y déplacent. Pour cela, on photographie encore et encore le firmament avec des appareils ultra-sensibles, de manière à établir les objets qui ont changé de position.

Conception artistique d’un astéroïde qui se précipite vers la Terre

Conception artistique d’un astéroïde qui se précipite vers la Terre.

Qu’un astéroïde nous rate de peu un jour ne signifie pas qu’il est sans danger. En effet, cet astéroïde croisera l’orbite de la Terre continuellement, des milliards d’années durant, jusqu’à ce qu’il nous heurte ou croise un autre objet qui modifiera son orbite pour la rendre inoffensive. Une autre tâche consiste à calculer les déplacements de ces objets très loin dans le futur. Ce travail peut s’avérer particulièrement ardu, car l’orbite des astéroïdes est perturbée par celle des autres planètes à proximité, et une perturbation, même infime, pourrait au bout d’un temps extrêmement long, aboutir à une collision.

Le dernier impact majeur est survenu il y a environ 50 000 ans, quand un objet d’approximativement 50 mètres de diamètre a heurté ce qui est aujourd’hui l’Arizona à la vitesse de près de 10 km/sec. Il en est résulté un cratère de plus d’un kilomètre de diamètre et l’énergie libérée équivalait à celle d’une bombe de 10 mégatonnes. De plus gros impacts sont rares, mais les conséquences potentielles pour la planète et l’humanité sont trop importantes pour qu’on les néglige.

Ken Tapping est astronome à l’Observatoire de radio-astrophysique du Conseil national de recherches, à Penticton (C.-B.), V2A 6J9.

Téléphone : 250-497-2300
télécopieur : 250-497-2355
Courriel : ken.tapping@nrc-cnrc.gc.ca

Date de modification :